Mesures économiques et sociales : ce qu’Emmanuel Macron pourrait annoncer à 20 heures
Parmi les mesures économiques et sociales que le président de la République pourrait dévoiler ce lundi à 20 h 00 figure l’instauration de nouvelles tranches dans l’impôt sur le revenu, afin d’alléger l’imposition des classes moyennes.

Mesures économiques et sociales : ce qu’Emmanuel Macron pourrait annoncer à 20 heures

Parmi les mesures économiques et sociales que le président de la République pourrait dévoiler ce lundi à 20 h 00 figure l’instauration de nouvelles tranches dans l’impôt sur le revenu, afin d’alléger l’imposition des classes moyennes.
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Par Guillaume Jacquot (Sujet vidéo : Adrien Develay)

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Le contenu exact de « l’adresse » à la nation d’Emmanuel Macron aux Français ce soir à 20 heures est sans doute l’un des secrets les mieux gardés au sein de l’exécutif. Après trois mois de Grand débat national, le risque d’une profonde déception est important, le chef de l’État mise donc sur la surprise. Les annonces concrètes et les chantiers qu’il dévoilera durant une vingtaine de minutes seront-ils plus ambitieux que les « mesures d’urgence » économiques et sociales, se chiffrant à une dizaine de milliards d’euros, dévoilées le 10 décembre pour calmer la colère des Gilets jaunes ? « Je vous réponds », a laissé entendre le président de la République, dans une bande-annonce diffusée dimanche sur son compte Twitter.

Seule chose avérée à ce stade, l’exécutif ne s’est pas privé de dramatiser les enjeux et la teneur de la suite du quinquennat. Dans sa lettre aux Français, le 13 janvier, Emmanuel Macron formulait son ambition de « bâtir un nouveau contrat pour la nation ». Lors du débat organisé au Sénat pour la restitution du Grand débat, le Premier ministre promettait des annonces « puissantes et concrètes ». Sceptiques, plusieurs sénateurs avaient accueilli la formule avec des sourires.

Le contenu des mesures fera écho aux thèmes qui ont balisé la consultation nationale : institutions (lire notre article), environnement ou encore fiscalité. Sur le terrain économique et social, plusieurs pistes pourraient être annoncées ce soir, comme le soulignent plusieurs titres de presse.

Des baisses d’impôts pour les classes moyennes les plus modestes

Une première idée, soulevée par plusieurs parlementaires de la majorité, est une réponse à l’exaspération fiscale, qui avait été l’un des catalyseurs du mouvement des gilets jaunes. Un assouplissement de l’impôt sur le revenu en bas du barème pourrait être une hypothèse sérieuse. Deux nouvelles tranches pourraient être créées avant celle de 14 %, afin de rendre l’impôt plus progressif, et surtout moins lourd pour les premières classes moyennes imposables (autour de 2000 euros mensuels).

Édouard Philippe l’a répété devant le Parlement, « le Grand débat nous invite maintenant à aller plus loin dans la baisse des impôts, mais pas à n’importe quel prix ». Sous-entendu, le desserrement de l’étau fiscal devra se faire sans aggraver le déficit public. Reste à trouver de nouvelles pistes d’économies.

Un état des lieux des niches fiscales

Pour compenser ce manque à gagner pour les finances publiques, contraintes dans la période, le gouvernement pourrait être tenté de faire un inventaire des niches fiscales. Notamment faire la chasse aux mécanismes les plus onéreux pour l’État ou à l’efficacité contestée. L’avenir des dispositifs Pinel (soutien à l’investissement locatif) et Girardin (soutien au développement économique dans les Outre-mer), critiqués pour le coût, pourrait être repensé.

Alourdissement de l’IFI

Même si le retour de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) est défendu par plus des trois quarts des Français, selon plusieurs enquêtes d’opinion, le président de la République a cependant fermé la porte à son rétablissement, fidèle à sa promesse d’alléger la fiscalité sur le capital productif. En revanche, un alourdissement de l’IFI, l’impôt sur la fortune immobilière, n’est pas à exclure.

L’indexation des petites retraites sur l’inflation

La désindexation des retraites sur l’inflation est l’un des dispositifs les plus controversés adoptés cet automne dans la loi de financement de la Sécurité sociale (relire notre article). La revalorisation des pensions à hauteur de seulement 0,3 %, dans une période où l’inflation dépassait 1,5 %, équivaut à une perte de pouvoir d’achat pour les retraités. Et à un gain de près de trois milliards d’euros pour la Sécurité sociale.

Là aussi, le gouvernement pourrait reprendre l’une des demandes exprimées par la République en marche, en revenant sur cette décision. Mais là où le Sénat avait tenté de s’opposer à cette désindexation dans son ensemble, l’exécutif pourrait seulement se limiter aux petites retraites. Comme il l’avait fait en annulant les effets de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant jusqu’à 2 000 euros en décembre dernier.

En pleines consultations sur la réforme des retraites, et au moment où le gouvernement cherche à améliorer les effectifs dans les EHPAD, un financement devra aussi être au rendez-vous.

Une attention pour les familles monoparentales

Leur situation avait été mise en lumière une nouvelle fois au cours du Grand débat national. Le gouvernement pourrait aussi décider de mener une action en direction des parents isolés, en garantissant avec la puissance publique le versement des pensions alimentaires (40 % ne seraient pas versées selon les derniers chiffres). Un fonds pourrait être mis en place pour éviter ces difficultés.

Quelle que soit la teneur de ses annonces, Emmanuel Macron sait que « l’acte II » de son quinquennat se joue probablement ce soir. La semaine dernière, le président du Sénat, Gérard Larcher, mettait en garde le chef de l’État : il « n’aura pas de seconde chance ».

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