Macron en Australie puis en Nouvelle-Calédonie, à six mois du référendum sur l’indépendance
Semaine aux antipodes pour Emmanuel Macron qui se rend en Australie avant une visite de trois jours en Nouvelle-Calédonie, où il ira notamment à...

Macron en Australie puis en Nouvelle-Calédonie, à six mois du référendum sur l’indépendance

Semaine aux antipodes pour Emmanuel Macron qui se rend en Australie avant une visite de trois jours en Nouvelle-Calédonie, où il ira notamment à...
Public Sénat

Par Fabienne FAUR

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Semaine aux antipodes pour Emmanuel Macron qui se rend en Australie avant une visite de trois jours en Nouvelle-Calédonie, où il ira notamment à Ouvéa, une première pour un président français, 30 ans tout juste après les sanglants événements.

Après deux jours à Canberra où il parlera défense, climat et gastronomie et signera des accords commerciaux, le chef de l'Etat est attendu du 3 au 5 mai à Nouméa, à six mois du référendum sur l'indépendance du territoire français.

Pendant cette visite, il sera le premier président français à se rendre dans la province des îles Loyauté, à Ouvéa, où a eu lieu le 5 mai 1988 l'assaut meurtrier contre la grotte où des indépendantistes retenaient des gendarmes en otages.

En cette année "historique", ce déplacement sera aussi l'occasion de "préparer la paix et l'avenir", selon l'Elysée.

Le président -qui ne s'est jamais rendu, même à titre personnel, sur l'archipel- effectuera sur l'île "trois gestes de mémoire et de recueillement" silencieux, sans prononcer de discours, a-t-on indiqué.

Stèle commémorative de la gendarmerie de Fayaoué, le 27 juillet 2013, érigée en souvenir de l'attaque d'un commando indépendantiste calédonien le 22 avril 1988
Stèle commémorative de la gendarmerie de Fayaoué, le 27 juillet 2013, érigée en souvenir de l'attaque d'un commando indépendantiste calédonien le 22 avril 1988
AFP/Archives

Une cérémonie aura ainsi lieu devant la stèle commémorative de la gendarmerie de Fayaoué, théâtre le 22 avril 1988 de l'attaque d'un commando indépendantiste qui avait tué quatre gendarmes et pris 27 autres en otages.

Un moment de recueillement sera également observé à Wadrilla devant le monument des 19 militants kanaks tués (ainsi que deux militaires) lors de l'assaut de la grotte puis à l'endroit, à quelques mètres, où ont été assassinés par l'un des leurs, le 4 mai 1989, les deux leaders nationalistes Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné.

Le président Macron n'ira pas à la grotte elle-même. La mémoire de ces événements "douloureux et complexes" est régulièrement célébrée sur ces sites commémoratifs et pas à la grotte, justifie l'Élysée.

Cette visite, qui divise la population de l'île, est possible car le travail de préparation sur le terrain montre que "toutes les conditions sont réunies", assure l'Elysée.

Il y a 30 ans, la tragédie d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie
Il y a 30 ans, la tragédie d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie
AFP/Archives

M. Macron "veut honorer les morts, les familles mais aussi saluer toutes les réconciliations" qui ont eu lieu depuis entre les familles et les gendarmes, selon l'Elysée qui insiste sur une visite marquant la "fin d'un processus exemplaire et historique".

- "Préparer l'avenir" -

Le 5 mai est en effet aussi la date-anniversaire de l'accord de Nouméa de 1998 et le processus de décolonisation par étapes qui a ouvert la voie au référendum d'auto-détermination qui se tiendra le 4 novembre. Le président "n'exprimera pas de position" sur ce scrutin.

Car, au-delà des "gestes et des symboles, le président veut préparer l'avenir" sur lequel il prononcera un "grand discours" le 5 mai avant son retour en métropole.

Pour symboliser la prise en main de son destin par l'archipel, le président aura auparavant remis au gouvernement calédonien l'acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie "au nom de la France et de l'empereur", datant de 1853, jusque-là conservé en métropole.

Banderole
Banderole "Non à Macron" sur une route au nord d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, le 23 avril 2018
AFP

Vendredi, après avoir rencontré des élus et des lycéens à Koné (nord), le président discutera avec la population de la cité Pierre-Lenquette, un quartier de "reconquête républicaine" de Nouméa, ainsi qu'avec la police, la gendarmerie...

M. Macron se rendra ensuite au siège de la Communauté du Pacifique, à Nouméa, pour parler notamment changement climatique avec les responsables des diverses îles et territoires d'une région particulièrement menacée.

A chaque étape, le président, qui entend être respectueux des usages locaux, "fera coutume", en doublant par exemple de l'accueil coutumier l'accueil républicain, avec honneurs militaires, lors de son arrivée.

La Nouvelle-Calédonie
Fiche et chronologie sur la Nouvelle-Calédonie
AFP

M. Macron, qui vient sans son épouse, aura auparavant passé deux jours en Australie pour y évoquer la coopération bilatérale dans les domaines de la sécurité dans la région et de l'économie, de même que la question du changement climatique.

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron en Australie puis en Nouvelle-Calédonie, à six mois du référendum sur l’indépendance
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

Macron en Australie puis en Nouvelle-Calédonie, à six mois du référendum sur l’indépendance
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le