Son cancer, la prison, son père l'ouvrier taiseux, les années foot à Marseille où il s'est "régalé": l'homme d'affaires et ancien ministre...
Loin de Paris, les confidences de Tapie devant un public belge conquis
Son cancer, la prison, son père l'ouvrier taiseux, les années foot à Marseille où il s'est "régalé": l'homme d'affaires et ancien ministre...
Par Matthieu DEMEESTERE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Son cancer, la prison, son père l'ouvrier taiseux, les années foot à Marseille où il s'est "régalé": l'homme d'affaires et ancien ministre français Bernard Tapie s'est livré devant un auditoire conquis, lors d'une conférence-débat à Liège, en Belgique.
A 75 ans, le dirigeant, qui lutte contre un cancer de l'estomac et se montre peu depuis sa maladie, est apparu en forme jeudi soir, en blazer foncé sur une chemise claire, devant 750 personnes réunies par un cercle d'affaires local.
Accueilli sous les applaudissements comme une vedette du show-biz, il a d'emblée eu droit à un ton bienveillant en s'installant dans un large fauteuil.
"On n'appelle pas ça une longue maladie pour rien", soupire-t-il, mais "l'énergie c'est la seule défense possible contre ces petites bêtes méchantes qui veulent mettre un terme à votre existence".
Sa santé, son arrivée en politique sous l'aile de François Mitterrand, son passage en prison dans les années 1990 ou ses premiers pas au cinéma et au théâtre: tous les sujets ou presque sont abordés pendant une heure et demie.
L'homme d'affaires a l’occasion de raconter 40 ans de vie publique mais aussi de dévoiler une part de son intimité.
Parler de son père, l'ouvrier communiste d'origine ariégeoise, "élevé à la dure, d'une pudeur démesurée", qui n'a su exprimer combien il adorait sa femme qu'à 90 ans, juste avant de mourir.
Ou de son épouse Dominique qui, dit-il, a menacé de le quitter s'il se relançait en politique à Marseille au moment de la reprise du journal La Provence en 2013.
Bernard Tapie, lors d'une conférence à Liège, le 27 septembre 2018
AFP
C'est elle aussi qui, vingt ans plus tôt, au summum des déboires judiciaires, "a eu l'intelligence" de cacher l'arme avec laquelle il aurait pu se suicider.
"Sans (cela) je l'aurais fait", confie-t-il au détour d'un échange sur le suicide en 1993 de Pierre Bérégovoy, le chef de gouvernement dont il a été le ministre quelques années après son élection comme député.
"Quand vos gosses vont à l'école et que sur les kiosques il y a votre tête avec marqué +escroc+, (...) qu'un gamin se fait chahuter à longueur de journée (...) alors vous savez que votre disparition va les faire souffrir, mais ça sera plus court qu'une souffrance permanente", lance Bernard Tapie.
- "On verra qui a volé qui"-
Au rayon des affaires, l'interminable litige avec l'Etat français sur la revente d'Adidas, qui lui vaut d'être une nouvelle fois renvoyé devant un tribunal en France, est évacué rapidement.
"C'est en cours, l'affaire n'est pas jugée, (...) on verra à la sortie qui a volé qui", balaie-t-il.
Ce dossier a rebondi avec l'annulation en 2015 par la justice française de l'arbitrage en vertu duquel il s'était vu octroyer en 2008 environ 400 millions d'euros, en réparation du préjudice qu'il estimait avoir subi à la revente d'Adidas dans les années 1990.
En réaction, afin d'empêcher la saisie de ses biens par ses créanciers, il a placé plusieurs sociétés en procédure de sauvegarde en France. Certains de ses actifs ont aussi été transférés en Belgique, où des procédures judiciaires sont également en cours.
Mais il n'en est pas question jeudi soir.
Quand le micro est donné au public pour la dernière demi-heure, le football revient au coeur du débat.
Les Belges se souviennent que jamais un club français n'avait été champion d'Europe avant le sacre de l'Olympique de Marseille en 1993, sous la houlette de Tapie et du légendaire entraîneur belge Raymond Goethals.
Bernard Tapie, lors d'une conférence à Liège, le 27 septembre 2018
AFP
"Bernard vous êtes un mec super et un grand monsieur, respect!", lui lance un fan de l'OM qui fait sourire tout l'auditoire.
Pour donner le change, Bernard Tapie livre une dernière anecdote sur le transfert raté de Diego Maradona de Naples à Marseille en 1989.
A l'époque, assure-t-il, des Napolitains qui "faisaient commerce de Maradona" étaient très hostiles au projet. "Il valait mieux que ça ne se fasse pas, pour lui d'abord".
C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.
À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.
Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.
La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.