Tout juste revenu d'Amérique du Sud, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a tenu jeudi un discours plus radical que jamais...
Il pourfend la justice et défend Ferrand: le virulent retour de Mélenchon
Tout juste revenu d'Amérique du Sud, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a tenu jeudi un discours plus radical que jamais...
Par Baptiste BECQUART
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Tout juste revenu d'Amérique du Sud, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a tenu jeudi un discours plus radical que jamais sur la justice et le pouvoir, tout en défendant Richard Ferrand, mis en examen.
Les conférences de presse de M. Mélenchon sont rares désormais, du moins en France. Et celle de jeudi à la maison de l'Amérique latine de Paris, initialement dédiée à son voyage sud-américain et aux persécutions judiciaires dont il s'estime victime comme l'ex-président brésilien Lula, a été parasitée par la mise en examen du président LREM de l'Assemblée nationale.
Il a donc fallu faire le lien, ce à quoi M. Mélenchon s'est attelé avec énergie. Il a d'abord consacré de longues minutes au "procès politique", selon lui, auquel le dirigeant de LFI est convoqué avec cinq proches, les 19 et 20 septembre à Bobigny, pour les incidents ayant émaillé la perquisition au siège de LFI en octobre 2018.
"Je sais qu'il s'agit de me condamner, nous sommes convoqués à une condamnation publique!", a-t-il clamé, avertissant la ministre de la Justice, "Mme Belloubet, qui a décidé d'organiser un spectacle": "il lui en cuira politiquement".
Il a expliqué pourquoi les Insoumis, lui en premier lieu, ont tenté avec virulence d'accéder à la partie des locaux de LFI en train d'être perquisitionnés, il y a presque un an: "Nous voulions être présents pour empêcher qu'on nous vole notre fichier, car il est prouvé que les fichiers se retrouvent chez les journalistes."
"Je n'ai pas peur, ni des campagnes de presse, ni des policiers, ni des magistrats, vous pouvez me mettre en prison, me rendre inéligible, je n'ai pas peur!", s'est-il exclamé en regardant la presse avec défi.
Jean-Luc Mélenchon a aussi raconté le voyage quasi initiatique qu'il a entrepris en Amérique du Sud, couronné par une visite à Lula dans sa prison, dont il a fait le symbole des persécutions politiques.
"Lula m'a dit: + Ils (le pouvoir) ne savent plus quoi faire de moi+. Eh bien nous en sommes au même point: ils ne savent plus quoi faire de nous", a affirmé M. Mélenchon.
- Les juges, "des menteurs" -
Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon après avoir rendu visite en prison à l'ex-président brésilien Lula, le 5 septembre 2019 à Curitiba, au Brésil
AFP
Cela l'a conduit du même coup à défendre Richard Ferrand, avec lequel il ferraille pourtant à l'Assemblée nationale et qui est une des incarnations du pouvoir dont il condamne la "dérive autoritaire". "Peut-être qu'il y a un an, je vous aurais donné raison (à la question si M. Ferrand doit démissionner, ndlr). Maintenant, je sais que c'est des menteurs (les juges), peut-être que M. Richard Ferrand est tombé dans un piège", a-t-il assené.
"Il existe dans ce pays la présomption d'innocence", a-t-il souligné, estimant: "M. Ferrand va être mis au pilori pendant plusieurs jours", comme "Quasimodo": "les gens passent et lui jettent des pierres, là c'est pareil, un premier juge déclare un non-lieu, un autre le met en examen".
"Je ne crois personne, je ne crois pas les juges, (...) je n'ai pas confiance dans la justice", a ajouté l'Insoumis.
Pour autant, Lula, Mélenchon, Ferrand, même combat? Dire "+ils sont tous inculpés donc c'est tous les mêmes+, ça c'est le fascisme de bas étage", a-t-il dit. "Nous, nous faisons l'objet d'une procédure d'exception. Nous sommes les seuls à avoir été perquisitionnés et traînés en correctionnelle (...) sur une simple et unique initiative du parquet".
Au PS, son ancien pire ennemi, deux discours sont apparus jeudi. L'ancien Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis a tweeté: "Le procès de @JLMelenchon ne s’imposait pas: violence verbale pas physique. (...) La judiciarisation de la politique la décompose."
Mais un député socialiste s'est fait plus sévère auprès de journalistes: "Laisser penser que ce qui se passe correspondrait à un complot mondial qui viserait les Insoumis (...), ce serait exagéré".
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