C’est un candidat de plus à la présidence. Mais une autre. A quelques jours des sénatoriales du 27 septembre, Gérard Larcher postule de nouveau pour être président du Sénat. Ce n’est pas vraiment un scoop. Mais c’est maintenant officiel.
« Mettre nos territoires au cœur des politiques publiques »
C’est avec le simple entête de sénateur des Yvelines, que le président sortant de la Haute assemblée a annoncé aux sénateurs LR sa candidature pour le Plateau, l’équivalent du Perchoir de l’Assemblée nationale, dans un courrier en date du 21 septembre. « Le 1er octobre prochain, je solliciterai votre confiance pour présider notre institution », annonce-t-il dans ce courrier papier, que publicsenat.fr a pu consulter.
Une déclaration accompagnée, comme à son habitude, d’un fascicule où il développe son projet « pour les trois ans à venir », intitulé « le Sénat, acteur de la vie politique française ». Avec plusieurs axes : « Mettre nos territoires au cœur des politiques publiques », « répondre aux enjeux de notre pays », « être au plus près des préoccupations de nos concitoyens » et « assurer un contre-pouvoir indispensable à la démocratie ».
« Nous mesurons le rôle et l’importance que jouera notre assemblée dans les mois et les années qui viennent »
« La situation de la France est préoccupante, les enjeux sont majeurs et ensemble nous mesurons le rôle et l’importance que jouera notre assemblée dans les mois et les années qui viennent », écrit Gérard Larcher dans sa lettre, ajoutant que « plus que jamais, le Sénat, indispensable pôle de stabilité, démontre son apport essentiel dans le fonctionnement de nos institutions, dans l’équilibre des pouvoirs et l’unité de notre Nation au travers de nos territoires ».
Au chapitre contre-pouvoir, Gérard Larcher souligne sans surprise dans son fascicule que « les commissions d’enquête ont permis au Sénat de jouer un rôle majeur sur nombre de sujets ».
« Le Sénat, c’est le garant d’une forme de stabilité, même s’il y a une rupture politique »
Mais le rôle de contre-pouvoir de la Haute assemblée pourrait prendre encore une autre dimension, en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle. Avec le RN à l’Elysée, et peut-être une majorité, même relative, de l’extrême droite à l’Assemblée, le Sénat pourrait se trouver avec un rôle plus singulier. « Dans une période qui va être extrêmement compliquée, où les institutions seront secouées, et la menace des extrêmes, ce n’est pas totalement inutile qu’il y ait au Plateau quelqu’un qui soit un sage, qui connaît très bien les institutions », imagine un membre des LR.
« Le Sénat, c’est le garant d’une forme de stabilité, même s’il y a une rupture politique », ajoute une sénatrice LR. « Les Français ont souvent interrogé l’utilité du Sénat. Ils ont eu l’occasion, pendant les deux quinquennats d’Emmanuel Macron, de comprendre qu’il y avait un contre-pouvoir au Sénat, qui garantit qu’un certain nombre de dispositions constitutionnelles soit préservées », ajoute la même sénatrice, qui rappelle que la Haute assemblée « a un rôle dans la modification de la Constitution. Qu’on passe par référendum ou qu’on aille au Congrès, le Sénat, c’est un peu le gardien du temple ».
Première fois élu président du Sénat en 2008
Dans l’immédiat, les sénateurs attendent le scrutin sénatorial, ce dimanche 27 septembre. Quant à celui du 1er octobre, pas de faux suspense : la majorité sénatoriale, composée des groupes LR et Union centriste, ne changera pas de main, même si les LR devraient perdre entre 3 et 10 sièges, selon les dernières estimations. Gérard Larcher devrait retrouver le Plateau, comme en 2008, 2014, 2017, 2020 et 2023. En 2011, le socialiste Jean-Pierre Bel lui avait ravi, le temps d’une parenthèse de gauche. Mais aujourd’hui, le Sénat reste solidement ancré à droite et au centre.