Après les samedis 17 et 24 octobre, combien de manifestants seront dans la rue samedi 31 octobre pour un troisième week-end de mobilisation contre la vie chère et les moyens insuffisants de l’éducation nationale ? Selon le porte-parole de la coordination des gilets jaunes, Benjamin Ball, l’objectif de cette nouvelle journée est la « convergences des luttes », à l’avant-veille de la rentrée des lycéens. Près de 250 manifestations sont déjà recensées sur le site internet de la coordination des gilets jaunes.
Des promesses « insuffisantes »
L’intersyndicale de la jeunesse qui rassemble des syndicats étudiants comme l’Union étudiante, la Fage et l’Unef ainsi que l’Union syndicale lycéenne ont aussi appelé à redescendre dans la rue malgré les promesses du gouvernement cette semaine de remplacer Parcoursup, de créer des 15 000 places dans l’enseignement supérieur et de plafonner à 28 le nombre d’élèves par classe de seconde
Le parcours parisien interdit par la préfecture
Dans la capitale, la préfecture de police a pris un arrêté vendredi 30 octobre pour interdire le parcours de manifestation dans le centre de Paris proposé par la CGT et les gilets jaunes et a proposé un parcours similaire à celui de samedi dernier allant de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton sur les boulevards des Maréchaux avec un départ de cortège planifié à 14h. La CGT souhaitait défiler entre les places de la Bastille et de la Nation alors que les gilets jaunes avaient déposé un parcours allant de la place de la Bastille à celle de la Concorde. Deux parcours, « incompatibles avec les impératifs de l’ordre public », selon l’arrêté de la préfecture de police de Paris.
Des couvre-feux de retour
Dans « un contexte social extrêmement tendu », les autorités redoutent que des incidents et des cortèges nocturnes déguisés aient lieu ce 31 octobre qui coïncide avec la fête d’Halloween. Ainsi, la préfecture de police de Paris a pris un autre arrêté instaurant un couvre-feu du 31 octobre au 2 novembre inclus de 23h à 6h dans les secteurs de la place de la République et de Châtelet-les-Halles jusqu’à lundi matin. L’intersyndicale fustige « des manières inadmissibles », et a annoncé contester l’arrêté en justice devant le tribunal administratif. Face à la colère de l’intersyndicale, la porte-parole de la préfecture de police a estimé sur RMC vendredi matin que « la liberté constitutionnelle de manifester ne doit pas aller à l’encontre de la liberté du commerce, de la liberté d’aller et venir ».
Un risque « très élevé » de violences
Dans un document adressé à tous les préfets, le ministre de l’Intérieur alerte sur le « risque très élevé » de violences urbaines, « du début de soirée jusque tard dans la nuit ». Sur les réseaux sociaux, Laurent Nuñez fait état de « nombreux appels à faire dégénérer ces rassemblements publics ». Si à Bordeaux, les manifestants sont autorisés à défiler dans le centre-ville, à Marseille, aucun rassemblement n’ayant été déclarés, ils seront tous interdits. Un couvre-feu pour les mineurs dans certains secteurs est aussi instauré pour le week-end. A Lyon, les manifestations seront interdites dans un large périmètre du centre-ville.
70 000 forces de l’ordre mobilisées
Dans sa note aux préfets, le ministre de l’Intérieur appelle les forces de l’ordre à « travailler dans le même esprit que le 24 octobre ». Quelques 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés, soit les mêmes effectifs que lors du samedi 24 octobre. Comme la semaine dernière, des effectifs du Raid seront aussi déployés « pour protéger les bâtiments publics les plus exposés » et pourront être mobilisés en cas de « besoin urgent et impérieux », rappelle Laurent Nuñez.