Ce matin-là de juillet, comme régulièrement, Florence Van Overmeire anime un atelier d’initiation au modelage de l’argile à son domicile, dans la commune du Porge, en Gironde. Vers midi, alors que la céramiste et ses élèves quittent l’atelier, ils aperçoivent « une colonne de fumée qui semblait très proche de chez nous », raconte-t-elle. « Une colonne qui a grossi au fil de l’après-midi. C’était assez inquiétant. »
Une vie partie en fumée
Pourtant, en fin de journée, les gendarmes qui passent dans le secteur demandent simplement aux habitants de « préparer une petite valise », précisant qu’a priori leur quartier n’était pas menacé, mais que les fumées pouvaient représenter un risque. Le panache semble alors se dissiper pendant la nuit, laissant place à une matinée plus claire avant de revenir dans l’après-midi.
« C’était très inquiétant, mais à aucun moment quelqu’un n’est venu nous demander d’évacuer », se souvient-elle. Vers minuit, alors que des pompiers avaient assuré à son mari que la situation était maîtrisée et qu’il pouvait aller se coucher, des gendarmes sont finalement passés pour leur demander, manu militari, d’évacuer la maison.
Comme 185 autres familles de la commune du Porge, Florence et son mari ont perdu leur maison, mais également leur outil de travail. Deux mois plus tard, Florence n’a pas encore réussi à se relever, même si elle a repris ses activités d’animation en itinérance.
L’urgence de l’indemnisation et de la reconstruction
« C’est un deuil qui va prendre plusieurs années », confie-t-elle. Pourtant, elle souhaite rester vivre au même endroit. « Aujourd’hui, tout est bloqué. On se demande quand les choses vont pouvoir avancer. Le climat est anxiogène pour tout le monde, car tant que nous n’aurons pas tourné la page, il sera difficile de faire notre deuil. »
« Lorsque le Premier ministre s’est rendu sur place avec plusieurs membres du gouvernement, le 17 août, il avait annoncé que les permis de construire seraient instruits en un mois. Or, cela fait maintenant deux mois et les élus viennent seulement de recevoir les notices prescriptives », explique Christine Bost, sénatrice socialiste de Gironde.
Mais le temps presse. « Il faut accélérer les procédures », insiste-t-elle. « Que se passera-t-il le jour où les assureurs décideront d’arrêter de prendre en charge les relogements ? »
Florence s’interroge également : « Nous avons la chance de bénéficier de deux ans de prise en charge. Mais que va-t-il se passer pour ceux qui n’ont qu’un an ? Qui va payer ? Allons-nous devoir reprendre un loyer ? »
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