« Laurent Wauquiez est excessif et se rapproche des thèses de Madame Le Pen », dit Hervé Marseille
Le président du groupe centriste au Sénat s’emporte contre la « surenchère » du chef des Républicains après les attentats qui ont frappé Trèbes et Carcassonne. Il dénonce un dangereux rapprochement avec le Front national à coups de « posture ».

« Laurent Wauquiez est excessif et se rapproche des thèses de Madame Le Pen », dit Hervé Marseille

Le président du groupe centriste au Sénat s’emporte contre la « surenchère » du chef des Républicains après les attentats qui ont frappé Trèbes et Carcassonne. Il dénonce un dangereux rapprochement avec le Front national à coups de « posture ».
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’heure est au recueillement après les attaques terroristes qui ont endeuillé les villes de Trèbes et de Carcassonne dans l’Aude, vendredi dernier. Une cérémonie d'hommage national se tiendra mercredi aux Invalides. Un recueillement qui n’empêche toutefois pas différentes personnalités politiques de réagir de façon polémique. Invité de Territoires d’Infos ce mardi, le chef de file des centristes du Sénat s’emporte contre la « posture » du président des Républicains.

« On a un arsenal législatif, on ne peut pas faire dans l’exorcisme à chaque fois qu’il y a malheureusement un acte terroriste »

« On a l’impression qu’il y a un communiqué type et chaque fois qu’il y a un malheur de cette nature, il a demandé pour la énième fois qu’on expédie ailleurs les fichés S, qu’on les mette je ne sais où, et il redemande l’état d’urgence ! Pourquoi pas la loi martiale ? », s’insurge Hervé Marseille. « On a un arsenal législatif, on ne peut pas faire dans l’exorcisme à chaque fois qu’il y a malheureusement un acte terroriste », rappelle-t-il.  

Laurent Wauquiez a effectivement réclamé le rétablissement de l’état d’urgence. Il a eu des mots très durs à l’encontre d’Emmanuel Macron fustigeant notamment « sa coupable naïveté ». Des propos violents que le président du groupe centriste du Sénat rejette en bloc. « Une fois de plus, Laurent Wauquiez est excessif (et) se rapproche des thèses et des thèmes de Madame Le Pen », condamne Hervé Marseille qui « observe » par ailleurs que « Madame Le Pen a salué le discours de Laurent Wauquiez ». Selon lui, la position du chef des Républicains n’est pas partagée par tous chez LR. Il en veut pour preuve son « collègue et ami Bruno Retailleau qui s’est montré réservé ».  

« La démarche de Laurent Wauquiez c’est de courir après les voix de Madame Le Pen »  

« À force de dire la même chose et de penser la même chose (que le FN), on va avoir des partis qui se rapprochent de plus en plus », prévient-il. Et d’analyser : « Je pense que c’est une histoire de posture, on voit bien qu’elle est la démarche de Laurent Wauquiez c’est de courir après les voix de Madame Le Pen et de siphonner son électorat ».

 Selon le sénateur centriste, la surenchère de propositions sécuritaires visant à lutter contre le terrorisme est absurde. « Il y a entre 10 et 15 lois qui ont été votées », souligne-t-il et « tous les gens sérieux dans les services de police, dans les services de la justice disent qu’on a ce qu’il faut en matière législative, il faut maintenant qu’on se donne davantage de moyens budgétaires pour avoir des équipes sur le terrain ».

« On a un arsenal législatif, on ne peut pas faire dans l’exorcisme à chaque fois qu’il y a malheureusement un acte terroriste », Hervé Marseille
01:09

Partager cet article

Dans la même thématique

proc ok
3min

Politique

Quentin Deranque a été frappé par au « moins six individus », pas d’interpellation à ce stade, précise le procureur

« Ces trois jeunes hommes, dont Quentin Deranque, ont été jetés au sol, frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six pour Quentin Deroc », a précisé le procureur de Lyon, lors d’une conférence de presse. Selon l’avancée de l’enquête, il ne confirme pas que les agresseurs sont liés à la mouvance antifasciste. Les agresseurs étaient « masqués, cagoulés ».

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
5min

Politique

Municipales : la parité empêche-t-elle des candidats de composer des listes dans les petites communes ?

Alors que certains candidats aux municipales font de l’obligation de parité des listes dans les villes de moins de 1 000 habitants une difficulté pour présenter des listes, élus locaux et chercheurs tempèrent cet effet. De réels problèmes se posent en termes de crise des vocations, et l’obligation de constituer des listes avec l’abandon du panachage constitue par ailleurs un véritable frein aux candidatures.

Le