La page de la présidentielle à peine tournée, les regards sont déjà tournés vers les législatives de juin, où Emmanuel Macron va tâcher d...
Les législatives de juin, une équation difficile de tous les côtés
La page de la présidentielle à peine tournée, les regards sont déjà tournés vers les législatives de juin, où Emmanuel Macron va tâcher d...
Par Anne Pascale REBOUL
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La page de la présidentielle à peine tournée, les regards sont déjà tournés vers les législatives de juin, où Emmanuel Macron va tâcher d'obtenir une majorité, face aux appétits de revanche du Front national, de la droite et des "Insoumis" de Jean-Luc Mélenchon.
Dès dimanche soir, depuis l'esplanade du Louvre, le président élu a demandé à ses partisans de se mobiliser pour le scrutin des 11 et 18 juin, afin de former une "majorité de changement".
Des sondages ont aussitôt donné En Marche! en tête des intentions de vote pour le premier tour. Le mouvement, créé il y a un an, recueillerait 24% à 26% des voix, devant Les Républicains (22%), le Front National (21 à 22%), La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon (13% à 15%) et le PS (entre 8 et 9%), d'après Kantar Sofres-Onepoint et Harris Interactive.
Lundi, François Bayrou, le président du MoDem allié à Emmanuel Macron, s'est dit certain que les Français, qui "ne sont pas absurdes", vont comme après chaque présidentielle "confirmer" leur vote. Les arguments de cohérence et d'efficacité vont être repris en boucle dans les six prochaines semaines.
Emmanuel Macron le 7 mai 2017 au Touquet
AFP
Mais d'après une étude Ipsos Sopra-Steria, 61% des Français ne souhaitent pas qu'Emmanuel Macron dispose d'une majorité absolue, soit plus de 289 députés, qui permet de garantir les votes et notamment le premier d'entre eux, sur la confiance au gouvernement.
"On est dans une présidentielle à quatre tours" et les électeurs de François Fillon et Jean-Luc Mélenchon qui ont voté Macron dimanche ne vont pas reprendre le même bulletin en juin, a prévenu Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos, sur France Inter.
Les projections s'avèrent à ce stade "hasardeuses", ajoute-t-il. Il risque d'y avoir presque autant de configurations que de circonscriptions, compte tenu des mouvements de fond en cours, avec des changements d'étiquette possibles jusqu'à la date limite de dépôt des candidatures le 19 mai.
- "Tendre la main" -
Emmanuel Macron entend bien poursuivre sur sa lancée des 66,10% de voix obtenues dimanche, et occuper le terrain. Les noms des 577 candidats investis par En Marche! seront annoncés d'ici mercredi, seuls 14 étant connus actuellement.
Le calendrier des élections en 2017
AFP
Au moins la moitié seront issus de la société civile et, pour le reste, le dosage gauche-droite-centre devra être subtil pour ne braquer aucun électorat.
Le gouvernement, constitué dans une semaine, donnera aussi le ton. Emmanuel Macron doit "impérativement tendre la main" et adresser des "gestes" aux électeurs de la droite et du centre, a estimé l'ancien ministre Bruno Le Maire (LR), qui a fait une offre de service dès dimanche soir.
Il s'est attiré les foudres de François Baroin, qui mène la campagne de la droite et du centre pour les législatives et cherche à préserver l'unité de sa famille, dans l'espoir d'imposer une cohabitation à M. Macron.
Second tour : score de Marine Le Pen par département
AFP
Certains anticipent que l'objectif ne sera pas atteint et avancent leurs pions. "Il appartiendra au président de la République de prendre les initiatives qui s'imposent, et ce sera le moment, bien sûr, de prendre à notre tour nos propres responsabilités", selon Alain Juppé.
Au Front national, où l'on visait en fin de semaine dernière "un groupe extrêmement important comme première opposition" à l'Assemblée, les craintes montent après le score décevant de Marine Le Pen, qui entend mener ce nouveau "combat", mais n'a pas encore annoncé clairement si elle serait candidate.
De l'autre côté de l'échiquier, Jean-Luc Mélenchon, fort de ses sept millions d'électeurs au premier tour, a considéré qu'"une nouvelle majorité parlementaire est possible autour de nous" pour "rompre avec le passé". Mais le leader de La France insoumise ne fait aucune alliance à gauche pour atteindre ce but.
Enfin, chez les socialistes, les divergences ont éclaté au grand jour, avant un bureau national du parti mardi. Si Benoît Hamon a appelé de ses vœux un "rassemblement" de la gauche pour les législatives, mélenchonistes compris, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll veut "travailler avec Emmanuel Macron". Là aussi, la vague En Marche! risque de briser une unité désormais de façade.
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