Quelques semaines après les européennes, qui ont redonné de l'espoir à la gauche malgré ses divisions, la France insoumise, le PS et EELV mettent ce week-end le cap sur les municipales, avec l'espoir pour les premiers de sortir de la nasse, pour les écologistes de confirmer leur élan.
* LE PARTI SOCIALISTE TABLE SUR SES SORTANTS
Sorti très abîmé de la présidentielle et des législatives, et après des européennes où il a évité de peu la catastrophe, le PS compte sur les municipales de mars 2019 pour commencer à remonter la pente.
Le parti, qui a recueilli 6,2% des voix le 26 mai, a certes été largement devancé par les écologistes dans de nombreuses villes. Mais ses dirigeants rappellent à l'envi que les européennes ne "matricent pas la vie politique", et qu'en 2009, déjà, EELV avait enregistré un très bon score avant de revenir à son étiage habituel.
Les dirigeants du PS espèrent aussi que les plus de 200 maires socialistes de villes de plus de 10.000 habitants bénéficieront d'une "prime aux sortants".
Mercredi soir à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), en marge du meeting unitaire contre la privatisation d'ADP, le premier secrétaire Olivier Faure faisait le "teasing" du Conseil national de samedi à Paris, où des enquêtes et sondages encourageants seront présentés.
Le député de Seine-et-Marne redira aussi son opposition à des alliances avec La République en Marche, même s'il n'a guère la possibilité d'imposer ses vues, compte tenu de la faiblesse du parti. "Il n'y a aucune chance que ce soit respecté", note un sénateur, rappelant que des macronistes siègent déjà localement dans des exécutifs socialistes.
* EELV, CONQUÉRANT
Au sortir des européennes, où il est arrivé troisième avec 13,5% des voix, EELV a affiché de grandes ambitions: "On veut gagner Paris, Nantes, Rennes, Toulouse et ailleurs, confirmer Grenoble et de nombreuses villes petites et moyennes où on a fait de très bons scores", a affirmé l'eurodéputé Yannick Jadot au Monde le 5 juin.
À Paris la liste écologiste a obtenu 19,9% des suffrages, à Toulouse 21,3%, à Rennes 24,3%, à Nantes 26,3%.
Tête de liste EELV, Yannick Jadot, le 26 mai 2019.
AFP/Archives
"Ils n'ont absolument pas les moyens de leurs ambitions", relativise un responsable socialiste. "L'implantation des Verts ça reste quelque chose de solide", répond le secrétaire national David Cormand, qui se félicite des "50 à 60 adhésions par jour qui arrivent depuis le 26 mai", et qui rappelle que les écologistes ont toujours présenté des listes "écolos et citoyennes".
Un texte qui sera adopté par le Conseil fédéral dimanche à Paris devrait "cadrer" la question des alliances, et réaffirmer que les écologistes n'ont vocation à travailler avec "aucune des droites", "ni l'extrême droite, ni la droite conservatrice, ni la droite libérale" incarnée, selon eux, par la majorité.
De quoi rassurer les autres partis de gauche, alors qu'EELV a fait campagne pour les européennes en se disant "au-delà du clivage droite-gauche".
* LA FRANCE INSOUMISE LA JOUE MODESTE
Après son piètre résultat aux européennes (6,3%), bien loin de ses scores à la présidentielle et aux législatives, la France insoumise n'affiche pas d'ambitions démesurées pour ces municipales -ce qui lui évitera de décevoir à nouveau: "si on a que des échecs aux municipales, ça va nous affaiblir", souligne un député LFI.
Le leader de la France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon, à Toulouse, le 21 mai 2019
AFP
Un cadre du parti le reconnaît: "ce ne sont pas des élections favorables pour nous". "Ils ont une difficulté, La France insoumise est un outil politique construit exclusivement pour que Jean-Luc Mélenchon soit élu président de la République", observe David Cormand.
Un député LFI recommande de concentrer les efforts sur les quartiers populaires. "Nous devons cibler là où on peut gagner. Ce sera difficile de remobiliser les catégories intermédiaires qui sont dans les centres urbains", souligne-t-il.
Dimanche, un texte définissant la stratégie de LFI devrait être adopté lors de l'Assemblée représentative du mouvement, réunie dans le Bois de Vincennes. "On souhaite que La France insoumise fasse émerger des listes qui se construisent et partent des forces vives qui se battent sur le terrain", explique Manuel Bompard, coordinateur des campagnes. Des listes qui pourront être soutenues par les Insoumis mais pas exclusivement.
Interpellé à plusieurs reprises lors des questions d’actualité au gouvernement, Laurent Nuñez s’est dit prêt à reprendre plusieurs propositions issues des travaux de la majorité sénatoriale de la droite et du centre, comme l’interdiction administrative de manifester pour les personnes susceptibles de troubler gravement l’ordre public.
Lors des questions au gouvernement, le sénateur Claude Malhuret a livré une charge virulente contre Jean-Luc Mélenchon et sa stratégie politique, qu’il accuse de « tout conflictualiser » pour favoriser une confrontation entre les deux extrêmes à la présidentielle. Le Premier ministre lui a répondu pour partager son constat sur la menace de l’ultragauche, qu’il accuse de porter atteinte à l’indépendance de la justice et aux institutions.
Interpellé par son prédécesseur au ministère de l’Intérieur, Bruno Retailleau (LR), lors des questions d’actualité au Sénat, Laurent Nuñez a répondu que le gouvernement en restait à des « mesures de droit commun » et de « police administrative » pour la journée d’action du samedi 24 octobre.
La cyberattaque contre les frigos de plusieurs centaines de supermarchés mi-octobre, qui a mis en péril de nombreuses denrées alimentaires, a été rendue possible par des « défauts de sécurisation élémentaires », a fait savoir le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Auditionné par le Sénat ce mercredi 21 octobre, Vincent Strubel a également alerté sur la vulnérabilité du secteur de la santé, qui utilise le même type d’équipements « pour stocker des vaccins ou des choses dangereuses ».