Macron resserre les rangs autour de lui, le gouvernement de nouveau au complet
Le gouvernement s'est retrouvé au complet lundi pour le Conseil des ministres après l'annonce, dans un timing insolite dimanche soir, du...

Macron resserre les rangs autour de lui, le gouvernement de nouveau au complet

Le gouvernement s'est retrouvé au complet lundi pour le Conseil des ministres après l'annonce, dans un timing insolite dimanche soir, du...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU, Eric LAGNEAU

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement s'est retrouvé au complet lundi pour le Conseil des ministres après l'annonce, dans un timing insolite dimanche soir, du remaniement qui fait la part belle aux fidèles d'Emmanuel Macron, ses conseillers Sibeth Ndiaye et Cédric O, ainsi que la députée Amélie de Montchalin.

Trois heures à peine après son entrée en fonctions comme nouvelle porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, 39 ans, a connu son baptême du feu devant les journalistes avec le compte rendu de ce conseil des ministres.

Grand débat, venue du Premier ministre irlandais mardi, déplacement de Macron en Corse jeudi, Brexit: l'ancienne conseillère presse du président a répondu à une batterie de questions variées. Connue pour son franc-parler, elle a assuré que, désormais, elle allait changer son mode d'expression.

"Les propos que je tiendrai sont des propos qui reflèteront ce qui est l'action du gouvernement et qui auront vocation à rendre plus intelligible, plus clair, cette action au quotidien en direction des Français", a-t-elle expliqué.

Quelques heures plus tôt lors de la passation de pouvoir avec Benjamin Griveaux, elle avait confié le "doute" qui l'avait "submergée" dimanche soir à l'idée de "franchir une marche".

"Cette marche, je la franchis avec la fierté de servir la France, ce pays que je me suis choisi parce qu'avant même d'être Française, j'ai compté parmi les engagés de ce pays", a ajouté la ministre, née au Sénégal. "La France m'a beaucoup donné, aujourd'hui c'est à mon tour de le lui rendre."

- "Reconnaissance" -

Autre promue, Amélie de Montchalin, 33 ans, l'une des porte-voix les plus virulentes de la Macronie à l'Assemblée, est récompensée par le poste de secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, remplaçant Nathalie Loiseau désormais tête de liste LREM aux européennes.

Cédric O lors du conseil des ministres du gouvernement remanié, le 1er avril 2019
Cédric O lors du conseil des ministres du gouvernement remanié, le 1er avril 2019
POOL/AFP

Enfin Cédric O, conseiller de l'ombre du chef de l'Etat pour le numérique et ex-trésorier de sa campagne, devient à 36 ans secrétaire d'Etat au Numérique, le poste auparavant occupé par Mounir Mahjoubi, qui lui aussi brigue la mairie de Paris.

Avec une moyenne d'âge d'un peu plus de 48 ans, le gouvernement en place depuis le remaniement de dimanche soir est le plus jeune depuis 1962, en dehors d'une parenthèse de cinq jours en 1986, selon la base de données de l'AFP sur les gouvernements français de la Ve République.

Le casting de ce remaniement "est le choix de la reconnaissance du travail accompli", a expliqué un conseiller de l'exécutif.

Mais l'opposition a immédiatement a critiqué des choix "consanguins" de fidèles de la Macronie, y voyant la preuve que le chef de l'Etat était isolé et n'avait d'autre choix que de puiser dans son carré de fidèles.

"C'est la technocratie et l'arrogance au pouvoir", a fustigé la tête de liste EELV pour les européennes Yannick Jadot.

Emmanuel Macron "fait confiance à ses collaborateurs", a répondu le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin qui ne croit pas à la thèse de "l'isolement" et loue au contraire le "courage" du chef de l'Etat, "calme dans la tempête".

Le choix de Sibeth Ndiaye est celui qui suscite le plus de controverses. "Les donneurs de leçons macroniens, autoproclamés pourfendeurs de #FakeNews, viennent donc de nommer comme porte-parole du gouvernement une menteuse professionnelle : ça doit être ça le en même temps", a attaqué Jordan Bardella (RN).

- "Signal terrible" -

Emmanuel Macron et la ministre de la Défense Florence Parly au conseil des ministres, le 1er avril 2019
Emmanuel Macron et la ministre de la Défense Florence Parly au conseil des ministres, le 1er avril 2019
POOL/AFP

"Je me souviens de sa déclaration qui disait qu'elle assume mentir pour protéger le président de la République (...) elle est plutôt bien adaptée à la fonction qu'on lui demande, je pense qu'elle trouvera toute sa place dans ce gouvernement", a ironisé la tête de liste de la France insoumise Manon Aubry sur Europe 1.

Autre cible de Mme Aubry, la juppéiste Amélie de Montchalin, "celle dont le plus grand fait d'armes est la suppression de l'ISF", ce qui constitue "un signal terrible envoyé à la mobilisation sociale" des "gilets jaunes".

Il s'agit de la première expérience gouvernementale pour chacun des trois entrants, trois trentenaires dont deux n'ont jamais été élus.

Cette nomination, "je la vis comme une immense aventure, comme un immense défi", s'est réjouie sur BFMTV Mme de Montchalin, qui aura, parmi ses dossiers à gérer, le Brexit.

Cédric O a lui exprimé à l'AFP sa "fierté" d'avoir été nommé, avec l'ambition d'"obtenir des résultats rapides" dans le secteur stratégique des technologies numériques, l'une des priorités affichées du président Macron.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le