Mali : « Il faut trouver les moyens de sortir de cette opération », tance Christian Cambon
La mort de trois soldats engagés dans l’opération « Barkhane » au Sahel endeuille à nouveau la Grande muette. Les sénateurs de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées pressent le gouvernement pour trouver les moyens politiques de sortir de cette opération.

Mali : « Il faut trouver les moyens de sortir de cette opération », tance Christian Cambon

La mort de trois soldats engagés dans l’opération « Barkhane » au Sahel endeuille à nouveau la Grande muette. Les sénateurs de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées pressent le gouvernement pour trouver les moyens politiques de sortir de cette opération.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« C’est toujours un choc considérable », réagi l’ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet, suite aux décès de trois soldats français au Mali, lundi 28 décembre. Le brigadier-chef Tanerii Mauri et les chasseurs de 1re classe Quentin Pauchet et Dorian Issakhanian, qui appartenaient au 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse (Meuse), ont été victimes d’une bombe artisanale.

Ces trois soldats âgés de 21, 23 et 28 ans étaient déployés pour la première fois au Sahel depuis la mi-novembre. Leur décès porte le bilan des soldats morts dans cette opération à huit en 2020, et à 47 depuis le début de l’engagement des armées françaises au Mali en 2013.

Un débat public au Sénat le 9 février

Christian Cambon, président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, condamne un acte « lâche ». Au-delà de l’émotion, le sénateur (LR), annonce qu’il a obtenu du président du Sénat l’organisation d’un débat public qui se tiendra le 9 février au Sénat « pour aborder le fond du sujet concernant le bilan de l’opération, la stratégie militaire et la solution politique ».

« On ne peut continuer à exposer la vie de nos soldats. Il faut trouver une solution politique de réconciliation nationale et trouver les moyens de sortir de cette opération », tance Christian Cambon. « Je ne pense pas que l’armée française ait vocation à se substituer à un État failli », abonde de façon plus directe le sénateur LR de la Meuse, Gérard Longuet.

Le coût est réel et élevé mais il est à la hauteur d’une grande armée et de ses objectifs : empêcher l’émergence d’un État islamique au Sahel

« Force est de constater que depuis 2013 on tourne en rond et on n’a pas le sentiment qu’il y ait des perspectives politiques », renchérit Gérard Longuet. Le coup d’État conduisant à la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020 a détérioré un peu plus la situation politique au Mali. Depuis septembre, c’est le président par intérim Bah N’Daw qui assure la présidence de la République.

Si les sénateurs appellent à sortir au plus vite de cette opération, ils pointent aussi les dangers d’un retrait mal préparé. « Que se passerait-il si la France se retirait ? On retournerait au scénario de 2013 », soutient Gérard Longuet regrettant le manque d’implication « de grands partenaires », comme l’Algérie.

Pour rappel, la France avait lancé l’opération Serval destinée à enrayer l’avancée de groupes djihadistes vers la capitale, Bamako. « Le coût est réel et élevé mais il est à la hauteur d’une grande armée et de ses objectifs : empêcher l’émergence d’un État islamique au Sahel », conclut l’ancien ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Mali : « Il faut trouver les moyens de sortir de cette opération », tance Christian Cambon
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Mali : « Il faut trouver les moyens de sortir de cette opération », tance Christian Cambon
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le