Le remaniement dans la dernière ligne droite
Près de deux semaines après la démission de Gérard Collomb, le remaniement du gouvernement est attendu pour le début de la...

Le remaniement dans la dernière ligne droite

Près de deux semaines après la démission de Gérard Collomb, le remaniement du gouvernement est attendu pour le début de la...
Public Sénat

Par Jacques KLOPP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Près de deux semaines après la démission de Gérard Collomb, le remaniement du gouvernement est attendu pour le début de la semaine. Alors que l'opposition pointe des hésitations et désaccords au sommet de l'Etat, les soutiens d'Emmanuel Macron ont fait dimanche l'éloge de la lenteur.

Guetté depuis des jours, considéré comme quasiment acquis dès mardi dernier, le dénouement de ce remaniement, qui va toucher plusieurs postes ministériels, pourrait être une question d'heures. Une fenêtre de tir s'ouvre d'ici la prochaine session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale mardi à 15H00.

Le Premier ministre Edouard Philippe, qui assure l'intérim de M. Collomb au ministère de l'Intérieur, doit se rendre lundi matin à Nantes dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté. Mais il sera de retour à Paris à la mi-journée pour son déjeuner hebdomadaire à l'Elysée avec Emmanuel Macron, une occasion peut-être d'accorder une dernière fois leurs violons avant de recevoir le président sud-coréen dans l'après-midi.

Pour remplacer Gérard Collomb, qui a quitté la place Beauvau le 2 octobre, le nom de Christophe Castaner, délégué général de LREM, est celui qui revient avec le plus d'insistance. L'option consistant à associer à son profil très politique une personnalité extérieure a conduit différentes sources à citer l'hypothèse d'un duo avec l'ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard, un proche de Nicolas Sarkozy.

- "Bras de fer" -

Cette piste a été jugée suffisamment crédible pour que le patron des Républicains, Laurent Wauquiez, se fende d'un texto à ses troupes les invitant à insister, en cas de nomination de M. Péchenard, sur le fait qu'il est le vice-président à la région Ile-de-France de Valérie Pécresse, sa concurrente au sein de LR. Par erreur, M. Péchenard a lui-même reçu le texto.

Parmi les sortants possibles figurent Françoise Nyssen (Culture), Jacques Mézard (Cohésion des Territoires) ou Stéphane Travert (Agriculture). Ce dernier, selon son entourage, pourrait prendre des responsabilités à LREM en cas d'entrée de M. Castaner place Beauvau.

Les centristes du MoDem pourraient récupérer un ou deux portefeuilles, comme Marc Fesneau, leur chef de file à l'Assemblée, alors que les noms des ex-socialistes Juliette Méadel et Didier Guillaume sont également cités.

L'opposition n'a eu de cesse ces derniers jours de pointer le "conflit" qui opposerait Emmanuel Macron et Edouard Philippe sur l'architecture du prochain gouvernement, censée obéir à de savants équilibres portant sur la sensibilité politique (gauche/droite/centre), la parité hommes/femmes et le parcours (professionnels de la politique ou issus de la société civile).

"Le Premier ministre a organisé pendant dix jours un bras de fer avec le président de la République. C'est un signe d'affaiblissement quasi-total de l'Etat", a fustigé dimanche le patron des Insoumis Jean-Luc Mélenchon. Valérie Rabault, chef de file des députés PS, a elle dénoncé une attente "irresponsable", ajoutant qu'aucun député socialiste n'avait "envie de rejoindre le gouvernement".

- "L'accessoire et l'essentiel" -

L'exécutif, sans nier des "discussions", a balayé ces rumeurs de désaccord. Les choses avancent "dans le calme", a insisté vendredi Emmanuel Macron.

Dimanche, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a, dans la même veine, décliné le thème de la sérénité. "On fait beaucoup de bruit autour de la date du remaniement. Mais vous savez, moi je suis ancienne DRH, et quand on choisit quelqu'un pour une équipe à haute responsabilité, on prend le temps de choisir la personne", a-t-elle déclaré.

Le président du MoDem François Bayrou a pour sa part loué le refus d'Emmanuel Macron de céder à la "pression" et sa volonté de faire le tri entre "l'accessoire", c'est-à-dire "l'agitation" du microcosme, et "l'essentiel" que sont "les missions" qui incombent au futur gouvernement.

Pour constituer le nouvel équipage, l'allié du président a plaidé pour un mélange d'expérience et de nouveauté, tout en reconnaissant une pénurie en poids lourds après le dynamitage du paysage politique opéré par le chef de l'Etat. L'éphémère garde des Sceaux d'Emmanuel Macron a pour sa part assuré qu'il n'avait "aucune envie de redevenir ministre".

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le