Une mobilisation parmi les plus faibles mais une "motivation intacte" après le "bla-bla" présidentiel post-grand débat: plusieurs milliers de ...
« Gilets jaunes »: la mobilisation marque le pas avant le 1er-Mai
Une mobilisation parmi les plus faibles mais une "motivation intacte" après le "bla-bla" présidentiel post-grand débat: plusieurs milliers de ...
Par Antoine GUY avec Damien STROKA à Strasbourg et les bureaux en région
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Une mobilisation parmi les plus faibles mais une "motivation intacte" après le "bla-bla" présidentiel post-grand débat: plusieurs milliers de "gilets jaunes" ont de nouveau battu le pavé samedi pour leur acte 24, avant les cortèges du 1er-Mai.
Ce nouveau samedi illustrant la persistance d'un mouvement inédit, qui met à mal la capacité d'Emmanuel Macron à imposer ses réformes depuis plus de cinq mois, a été marqué par quelques tensions dans la capitale alsacienne, à Lille et Toulouse.
Le ministère de l'Intérieur a recensé 23.600 manifestants, contre 27.900 la semaine précédente, soit l'une des plus faibles mobilisations depuis la mi-novembre (la plus faible était le 6 avril avec 22.300 manifestants). Selon le décompte des "gilets jaunes", ils étaient au moins 60.000.
A Paris, deux cortèges distincts ont réuni dans le calme 2.600 "gilets jaunes" selon les autorités contre 9.000 la semaine dernière. La préfecture de police de Paris a indiqué avoir procédé à 13.500 contrôles préventifs et à 14 interpellations.
Depuis le début du mouvement -- né d'une colère contre la hausse des taxes avant de s'étendre à des revendications pour plus de pouvoir d'achat et de démocratie directe -- 2.400 "gilets jaunes" et 1.700 membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon Beauvau.
A un mois des élections européennes, les "gilets jaunes" entendaient donner un caractère "international" à la journée d'action avec une manifestation à Strasbourg, siège du parlement européen, où les forces de l'ordre ont barré la route du centre et des institutions européennes au cortège (2.000 "gilets jaunes" selon la préfecture). 42 personnes ont été interpellées et la préfecture a déploré de "nombreuses dégradations".
Dans la foule, Pascal Harter, 58 ans, a estimé qu'il n'y avait "rien eu de concret" dans les annonces faites par le président jeudi. "Ça m'a remotivé", a-t-il expliqué à l'AFP. Pour ce pré-retraité, le chef de l'Etat s'en est tenu à du "bla-bla".
Le président Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à l'Elysée, le 25 avril 2019 à Paris
AFP
Un sentiment largement partagé sur les réseaux sociaux entre "gilets jaunes", qui estiment que les mesures d'Emmanuel Macron - déployer "plus de fonctionnaires sur le terrain", baisser l'impôt sur le revenu, supprimer l'ENA ou réindexer sur l'inflation les pensions de retraites de moins de 2.000 euros - ne suffisent pas.
Loin d'éprouver un sentiment d'usure ou de lassitude, des manifestants ont assuré aux quatre coins du pays être "remontés" après le discours du chef de l'Etat. "Merci Macron!", a résumé Nelly, une Francilienne de 70 ans, près du siège de BFMTV, lors d'une "marche sur les médias" à Paris pour réclamer un "traitement médiatique impartial" du mouvement.
"La logorrhée" du président, "c'est +peanuts+, de la poudre de perlimpinpin", a jugé Francine à Toulouse, où le cortège n'a pu accéder à la place du Capitole, interdite à toute manifestation. "Ça nous a donné du grain à moudre".
- "Plus motivé que jamais" -
Manifestation de "gilets jaunes à Bordeaux, le 27 avril 2019
AFP
Le grand débat "a coûté un pognon de dingue, on débloque des milliards pour Notre-Dame, mais les gens crèvent toujours dans la rue", a déploré à Lille Dominique, 62 ans, ancienne employée d'une clinique.
A Paris, sous le mot d'ordre "riposte générale", un cortège mêlant gilets rouges de la CGT, "gilets jaunes" et représentants de partis de gauche a totalisé 5.500 personnes, selon Beauvau.
"Gilet jaune" "depuis le début", Patricia, Parisienne de 65 ans, a manifesté avec la CGT car elle est "pour la convergence des luttes". Avant le 1er-Mai, cette institutrice retraitée "souhaite que tous les syndicats, partis, mouvements contestataires soient dans la rue pour une fédération du peuple, pour la justice sociale et fiscale."
Manifestation de "gilets jaunes" devant le Parlement européen, à Strasbourg, le 23 février 2019
AFP/Archives
"Macron t'es foutu, toutes les vieilles sont dans la rue", scandaient des "gilets jaunes" à Rennes (600 manifestants), "On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là!", entendait-on à Bordeaux (plusieurs milliers selon l'AFP) ou à Toulouse (1.500 à 2.000 personnes), deux places fortes de la mobilisation.
"On est plus motivé que jamais!", assurait aussi une femme de 51 ans à Marseille (1.000 manifestants selon la préfecture), venue "lutter contre l'oligarchie et les privilèges des riches".
Certains avaient prévu de faire l'impasse ce samedi pour se concentrer sur les manifestations du 1er-Mai, qui s'annoncent tendues. Des appels à un mercredi "noir et jaune" ont été lancés; "gilets jaunes" et black blocs appellent à transformer Paris en "capitale de l'émeute".
Au soir de l’acte IV des lycéens, le ministre Edouard Geffray a annoncé un « plan d’urgence » pour remplacer les enseignants absents en réaffectant 3 000 titulaires « dans les heures ou les jours qui viennent ». Les sénateurs interrogent la faisabilité de cette mesure.
Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.
Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.
Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.