Macron assume sa sortie polémique sur les « fainéants »
Emmanuel Macron assume "totalement" ses propos sur les "fainéants" opposés à sa politique de réformes, une sortie qui a une...

Macron assume sa sortie polémique sur les « fainéants »

Emmanuel Macron assume "totalement" ses propos sur les "fainéants" opposés à sa politique de réformes, une sortie qui a une...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron assume "totalement" ses propos sur les "fainéants" opposés à sa politique de réformes, une sortie qui a une nouvelle fois braqué ses détracteurs et qui s'ajoute à une liste déjà longue de déclarations choc du chef de l'Etat.

Le président "assume". Vendredi à Athènes, il "assume" sa "provocation" du 24 août à Bucarest sur ce pays "pas réformable" qu'est la France. Ce faisant, il promet de ne céder "ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes" et déclenche une nouvelle polémique en France. Et lundi, à Toulouse, il assume ses déclarations d'Athènes.

"Mon discours était très clair", s'est défendu le président en précisant qu'avec ce mot "fainéants", il visait "tous celles et ceux qui pensent qu'on ne doit pas bouger en Europe et en France". "Les gens ont tort de déformer pour créer de fausses polémiques", a-t-il protesté.

Mais les critiques sont nombreuses à la veille de la première journée d'action syndicale contre les ordonnances réformant le droit du travail.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, s'est dit "scandalisé".

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a dénoncé une "une bordée d'injures contre le peuple français", y voyant une manière pour le président de la République de s'en prendre au "modèle français" et d'adresser des "messages de connivence" à la "caste européenne".

"Emmanuel Macron est dans un dérapage permanent, ce n'est pas la première fois qu'il insulte les Français depuis l'étranger", a renchéri le député Adrien Quatennens (La France insoumise).

"Qui qu'il ait visé, il y a forcément une part de mépris et ce n'est pas nouveau chez Emmanuel Macron", a jugé Olivier Faure (PS), tandis que l'ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon l'a qualifié de président "immature".

-'De l'huile sur le feu'-

"Je ne sais pas si c'était une formule travaillée mais elle va rester". "Ce n'était pas très heureux. Pour l'instant, il l'assume mais dans quelques temps, il fera tout pour revenir dessus", a pour sa part jugé Gaspard Gantzer, ancien responsable de la communication de François Hollande à l'Elysée et condisciple à l'ENA de l'actuel chef de l'Etat.

Fait inhabituel, lundi à Toulouse, Emmanuel Macron a consenti à répondre à une question d'actualité en marge d'un déplacement. Le président refuse également en principe de répondre sur la politique française lors de ses déplacements à l'étranger mais ne s'est pas privé de l'aborder lui-même, à Bucarest comme à Athènes.

La plupart des soutiens du chef de l'Etat sont montés au créneau. Pour le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, M. Macron visait "ceux qui n'ont pas eu le courage de faire les réformes nécessaires" pendant les "trente dernières années" : François Hollande, dont M. Macron a été le conseiller puis le ministre, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac.

Mais cette sortie s'ajoute à la liste déjà fournie des déclarations polémiques d'Emmanuel Macron. Ministre de l'Économie, il avait évoqué les salariées "illettrées" de l'abattoir breton Gad, puis conseillé à un opposant d'"aller travailler" pour "se payer un costard". Depuis son élection, il avait déclenché un tollé avec un "trait d'humour malheureux", dixit son entourage, sur les Comoriens, et disserté sur les gares, ces lieux "où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien".

Pour Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof (le centre de recherches de Sciences-Po), la communication présidentielle "mélange des moments très calibrés et des improvisations qui partent dans le décor, avec des paroles provocantes, comme celles sur les costumes, des coups de menton et des envolées lyriques depuis le Parthénon". "Mais termine sur une déclaration contre les +fainéants+ et on ne retient que ça. Il jette de l'huile sur le feu".

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le