Macron attendu de pied ferme par les ex-Whirpool pour son deuxième jour à Amiens
La deuxième journée de visite vendredi d'Emmanuel Macron dans sa ville natale d'Amiens s'annonce rude, les ex-salariés de Whirlpool étant bien...

Macron attendu de pied ferme par les ex-Whirpool pour son deuxième jour à Amiens

La deuxième journée de visite vendredi d'Emmanuel Macron dans sa ville natale d'Amiens s'annonce rude, les ex-salariés de Whirlpool étant bien...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET, Clément MELKI

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La deuxième journée de visite vendredi d'Emmanuel Macron dans sa ville natale d'Amiens s'annonce rude, les ex-salariés de Whirlpool étant bien décidés à lui "demander des comptes" sur la liquidation du repreneur, en pleine tension sociale avant la journée de grève du 5 décembre.

Il s'agit de sa première visite à Amiens depuis un court déplacement en octobre 2017 ayant suivi celui de l'entre-deux tours de la présidentielle de 2017, tous deux marqués par le sort de l'ancienne usine Whirlpool, l'un des principaux sites industriels de la ville.

Certains ex-salariés de l'usine ont défilé dès jeudi, avec des "gilets jaunes", lycéens, militants CGT et Sud-Solidaires dans le centre-ville. Au total, une petite centaine de manifestants ont tenté jeudi de rallier la Citadelle où le chef de l'Etat a inauguré le site de l'université mais ont été bloqués par les forces de l'ordre.

"On demandait juste une délégation, on n'allait rien faire!", s'est indigné Frédéric Chanterelle, délégué CDFT ex-Whirlpool, dénonçant la "grosse escroquerie" de la reprise de 162 anciens salariés par WN, qui s'est soldée par la liquidation de cette entreprise en août, faute de débouchés commerciaux.

Le président Emmanuel Macron écoute des employés de l'usine Whirlpool d'Amiens pendant une visite du site le 3 octobre 2017
Le président Emmanuel Macron écoute des employés de l'usine Whirlpool d'Amiens pendant une visite du site le 3 octobre 2017
POOL/AFP

Cinq mois après son élection, Emmanuel Macron visitait fièrement l'usine avec un repreneur, largement aidé par l'Etat, qui devait sauver une partie des emplois. Deux ans plus tard, c'est la liquidation de WN, la société choisie pour reprendre le site, désormais devenu une "usine fantôme", selon Patrice Sinoquet, représentant CFDT.

"On va lui demander des comptes!", ont prévenu les ex-salariés.

"À #Whirlpool, #Macron viendra contempler le fiasco de SA politique: celle qui ne met aucune limite à la mondialisation sauvage et qui abandonne l’industrie française", a twitté son adversaire à la présidentielle Marine Le Pen, qui avait défié Emmanuel Macron chez Whirlpool lors de l'entre-deux tours.

"C’est moi qui ai demandé à les voir", a précisé le chef de l'Etat au Courrier Picard. "Comme eux j’y croyais. Comme eux j’ai été déçu", a-t-il dit, reconnaissant un échec.

L'autre enfant du pays, le député LFI de la Somme, François Ruffin, a lui accusé le président de venir à Amiens pour "lancer la campagne" de la maire sortante Brigitte Fouré (UDI), soutenue par LREM malgré l'opposition de certains responsables locaux de la majorité.

- "Pays trop négatif" -

Pour sa première journée, Emmanuel Macron a tenu à vanter les mérites de la France, regrettant un "pays trop négatif"."On a l'impression si on s'écoute collectivement, si on branche la radio ou qu'on allume la télé, que tout est terrible (…) En ce moment notre pays est, je trouve, trop négatif sur lui-même", a déclaré le chef de l'Etat en répondant à des questions d'étudiants à l'inauguration du nouveau site de l'université d'Amiens.

Il a une nouvelle fois déploré les "violences dans la rue", après celles dans les universités et pour le premier anniversaire des "gilets jaunes". "Il n'y a pas de liberté sans ordre public dans la rue, il y a une liberté de manifester, il y a une liberté d'exprimer son opinion, mais il n'y a pas de liberté de casser", a-t-il insisté.

Il a toutefois reconnu que l'acte désespéré d'un étudiant de 22 ans, qui a tenté de s'immoler par le feu à Lyon, illustrait "les difficultés" de certains étudiants "pour se loger, se chauffer, parfois se nourrir".

Mais quand "on parle des conditions étudiantes, comparons la France aux autres pays", a-t-il ajouté face à quelque 200 étudiants. En insistant sur les mesures prises depuis le début du quinquennat, comme la suppression de 217 euros de cotisation à la sécurité sociale étudiante. C'est nettement supérieur à la baisse de cinq euros des APL" (Aides personnalisées au logement), qu'il a reconnu traîner "comme un boulet".

Vendredi matin, le chef de l'Etat se rendra dans les quartiers populaires du nord de la ville pour inaugurer une maison France Services, qui regroupe plusieurs services publics comme la Poste, Pôle Emploi ou l'assurance-maladie.

Il se penchera sur l'amélioration des dessertes ferroviaires dans la Somme, avec le nouveau PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou qu'il rencontre en début de matinée. Et il devrait annoncer la finalisation du financement, évalué à cinq milliards d'euros, du canal Seine-Nord, conçu pour faciliter le transport de marchandises entre les pays du Benelux et la région parisienne. Ouverture prévue dans une dizaine d'années.

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