Première question d’actualité au gouvernement pour le groupe RN/UDR au Sénat, avec la reprise des QAG ce mercredi, après les sénatoriales. C’est la présidente du groupe, Edwige Diaz, qui a posé cette première question, à l’adresse du premier ministre. La sénatrice RN de Gironde a attaqué l’exécutif sur la dette, au risque d’un effet boomerang, après la présentation du contre-budget du RN.
« La partition des Mozart de la finance ressemble moins à un hymne triomphal qu’à un requiem »
« Monsieur le premier ministre, j’ai deux bonnes nouvelles : la première, c’est que pour la première fois de l’histoire du Sénat, un groupe RN et UDR a vu le jour. Cette arrivée était particulièrement salutaire pour notre démocratie. […] L’autre bonne nouvelle, c’est que la présidence d’Emmanuel Macron prend fin dans 200 jours », lance la nouvelle sénatrice RN de Gironde, affirmant que « la partition des Mozart de la finance ressemble moins à un hymne triomphal qu’à un requiem ». « Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaires, cela équivaut à plus de 400 millions d’euros par jour », pointe l’ancienne députée d’extrême droite.
La présidente du groupe Union nationale pour les territoires pointe encore un bilan avec « moins de professeurs, des agriculteurs avec moins de champs, des ouvriers avec moins d’usines, des travailleurs et retraités avec moins de pouvoir d’achat » et « plus d’insécurité, plus de charge pour les entreprises, plus d’impôt pour les Français, plus de clandestins dans nos rues ».
« Le vrai courage, c’est d’aller faire l’assemblée générale des maires de Gironde et dire qu’en 2031, on finira avec 18 milliards d’euros de moins sur les collectivités locales », lance Sébastien Lecornu
Interpellé sur l’état des finances publiques, le premier ministre Sébastien Lecornu lui a répondu sur le terrain des propositions du RN en la matière, pointant des chiffres imprécis ou le niveau de l’effort demandé aux collectivités. « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son propre détriment. On se souvient de la députée Diaz qui l’année dernière, votait 35 milliards d’euros d’impôts supplémentaires sur les ménages et les grandes entreprises », rétorque le premier ministre, qui enchaîne : « J’imagine que le contre-budget (du RN) va se traduire en amendements de votre groupe. Sur la lutte contre la fraude, (vous annoncez) 6 milliards d’euros. C’est plus une cale pour la porte. Pour nous, dans le budget, c’est 1 milliard d’euros et c’est documenté ». Puis le RN espère récupérer « 19 milliards en 2029 » sur la fraude et « 32 milliards en 2031. A la bonne heure », ironise le premier ministre.
Sébastien Lecornu relève alors le niveau des économies demandées aux collectivités. « La ligne intéressante, ce sont les collectivités locales : pour l’année prochaine, 8 milliards d’euros sur les collectivités, 12 milliards d’euros en 2028, 14,5 milliards en 2029, 16,9 milliards en 2030 et 18,4 milliards en 2031. J’espère que vous l’avez dit aux grands électeurs de la Gironde quand même, avant la fin du mois de septembre… Le vrai courage, c’est d’aller faire l’assemblée générale des maires de Gironde et dire qu’en 2031, on finira avec 18 milliards d’euros de moins sur les collectivités locales ».
Et de conclure : « On raconte bien ce qu’on veut des 10 ans d’Emmanuel Macron, c’est le rétroviseur. Quand on regarde dans le parebrise en face et qu’on voit les propositions qui arrivent, j’ai bien peur quand même du cauchemar. Il est temps de se réveiller ».
Edwige Diaz dément des chiffres… écrit dans le contre-budget du RN
« Vous parlez de chiffres qui n’existent pas, vous déformez notre programme », lui répond Edwige Diaz. Pourtant, ni invention, ni déformation. Les chiffres donnés par Sébastien Lecornu sont bien les bons.
En vérifiant dans le contre-budget présenté à la presse par Marine Le Pen et Jordan Bardella, le 6 octobre dernier, c’est bien l’effort demandé aux collectivités : 8 milliards d’euros dès l’année prochaine pour le porter progressivement à 18 milliards en 2031, selon le tableau sur la « décomposition de la structure de redressement budgétaire », page 12 du dossier de presse. Devant les journalistes, Marine Le Pen a d’ailleurs assumé « une simplification radicale qui clarifiera définitivement les compétences » des collectivités. Le RN compte notamment supprimer un échelon, celui des métropoles et des communautés de communes. Quant à la lutte contre fraude, le RN avance bien les chiffres de 6,1 milliards en 2027 et 32,5 milliards en 2031. La bataille politique passe aussi par une bataille de chiffres parfois.