Législatives: la droite s’en tire mieux que prévu, sans masquer ses divisions
Les Républicains et leurs alliés de l'UDI s'en tirent moins mal qu'ils ne le redoutaient, mais échapperont difficilement à une...

Législatives: la droite s’en tire mieux que prévu, sans masquer ses divisions

Les Républicains et leurs alliés de l'UDI s'en tirent moins mal qu'ils ne le redoutaient, mais échapperont difficilement à une...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les Républicains et leurs alliés de l'UDI s'en tirent moins mal qu'ils ne le redoutaient, mais échapperont difficilement à une explication entre ceux disponibles pour coopérer avec la majorité et ceux qui entendent être dans une franche opposition.

Selon les premiers résultats dimanche soir du second tour des législatives, LR pourrait obtenir jusqu'à 133 sièges et l'UDI suffisamment pour constituer un groupe parlementaire (15 députés minimum).

En nommant des élus LR à Matignon (Edouard Philippe) et à Bercy (Bruno Le Maire, Gérald Darmanin), Emmanuel Macron a déstabilisé la droite traditionnelle. Et il y a encore trois jours encore, au vu des sondages, les responsables LR tablaient sur une petite cinquantaine d'élus, "même pas de quoi lancer une motion de censure", selon un membre de l'équipe dirigeante.

Même si La République En marche et le MoDem raflent la mise avec environ 360 sièges, selon les estimations, le soulagement relatif était perceptible à droite: elle n'est "pas cassée", a soufflé Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, appelant "à l'unité" pour former une opposition "vigilante".

François Baroin, chef de file du parti pour les législatives, a affirmé que le groupe LR était "suffisamment important pour faire valoir les convictions" de la droite, et Gérard Larcher, président du groupe LR du Sénat, s'est félicité du "sursaut du 2e tour" en faveur de sa famille politique.

Tous deux ont insisté sur le fait que les Républicains et l’UDI formaient "la première force de l’opposition" à l'Assemblée. Idem pour Rachida Dati, pour qui la droite n'est "pas ratatinée".

Parmi les gagnants LR figurent notamment ceux qui n'avaient pas de candidats En Marche face à eux, les "constructifs" Thierry Solère, Franck Riester ou Pierre-Yves Bournazel, et d'autres qui affrontaient un représentant du parti présidentiel: Christian Jacob, Eric Ciotti, Michèle Tabarot, Guillaume Peltier, Julien Aubert ou encore Isabelle Valentin, dont le suppléant est Laurent Wauquiez.

Et aussi Bruno Le Maire, mis au ban de LR à sa nomination au ministère de l'Economie.

"Je mesure le niveau d'abstention et la résistance du FN dans les territoires ruraux, notamment le mien", a affirmé à l'AFP Bruno Le Maire après sa réélection dans l'Eure. "Il ne s'agit pas de crier victoire mais de se remettre au travail. Les Français attendent de nous des résultats", a-t-il ajouté.

- Voter ou pas la confiance au gouvernement -

Le premier défi qui attend les Républicains sera la composition des groupes à l'Assemblée, prévue mardi. Y aura-t-il un ou deux groupes LR? Les "constructifs", prêts à coopérer - à "collaborer", persiflent leurs détracteurs - avec le pouvoir vont-ils rompre avec les partisans d'une franche opposition?

"Il est encore trop tôt pour dire si nous aurons notre groupe mais nous avons la volonté d'être dans une attitude constructive vis-à-vis du gouvernement, pour la réussite de ce quinquennat qui doit être utile aux Français", a affirmé M. Riester à l'AFP.

Egalement "Macron-compatible", M. Solère a redit qu'il voterait la confiance au gouvernement, début juillet, s'attirant immédiatement les foudres de Valérie Pécresse, présidente LR d'Ile-de-France. "Soit on vote la confiance, et on est dans la majorité, avec En marche, soit on est dans l'opposition et on ne vote pas la confiance".

Parmi les partisans d'une opposition claire, Jean-François Copé (dont le successeur à Meaux Jean-François Parigi a été confortablement élu), plaide pour que "droite et centre fassent bloc", et souhaite "un immense travail de réflexion et de rénovation" du parti.

Pour Guillaume Peltier, élu en Sologne, la droite doit faire "un énorme travail d'introspection sur les terribles échecs de 2017. Il faut recréer un corpus idéologique, réinventer une droite sociale, populaire et entrepreneuriale".

"Les Républicains auront deux groupes, car je ne vois pas comment des élus comme Peltier ou Solère peuvent siéger dans le même groupe", tranche l'universitaire Gilles Richard, auteur d'une Histoire des droites en France.

"Mais les groupes sont une chose, le parti, une autre. Les LR vont trouver les moyens de rester ensemble jusqu'au congrès de novembre et la compétition" entre deux lignes, analyse-t-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le