Le bureau politique des Républicains, transformé pour l'occasion en conseil de discipline, a finalement choisi mardi de ne pas trancher dans le...
LR: l’exclusion des responsables pro-Macron reportée à l’automne
Le bureau politique des Républicains, transformé pour l'occasion en conseil de discipline, a finalement choisi mardi de ne pas trancher dans le...
Par Frédéric DUMOULIN
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Le bureau politique des Républicains, transformé pour l'occasion en conseil de discipline, a finalement choisi mardi de ne pas trancher dans le vif sur le sort des six responsables LR pro-Macron, la décision de leur éventuelle exclusion étant renvoyée à l'automne.
Un Premier ministre, trois ministres, un questeur de l'Assemblée nationale et le coprésident du groupe des "Constructifs": Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu, Thierry Solère et Franck Riester attendaient le verdict mais LR a préféré se donner un peu de temps face aux profondes divergences entre partisans d'une "clarification" (c'est-à-dire l'exclusion) et tenants du "dialogue", symptomatiques de la ligne de fracture au sein d'une droite encore sonnée par sa défaite électorale.
"Décider en plein milieu de l'été de couper des têtes aurait été perçu comme archaïque par l'opinion même si bon nombre de militants sont sur la position dure" défendue par Laurent Wauquiez, déjà tout à son objectif de s'emparer du parti, Eric Ciotti et Nadine Morano, explique une source LR.
Concrètement, une commission composée des anciens ministres Patrick Ollier et Jean Leonetti et de l'actuelle vice-présidente du parti Isabelle Le Callennec est chargée d'instruire le cas des six accusés, qui seront "entendus" par ladite commission.
Mais les débats se sont étirés en longueur -près de trois heures avec des moments de "tension" selon des participants-, certains membres du bureau politique, tel l'ancien patron de l'UMP Jean-François Copé, plaidant pour que LR acte dès mardi le fait que les six hommes s'étaient mis d'eux-mêmes "en dehors du parti".
Sébastien Lecornu à Paris, le 22 juin 2017
AFP/Archives
Du coup, en attendant la décision définitive de la commission spéciale qui interviendra "à l'automne", le bureau politique, qui a connu l'affluence des grands jours, a décidé d'aller plus loin que la décision initialement concoctée par le secrétaire général Bernard Accoyer.
Au départ, seuls Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu ont été suspendus de leurs fonctions exécutives au sein du parti. Les deux hommes étaient jusqu'à présent respectivement président de la fédération LR du Nord et secrétaire départemental de la fédération LR de l'Eure.
Face à l'insistance de certains "durs", c'est finalement les six responsables qui sont "suspendus de leurs fonctions" au sein de LR, puisqu'ils se sont "placés hors des règles de notre mouvement", selon le communiqué officiel du parti.
- 'Où en est arrivée la droite ?' -
Seuls ces six ténors sont concernés par de possibles sanctions. "Les députés LR du groupe des +Constructifs+, on espère encore les faire revenir à la maison. Mais pour leurs responsables, qui ont eux franchi la ligne rouge, ce n'est pas possible", commente un membre du bureau politique.
Parmi ces "constructifs", seule Laure de La Raudière avait fait le déplacement mardi soir au siège des Républicains, à Paris.
Thierry Solère à Versailles, près de Paris, le 3 juillet 2017
AFP/Archives
Dès avant la réunion, Thierry Solère, initiateur du groupe des Constructifs LR-UDI à l'Assemblée, distinct de celui LR, avait prévenu que s'il devait être exclu, il déposerait un recours devant la commission ad hoc du parti.
"Une commission spéciale pour juger des élus qui veulent être utiles à leur pays... Où en est arrivée la droite pour ne plus être au rdv de la France?", a déploré sur Twitter la sénatrice "constructive" Fabienne Keller.
Membre de la commission, Jean Leonetti s'est toutefois voulu rassurant: "on n'est pas là pour sanctionner. On va entamer un dialogue", a-t-il déclaré en quittant le bureau politique.
La plupart des sénateurs LR -y compris le filloniste Bruno Retailleau- ont plaidé pour une ligne modérée, soucieux de ne pas voir des sanctions venir polluer les sénatoriales de septembre en troublant les grands électeurs de droite.
Hors de LR, les centristes suivaient de près ce bureau politique. Le patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, membre comme MM. Solère et Riester du groupe des "constructifs" à l'Assemblée, souhaite pouvoir "construire un nouveau parti avec toutes ces personnes venues du centre, venues de la droite progressiste".
Le bureau politique a par ailleurs fixé aux 10 et 17 décembre les dates de l'élection, par scrutin électronique, du nouveau président de LR. Laurent Wauquiez, dont la ligne droitière est dénoncée par de nombreux responsables du parti, est déjà dans les starting blocks, avec de grandes chances de l'emporter.
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