Le Parti socialiste décide de vendre son siège rue de Solférino
Symbole de la déliquescence du PS, la direction du parti a décidé mardi de vendre son siège de la rue de Solférino (VIIe...

Le Parti socialiste décide de vendre son siège rue de Solférino

Symbole de la déliquescence du PS, la direction du parti a décidé mardi de vendre son siège de la rue de Solférino (VIIe...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

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Symbole de la déliquescence du PS, la direction du parti a décidé mardi de vendre son siège de la rue de Solférino (VIIe arrondissement de Paris), afin d'assainir ses finances après la double débâcle des présidentielle et législatives, et de "préparer l'avenir".

Le Parti socialiste a pris la "décision de principe de mettre en vente" son emblématique siège parisien, a annoncé le trésorier du parti, Jean-François Debat, à l'issue d'un bureau national du PS.

"Cette décision est une décision comme toujours difficile parce que ce lieu est symbolique. Elle repose sur deux types de raison: d'abord oui, évidemment, il existe une contrainte financière; il s'agit aussi d'une décision politique pour préparer l'avenir", a expliqué le maire de Bourg-en-Bresse lors d'un point-presse.

Selon le trésorier, les déroutes électorales successives subies par le PS vont faire passer son budget annuel de 28 à 8 millions d'euros, soit un manque à gagner de cent millions d'euros sur cinq ans par rapport au précédent quinquennat. A l'issue du second tour des législatives le 18 juin, seuls trente députés PS ont été élus, contre 280 en 2012.

Se maintenir à Solférino coûterait quatre millions d'euros par an, a-t-il précisé. "Le Parti socialiste prend la décision de consacrer à l'avenir la partie la plus importante de son budget à son action politique et non pas à se maintenir à Solférino", a souligné M. Debat.

Le trésorier, membre de la direction collégiale provisoire du PS, a aussi souligné la dimension symbolique de ce changement.

"C'est aussi une occasion et un choix de refonder notre action ailleurs. Bien sûr, nous sommes tous attachés (...) au siège du Parti socialiste. Mais on nous a suffisamment dit après les échéances présidentielle et législatives que ce n'était pas seulement une défaite, mais que c'était la fin d'une époque, la fin d'une ère (...) qu'il faut aussi admettre que cette refondation peut se faire ailleurs qu'ici", a-t-il affirmé.

Le PS, qui occupe cet hôtel particulier de 3.000 m2 depuis 1981, va lancer un appel d'offres, et se réserve la possibilité de ne pas choisir l'offre la plus avantageuse financièrement. La vente prendra "plusieurs mois".

- Et bientôt un plan social -

Interrogé sur l'éventualité d'un vote du Conseil national sur le sujet, M. Debat a répondu que la décision était "arrêtée". "Ce sujet est un sujet qui doit être dédramatisé. C'est une décision qui ne devait pas attendre. La direction assume sa responsabilité -le premier secrétaire (Jean-Christophe Cambadélis, NDLR), le trésorier que je suis- dans la décision de vente".

Mardi soir, la décision, dans l'air depuis la déroute des législatives, semblait faire relativement consensus. "Le PS existe. Il a changé de siège sept fois, dont trois fois sous Mitterrand. La vie continue !", a philosophé l'ancien député européen Henri Weber.

"Il y a des oppositions fermes mais minoritaires. On n'a pas le choix", a souligné un participant.

Interrogé, l'ancien député du Val-d'Oise Philippe Doucet juge que "c'est l'occasion de rebondir. Il faut écrire une nouvelle histoire". Comme d'autres, il souhaiterait que le PS s'installe en banlieue ou dans les quartiers populaires, au plus près de son électorat.

Ce point ne fait cependant pas consensus. "Il faut arrêter d'infantiliser les gens", affirme un membre de la direction, pour qui le nouveau siège devra surtout être "accessible" et "fonctionnel".

La décision de vendre Solférino devrait être suivie prochainement d'un plan social. Interrogé sur ce point, M. Debat a botté en touche, soulignant que "toutes les décisions qui concernent l'avenir du personnel doivent être présentées et discutées avec le comité d'entreprise".

Les charges salariales représentent 12 millions d'euros par an pour quelque 120 salariés, selon le parti.

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