Le Conseil constitutionnel valide le premier budget du quinquennat Macron
La voie est désormais libre pour les réformes fiscales d'Emmanuel Macron: le Conseil constitutionnel a validé jeudi l'essentiel...

Le Conseil constitutionnel valide le premier budget du quinquennat Macron

La voie est désormais libre pour les réformes fiscales d'Emmanuel Macron: le Conseil constitutionnel a validé jeudi l'essentiel...
Public Sénat

Par Eleonore DERMY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La voie est désormais libre pour les réformes fiscales d'Emmanuel Macron: le Conseil constitutionnel a validé jeudi l'essentiel du premier budget du quinquennat, et notamment toutes ses mesures phares.

Les Sages du Palais Royal ont censuré quelques dispositions annexes mais donné leur aval aux mesures emblématiques de la loi de finances pour 2018: la transformation de l'impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la seule fortune immobilière (IFI), la réforme de la taxe d'habitation, l'introduction du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% sur les revenus de l'épargne et la réforme des aides au logement (APL).

"La mise en œuvre de ces mesures soutiendra le pouvoir d'achat des Français, la croissance économique, et permet d'engager la transformation du pays, conformément aux engagements du Président de la République", s'est félicité Matignon dans un communiqué.

Les ministres de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire et du Budget Gérald Darmanin ont souligné de leur côté que la décision du Conseil constitutionnel contribuait à poser "les bases profondes de la transformation de la fiscalité de notre pays, de la sincérisation de ses comptes ainsi que de leur rétablissement".

Le député de la France Insoumise Eric Coquerel s'est en revanche dit sur Twitter "déçu mais pas surpris".

"En refusant notre recours sur le budget 2018 le Conseil Constitutionnel se montre peu garant de l'égalité républicaine devant l'impôt et de la sincérité du PLF 2018", a-t-il écrit.

Au total, trois recours avaient été déposés devant le Conseil, par des parlementaires issus des Républicains, mais aussi de la gauche socialiste, communiste et Insoumise. Les deux premiers émanaient de 60 députés et le troisième de 60 sénateurs, selon un communiqué de la haute juridiction.

- Le principe d'égalité respecté -

Le Conseil constitutionnel avait été saisi notamment sur la réforme de la taxe d'habitation, qui prévoit une exonération progressive pour 80% des foyers. Les parlementaires faisaient valoir qu'elle ignorait "le principe d'égalité devant les charges publiques, le principe d'autonomie financière des collectivités territoriales et le principe d'égalité entre les communes devant les charges publiques".

Des griefs écartés par les Sages, qui ont estimé que le législateur s'était "fondé, en retenant comme critère d'éligibilité au nouveau dégrèvement un plafond de revenu en fonction du quotient familial, sur un critère objectif et rationnel". Ils ont donc rejeté l'idée selon laquelle l'égalité devant les charges publiques ne serait pas respectée.

Le Conseil constitutionnel a toutefois pris soin de préciser qu'il pourrait "réexaminer ces questions en fonction notamment de la façon dont sera traitée la situation des contribuables restant assujettis à la taxe d'habitation dans le cadre d'une réforme annoncée de la fiscalité locale".

Sur l'autonomie financière des collectivités territoriales, le Conseil a souligné que le dégrèvement contesté n'affectait pas l'assiette de la taxe d'habitation et ne remettait "pas en cause son caractère local".

Il a néanmoins noté que si, selon "l'évolution des circonstances", "la part des ressources propres dans l'ensemble des ressources des communes devenait inférieure au seuil minimal de ressources propres déterminé" par un article du code général des collectivités territoriales, il faudrait prendre des "mesures appropriées pour rétablir le degré d'autonomie financière des communes au niveau imposé par le législateur".

Sur la transformation de l'ISF en IFI, les Sages ont globalement jugé conforme à la Constitution l'article concerné.

Sur le prélèvement forfaitaire unique, ou "flat tax", le Conseil a estimé que les dispositions contestées ne remettaient "pas en cause le caractère progressif du montant de l'imposition globale du revenu des personnes physiques".

Enfin, il a jugé conforme à la Constitution la réforme des aides au logement et les règles de fixation des loyers dans le parc locatif social. Elle prévoit une baisse de 5 euros des APL et une baisse identique des loyers dans les logements sociaux, des mesures qui avaient provoqué une polémique au cours de l'été.

Le Conseil a en revanche censuré six "cavaliers législatifs", des dispositions jugées trop éloignées du projet législatif initial, parmi lesquelles une modification du code des assurances et des commandes de rapport au Parlement sur des sujets divers.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Conseil constitutionnel valide le premier budget du quinquennat Macron
3min

Politique

Sébastien Lecornu annonce un projet de loi fin juillet pour tripler les peines encourues pour diffusion de faux contenus en période électorale

Interrogé par Claude Malhuret (Horizons) sur le risque de prolifération de contenus politiques créés ou modifiés par l’intelligence artificielle durant la campagne présidentielle, le Premier ministre a annoncé une réponse législative. Selon lui, les « peines aujourd'hui ne sont pas suffisamment dissuasives ».

Le

Le Conseil constitutionnel valide le premier budget du quinquennat Macron
3min

Politique

Narcotrafic : Sébastien Lecornu annonce un projet de loi pour durcir les sanctions du délit de corruption passive

Lors des questions d’actualité au gouvernement au Sénat, le Premier ministre est revenu sur l’action du gouvernement en matière de lutte contre le narcotrafic, en rappelant les tests de dépistage de drogues désormais imposés dans les ministères. Il a annoncé, également, un texte de loi visant à durcir les sanctions des agents de l’Etat qui se rendraient coupables de corruption passive.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Visit La Fleche Market
6min

Politique

Condamnation de Marine Le Pen : malgré son pourvoi en cassation, est-elle toujours inéligible comme l'affirment plusieurs juristes ?

Condamnée en appel dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle et son intention de former un pourvoi en cassation. En s'appuyant sur une jurisprudence de 1993, certains juristes affirment pourtant que la députée RN est toujours inéligible car ce pourvoi ferait revivre sa peine d'inéligibilité prononcée en première instance. Explications.

Le