Hélène Hardy, candidate transgenre dans le Nord, milite pour la banalité
"Je milite pour la banalité de la réalité transgenre". Hélène Hardy (EELV), candidate transgenre, s'est lancée dans la bataille législative dans...

Hélène Hardy, candidate transgenre dans le Nord, milite pour la banalité

"Je milite pour la banalité de la réalité transgenre". Hélène Hardy (EELV), candidate transgenre, s'est lancée dans la bataille législative dans...
Public Sénat

Par Zoé LEROY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

"Je milite pour la banalité de la réalité transgenre". Hélène Hardy (EELV), candidate transgenre, s'est lancée dans la bataille législative dans la 2e circonscription du Nord, avec le souci de "rendre commun quelque chose d’exceptionnel".

A dix jours du premier tour, Hélène Hardy, coquette femme de 64 ans, distribue des tracts sur le marché de Mons-en-Baroeul, dans la banlieue de Lille. On y lit sa profession de foi : "Hélène Hardy de Villeneuve-d'Ascq, retraitée, ex-directrice de la mission locale. Militante pour les populations exclues de l'emploi (...) et pour les droits des personnes LGBT, elle est elle-même une femme transgenre".

"Je suis une candidate écolo qui par ailleurs est transgenre. En affichant ma transidentité, je peux contribuer à la reconnaissance des personnes transgenres", explique la candidate, ballerines noires et jupe d'été, qui est née sous le prénom de Xavier. Elle affronte 15 candidats sur cette circonscription dont la candidate PS sortante Audrey Linkenheld.

Hélène Hardy (EELV), candidate transgenre aux législatives du 11 et 18 juin dans la 2e circonscription du Nord, le 1er juin 2017 à Mons-en-Baroeul
Hélène Hardy (EELV), candidate transgenre aux législatives du 11 et 18 juin dans la 2e circonscription du Nord, le 1er juin 2017 à Mons-en-Baroeul
AFP

C'est sa première campagne électorale en tant que femme, car si elle se "sent femme depuis toujours", sa transition de genre a commencé il y a seulement deux ans. Depuis, "c'est le paradis", dit-elle, un large sourire aux lèvres. "Je me sens plus à l'aise pour aborder les gens, plus forte, plus légitime à dire ce que je pense de la vie politique".

Un sentiment partagé par ses proches: "Depuis sa transition, ce n'est plus la même personne, elle s'est libérée d'un poids et tout son cerveau est désormais consacré à faire avancer les choses, elle a un rapport aux autres plus apaisé", affirme Sandrine Rousseau, secrétaire nationale adjointe d'EELV, qui la côtoie depuis plusieurs années.

"J'ai pris conscience que j'étais une fille quand j'avais 4-5 ans, mais dans les années 50, je ne pouvais pas l'évoquer, sauf que, les années passant, c'est devenu de plus en plus dur à accepter", relate Mme Hardy. Le jour de ses 55 ans, elle se réveille en larmes: "Je ne peux pas mourir homme".

- "Une candidate normale" -

A partir de là, "j'ai engagé des démarches compliquées, douloureuses pour mes proches, alors j'ai avancé, renoncé, recommencé etc... jusqu'à trouver la force de me dire que je suis une femme, point barre". Mariée deux fois, Hélène Hardy ne veut pas s'étendre sur sa vie privée: "Blackout", rétorque seulement la jeune retraitée.

Officiellement, Hélène Hardy s'appelle toujours Xavier. Elle a déposé sa demande en mairie pour changer son prénom, mais celle-ci ne devrait aboutir que le 13 juin, deux jours après le premier tour. Petite victoire toutefois: sur le bulletin de vote, il sera bien écrit "Hélène". "La préfecture m'a dit que si mon prénom d'usage c'était Hélène, le bulletin +Hélène Hardy+ était tout à fait valable", se réjouit l'ex-membre du Parti socialiste unifié (PSU).

Quant à son changement de genre, sa demande doit encore être déposée au tribunal: "Je vais le faire, même si je pense que ce n'est ni à l'Etat ni au juge de décider de quel genre on est, on doit pouvoir s'autodéterminer dans son genre", soupire-t-elle.

Alors, quand il s'agit de faire les comptes pour la parité, Hélène Hardy figure encore dans la colonne des hommes. Mais, au sein du parti écologiste, "On la compte comme femme! C'est notamment pour ça qu'elle se présente avec un homme", son suppléant Michel Ifri, explique Jérémie Crépel, secrétaire régional EELV.

Il tient à préciser: "Nous ne sommes pas allés la chercher parce que c'était une femme trans, c'est une candidate normale qui a été investie parce que c'était la plus légitime sur la circo".

Selon la porte-parole de l'inter-LGBT, Clémence Zamora-Cruz, les candidatures trans, "très rares dans le monde", contribuent à "l'intégration de ces personnes dans la vie civile". "Ca permet de déconstruire la vision pathologisante que les gens ont des personnes trans, ça montre qu'elles sont comme n'importe qui, qu'elles peuvent même représenter la population", conclut-elle.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hélène Hardy, candidate transgenre dans le Nord, milite pour la banalité
2min

Politique

Un collaborateur de Raphaël Arnault embauché sous pseudo : « C’est particulièrement choquant », réagit Claude Malhuret

Après l’arrestation de onze suspects, dans le cadre de l’enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, le Parisien révèle que l’un d’eux est un deuxième collaborateur parlementaire du député LFI et fondateur du mouvement antifa, Raphaël Arnault. Mais, il a été recruté sous pseudonyme. « Inacceptable », pour le sénateur Claude Malhuret.

Le

Hélène Hardy, candidate transgenre dans le Nord, milite pour la banalité
3min

Politique

Peine d’inéligibilité en cas de condamnations pour violences : « Cela me paraît parfaitement normal », déclare François-Noël Buffet

Lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin a annoncé qu’il comptait faire passer un texte visant à introduire une peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour violences. Un texte qui pourrait avoir le soutien de la droite sénatoriale.

Le

Hélène Hardy, candidate transgenre dans le Nord, milite pour la banalité
4min

Politique

Mort de Quentin : Gérald Darmanin souhaite une peine d’inéligibilité contre « toute personne condamnée pour avoir encouragé à la violence physique » 

Les interventions se sont multipliées au Sénat, ce mercredi, pendant la séance de questions d’actualité au gouvernement, autour de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Les élus de droite et du bloc central ont largement reproché à LFI sa proximité avec la mouvance d’ultra gauche, citée dans cette affaire. Le garde des Sceaux a annoncé vouloir assortir les condamnations pour incitation à la violence d’une peine d’inéligibilité, visant explicitement le député LFI Raphaël Arnault.

Le