Marine Le Pen s’indigne d’un examen psychiatrique la visant
Marine Le Pen s'est insurgée jeudi contre un expertise psychiatrique ordonnée par la justice dans le cadre de l'enquête la visant...

Marine Le Pen s’indigne d’un examen psychiatrique la visant

Marine Le Pen s'est insurgée jeudi contre un expertise psychiatrique ordonnée par la justice dans le cadre de l'enquête la visant...
Public Sénat

Par Anne RENAUT, Anne LEC'HVIEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Marine Le Pen s'est insurgée jeudi contre un expertise psychiatrique ordonnée par la justice dans le cadre de l'enquête la visant pour avoir diffusé des photos d'exactions du groupe État islamique sur Twitter, un examen pourtant prévue par la procédure pénale.

"C'est proprement hallucinant. Ce régime commence vraiment à faire peur", a écrit sur son compte Twitter la présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN). C'est elle-même qui a rendu publique cette mesure, en joignant à son message l'ordonnance de l'expertise, datée du 11 septembre.

Sollicité par l'AFP, le parquet de Nanterre a rappelé que Mme Le Pen avait été mise en examen pour "diffusion de message violent susceptible d'être vu ou perçu par un mineur", un délit réprimé à l'article 227-24 du code pénal.

Pour ces infractions, la loi impose que les personnes poursuivies soient soumises à une expertise médicale, selon l'article 706-47-1 du code de procédure pénale.

- "Régimes totalitaires" -

Marine Le Pen est poursuivie pour avoir tweeté le 16 décembre 2015 trois photos d'exactions du groupe EI, en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu'elle accusait d'avoir "fait un parallèle" entre l'EI et le FN.

Ces images, qu'elle accompagnait des mots "Daech, c'est ça", montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos.

Quelques semaines après les attentats du 13 novembre 2015, les pires jamais commis en France, cette publication avait immédiatement soulevé un tollé au sein de la classe politique mais aussi au-delà.

"Je croyais avoir eu droit à tout: eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Daech par tweets, la +justice+ me soumet à une expertise psychiatrique ! Jusqu'où vont-ils aller ?!", a encore tweeté la finaliste de la présidentielle en 2017.

Dans les couloirs de l'Assemblée, la députée, avocate de formation, a affirmé qu'elle ne se rendrait "bien entendu" pas à cet examen. Dans les faits, quand une personne refuse de se soumettre à un examen de ce type, l'expert se borne à constater son absence et à la notifier aux magistrats.

"Dans les régimes totalitaires c'est une des méthodes qui est utilisée contre les opposants", a affirmé Mme Le Pen.

"Ça commence à faire beaucoup, les tentatives pour nous ruiner, les affaires qui sont créées de toute pièce", a-t-elle ajouté, s'estimant "persécutée" par les juges. Le RN conteste la saisie d'une aide publique par la justice, qui enquête sur des emplois fictifs du parti au Parlement européen.

- Soutiens italien, américain -

Son allié italien et ministre de l'Intérieur Matteo Salvini lui a exprimé son soutien, se disant "solidaire avec elle et avec les Français qui aiment la liberté".

Depuis les États-Unis, Steve Bannon, ancien conseiller du président Donald Trump, s'est indigné contre "la psychiatrisation de l'opposition politique", selon lui "une tactique habituelle en URSS, reflétant davantage la folie du régime que celle de sa cible".

"Prochaine étape le goulag?", s'est aussi demandé Nicolas Dupont-Aignan, son ancien allié à la présidentielle, président de Debout la France.

Pourtant exclu du parti depuis 2015, Jean-Marie Le Pen, cofondateur du FN (devenu RN), s'est lui aussi fendu d'un tweet: "L'insolence de certains magistrats n'a plus de limite" à l'encontre de la "cheffe d'un grand parti".

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a estimé que ce n'était "pas avec des méthodes pareilles qu'on fera reculer l'extrême droite". Celui qui avait qualifié Mme Le Pen de "semi-démente" en 2012 a exprimé son "désaccord total avec la psychiatrisation de la décision politique". "Madame Le Pen est politiquement responsable de ses actes politiques".

Il s'agit d'une "poursuite absurde qui dénature la lettre et l’esprit d’un texte destiné à protéger les mineurs", a tancé jeudi soir l'avocat de Mme Le Pen, Me David Dassa Le Deist, précisant que sa cliente, mise en examen depuis le 1er mars, allait demander à être placée sous le statut de témoin assisté - statut intermédiaire entre mis en examen et simple témoin.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le