C’est un dépassement qui rebat les cartes derrière Marine Le Pen. Dans le dernier sondage Odoxa pour Public Sénat, la presse régionale et Le Nouvel Obs, Jean-Luc Mélenchon franchit la barre des 18 % d’intentions de vote au premier tour, soit deux points de plus qu’en mai, et passe devant Édouard Philippe, qui s’établit à 17 %. L’écart n’est que d’un point, mais il a valeur de symbole. Le candidat de La France insoumise s’installe à la deuxième place, loin derrière la candidate du RN, qui semble pour l’instant hors d’atteinte.
Philippe reste le meilleur atout du centre face à Attal
Pour le centre, Odoxa a testé deux hypothèses de premier tour. Avec Édouard Philippe, le score de Marine Le Pen est identique à celui de la première partie de ce baromètre. Avec Gabriel Attal, elle atteint 38 %, devant Jean-Luc Mélenchon (18,5 %) et Bruno Retailleau (9 %). Le président du parti Renaissance plafonne à 11 %, au coude-à-coude avec Raphaël Glucksmann (10,5 %), bien loin des 17 % d’Édouard Philippe.
Le constat se vérifie sur l’image des candidats. 38 % des Français jugent qu’Édouard Philippe ferait un bon candidat, contre 30 % pour Gabriel Attal. L’écart est net chez les sympathisants du centre (88 % contre 74 %), mais il s’efface chez ceux de Renaissance (86 % contre 85 %). « Le seul camp pour lequel il existe encore un doute dans l’esprit des électeurs est celui du centre », résume Gaël Sliman. Ce qui rend la rivalité Philippe-Attal d’autant plus lisible : Odoxa continuera de tester les deux hypothèses dans ses prochaines vagues.
Retailleau au plus bas, un rapprochement avec Philippe en vue ?
À droite, la situation est plus délicate encore. Dans l’hypothèse d’une candidature d’Edouard Philippe, Bruno Retailleau n’est crédité que de 6,5 %, soit 2,5 points de moins qu’en mai, son plus bas niveau jamais mesuré par Odoxa. Il conserve toutefois l’avantage sur David Lisnard sur la question du « bon candidat » : 28 % contre 19 % chez l’ensemble des Français, 71 % contre 40 % chez les sympathisants de la droite modérée et 72 % contre 41 % chez ceux de LR.
Pour Gaël Sliman, cet « effondrement » est « préoccupant » pour LR et pourrait pousser le président du parti à s’entendre avec Édouard Philippe pour l’aider à se qualifier. Une victoire de Marine Le Pen risquerait d’écarteler LR entre partisans et adversaires d’une alliance avec le RN ; un rapprochement avec le centre l’exposerait moins à l’implosion. « C’est sans doute la carte que va jouer Philippe dans les mois à venir », conclut-il, une fois « débarrassé de l’hypothèque Attal ».