« Gilets jaunes », ordre public et fiscalité: débat animé entre chefs de parti
De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par Olivier Faure et Laurent Wauquiez, les oppositions se sont liguées pour dénoncer la gestion...

« Gilets jaunes », ordre public et fiscalité: débat animé entre chefs de parti

De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par Olivier Faure et Laurent Wauquiez, les oppositions se sont liguées pour dénoncer la gestion...
Public Sénat

Par Anne RENAUT, Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par Olivier Faure et Laurent Wauquiez, les oppositions se sont liguées pour dénoncer la gestion de l'ordre public par l'exécutif, dans un débat télévisé entre chefs de parti qui a également fait la part belle aux questions de fiscalité.

A deux mois des élections européennes, François Bayrou (MoDem), Olivier Faure (PS), Stanislas Guerini (LREM), Marine Le Pen (RN), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Laurent Wauquiez pour Les Républicains (LR) ont débattu pendant environ deux heures et demie sur BFMTV sur les moyens de sortir de la crise des "gilets jaunes".

Lors d'échanges animés, modérés par la journaliste Ruth Elkrieff, les opposants ont attaqué de concert le bilan de l'exécutif tant au plan économique et social que sur la gestion de l'ordre public, après le regain de violence de l'acte 18.

Les piques ont fusé, notamment à l'encontre du délégué général de LREM Stanislas Guerini qui passait son premier grand oral cathodique. "Vous êtes le système", lui a lancé M. Mélenchon, "et vous, son assurance vie", a-t-il complété en visant Marine Le Pen. "Vous mentez", lui a asséné à plusieurs reprises Laurent Wauquiez.

M. Guerini a répliqué en dénonçant des "convergences" entre La France insoumise et le Rassemblement national. Il a défendu les "fondamentaux" de la politique de M. Macron, et a notamment affirmé que les sénateurs LREM s'étaient abstenus lors de l'examen initial de la proposition de loi LR "anticasseurs", alors qu'ils avaient voté contre.

- "Je suis un Gaulois réfractaire!" -

Manifestation des
Manifestation des "gilets jaunes" samedi 16 mars 2019 à Montpellier
AFP/Archives

Davantage épargné, le président du MoDem François Bayrou, dont les interventions ont souvent viré au dialogue personnel avec M. Mélenchon, s'est également employé à défendre Emmanuel Macron et ses formules polémiques. "Mélenchon est un Gaulois réfractaire, je suis un Gaulois réfractaire, Astérix est un Gaulois réfractaire", a-t-il dit.

En verve, M. Mélenchon a défendu sa conception de "l'Etat" et distribué les mauvais points, tandis que Laurent Wauquiez s'est employé à se démarquer de Marine Le Pen.

Mme Le Pen et M. Mélenchon ont de concert réclamé la dissolution de l'Assemblée nationale; la leader d'extrême-droite, MM. Guerini et Bayrou ont vanté les mérites de la proportionnelle, vivement dénoncée par M. Wauquiez.

Premier gros sujet de discorde: la gestion de l'ordre public, l'annonce de la mobilisation de la mission antiterroriste militaire Sentinelle pour les prochaines manifestations suscitant de vives oppositions.

"Vous êtes devenus fous ! Un militaire, c'est pas un policier", a tonné M. Mélenchon, dénonçant une "surenchère permanente" de l'exécutif.

Après de nouvelles violences à Paris samedi, l'exécutif, sous le feu des critiques, a tenté de reprendre la main: limogeage du préfet de police de Paris, interdictions de manifester sur certains lieux, mobilisation de la mission antiterroriste militaire Sentinelle.

Mais les oppositions LR, RN et LFI notamment, réclament la démission du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, désormais en première ligne après l'éviction du préfet Michel Delpuech décrit comme un "fusible".

Second sujet de débat: la fiscalité. Pour le socialiste Olivier Faure, le président "a porté à incandescence la question des inégalités dans ce pays" en ayant voulu "réduire les droits des plus faibles" et "fait des cadeaux fiscaux" aux plus riches.

"Il n'y a plus de consentement à l'impôt et il n'y a plus de consentement à la dépense", a estimé Marine Le Pen.

"On est incapable de faire deux minute trente sans faire un ou deux nouveaux impôts", a dénoncé Laurent Wauquiez (LR) qui ne veut "aucune augmentation d'impôt" à l'issue du grand débat.

Il faut "rendre de l'argent aux Français", a répondu M. Guerini, prônant la suppression de la taxe d'habitation pour tous et la réindexation des pensions de retraite sur l'inflation.

Près de neuf Français sur dix (86%) pensent qu'il faudra "réorienter la politique économique et sociale", selon un sondage Viavoice.

L'exécutif s'est donné jusqu'à la mi-avril pour décider ce qu'il compte faire notamment des 2 millions de contributions déposées en ligne dans le cadre du grand débat national.

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le