« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.
Sébastien Lambert

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Pour Marion et son mari, l’été 2026 restera gravé comme un moment particulier. La naissance de leur deuxième enfant au printemps dernier a coïncidé avec l’apparition des premières grosses chaleurs en mai et juin. Pour ce jeune couple, c’est aussi l’apparition des premières angoisses liées aux canicules à répétition. « J’allaitais mon enfant, je vérifiais les signes de déshydratation en permanence, j’étais très angoissée, en état d’alerte permanent avec ce sentiment d’être prise en étau. Nous ne sommes pas propriétaire de notre logement, on ne peut pas faire des aménagements donc, à part acheter une clim ou partir, on n’avait pas vraiment de solution »

« Il faut repenser la façon dont on aménage nos villes »

 Pour Christine Bost, sénatrice socialiste de Gironde, la première chose à faire est de repenser la façon dont on aménage nos villes. « Il faut travailler sur le bâti, l’existant et celui en construction. On a pensé pendant des années à la question de l’isolation thermique pour l’hiver, il faut penser aujourd’hui au confort d’été »

Lors de la deuxième vague de chaleur de l’été, le bébé de Marion déclenche une infection liée directement aux fortes températures. Avec son mari, ils se rendent aux urgences pédiatriques de l’hôpital Robert-Debré en région parisienne. Ils découvrent, en observant les couvertures de survie aux fenêtres, que là aussi, les locaux ne sont pas adaptés pour supporter les chaleurs caniculaires.

Pour Marta de Cidrac sénatrice les Républicains des Yvelines, Il est fondamental d’accompagner tout ce qui va dans le sens de l’amélioration et du confort « Il faut associer les urbanistes et les architectes pour trouver des solutions de transition mais aussi des solutions à long terme »

« Il faut associer les urbanistes et les architectes »

Chez Marion et son conjoint, le sujet de la climatisation s’est imposé et a alimenté les conversations tout l’été. « Entre la crainte de revivre des vagues de chaleur anxiogènes comme cet été, et l’installation d’une climatisation écologiquement pas satisfaisante, le choix n’est toujours pas fixé » ajoute Marion. Elle précise aussi que lors de cet été caniculaire, l’école où était inscrit son premier enfant recommandait, elle aussi, de garder les élèves à la maison, les températures dans les classes étant trop élevées.

Thomas Dossus, Sénateur écologiste du Rhône, appelle à repenser la vision qu’on a des obligations dans les logements et à intégrer la chaleur comme un facteur d’insalubrité dans les logements. « On a la responsabilité de rendre certains travaux obligatoires pour les propriétaires qui ne voudraient pas améliorer le confort thermique de ce genre de logement ».

Aujourd’hui, leur enfant va beaucoup mieux mais cet épisode amène le couple à s’interroger sur la pertinence de rester vivre en région parisienne ou de quitter la ville pour s’installer dans une autre région ou un autre pays. « L’été a agi comme un réveil brutal, quand je lis le rapport du GIEC, je m’inquiète pour l’avenir de mes enfants »

L’émission est à retrouver en intégralité ici

 

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