Protests in Paris – 05 Nov 2026
Mandatory Credit: Photo by Brook Mitchell/Story Picture Agency/Shutterstock (17261162d) FRANCE, Paris 05/11/2026. Protesters are seen during a nationwide general strike and widespread demonstrations in Paris, France. Public sector workers joined forces with student and yellow vest movements to protest the rising cost of living and government budget cuts. Protests in Paris - 05 Nov 2026/shutterstock_editorial_Protests_in_Paris_17261162d//2611051159

Mobilisation contre la vie chère : journée de grève et manifestations en France qui s’annoncent très suivies

La journée de jeudi sera-t-elle le point d'orgue d'un automne social très chaud ? De premières perturbations liées à des grèves avaient lieu jeudi matin, avant les manifestations prévues dans la journée pour les salaires et le pouvoir d'achat, à l'appel de tous les syndicats, qui réclament au gouvernement des réponses concrètes. Les autorités s’attendent à 700 000 manifestants hors Paris.
Rédaction Public Sénat

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Ce premier appel depuis la rentrée à concerner le secteur public et privé a vu se rallier les lycéens et étudiants, qui menaient encore des tentatives de blocage de certains lycées comme à Strasbourg et Bordeaux, les gilets jaunes, qui ont relancé les protestations contre la vie chère depuis trois samedis, mais aussi, entre autres, les agriculteurs de la Confédération paysanne.

« On a envie de dire qu’on peut vivre dignement de notre travail », a plaidé sur RMC-BFM TV Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, un message lancé tant à l’Etat qu’aux employeurs.

Les autorités attendent 500.000 à 700.000 personnes hors de Paris et 40.000 à 80.000 personnes dans la capitale.

Mercredi soir, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé mobiliser 70.000 policiers et gendarmes, promettant « une réponse d’une extrême fermeté » aux éventuels « débordements ».

« Ce n’est pas avec des mesures sécuritaires qu’on va mettre fin aux manifestations, c’est en répondant aux revendications », a critiqué sur LCI Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, évoquant 260 manifestations prévues dans toute la France.

Si à Angoulême aucun bus ne circule en raison du blocage du dépôt des transports en commun de l’agglomération, dans les transports franciliens, les perturbations sont limitées jeudi en début de matinée. A la gare Montparnasse, Jeanne, psychologue qui ne souhaite pas donner son nom de famille, devra attendre quatre heures pour finir son trajet jusqu’à Tours mais se montre compréhensive : « C’est pénible de se lever tôt, d’attendre, et de voir son train annulé, mais c’est normal qu’il y ait grève, il faut qu’il y ait grève ».

D’autres voyageurs, en revanche, se disaient peu affectés : « Ouf, le 7H07 pour Saint-Malo part bien! », se réjouissait Alexandre, ingénieur de 29 ans en partance pour Rennes, qui a souhaité aussi garder l’anonymat.

Les syndicats demandent une revalorisation du Smic, qui n’a pas connu de coup de pouce depuis 2012, une augmentation de l’ensemble des salaires, davantage de justice fiscale, une préservation des services publics, et toujours de meilleures conditions d’études pour les jeunes.

Concernant le salaire minimum, le seul en France à connaître des évolutions automatiques, Le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous a affirmé sur franceinfo qu' »il y aura peut-être une mesure sur le Smic », laissant le ministre de l’Economie Roland Lescure l’annoncer probablement demain » (vendredi).

« Il faut accélérer sur le Smic et lancer, dans la foulée, une négociation flash sur les salaires », a réclamé, dans Le Parisien, Frédéric Souillot de FO, envisageant d’ores et déjà « d’autres manifestations » et une « grève reconductible ».

 

Bras de fer sur les parcours des manifestations

 

Entre envol des prix des carburants et projet de budget d’austérité, le pouvoir d’achat est au coeur de la grogne sociale, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis la fin de l’été.

Une personne sur deux déclare s’en sortir difficilement avec les ressources de son foyer, selon le baromètre publié mercredi par les organisations réunies dans le Pacte du pouvoir de vivre, dont la CFDT.

Après des manifestations émaillées de violences et d’affrontements avec les forces de l’ordre, en particulier le 17 octobre, cette journée de mobilisation s’accompagne de protestations sur des atteintes alléguées à la liberté de manifester, face aux interdictions dans plusieurs villes de défiler dans certaines parties des centres-villes.

À Toulouse, l’intersyndicale a décidé de maintenir son parcours initial et à Bordeaux un accord a été finalement trouvé sur un tracé au centre-ville, avec un périmètre d’interdiction dans les artères les plus commerçantes, selon la préfecture.

À Lyon, la préfecture qui avait interdit la manifestation dans l’hyper-centre et proposé un autre parcours en ville, a obtenu raison auprès de la justice.

A Paris, des rubalises ont été installées par la police le long du boulevard Voltaire, qu’empruntera finalement le cortège après un bras de fer judiciaire perdu par l’intersyndicale contre la préfecture de police. Des commerces ont protégé leurs vitrines avec des planches de bois.

« On a besoin de faire nombre pour être entendus aujourd’hui », a appelé Sophie Binet, jugeant « inédit de telles remises en causes des libertés fondamentales ».

Des organisations, dont le Syndicat de la magistrature (SM), le Syndicat des avocats de France (Saf) et la Ligue des droits de l’homme (LDH) ont aussi dénoncé une « bascule autoritaire » et saisi le Conseil d’État.

« On sent un phénomène cumulatif : la sympathie à l’égard du mouvement des lycéens et étudiants qui ne faiblit pas et les gens s’interrogent sur les restrictions des libertés, autour des interdictions de manifester. Cela a créé un sursaut de la part de gens qui d’habitude ne s’expriment pas trop », a observé Fabrice Fort, délégué syndical central CGT chez Renault Trucks, prévoyant une forte mobilisation.

La coordination des gilets jaunes appelle quant à elle en plus à un rassemblement samedi place de la Concorde à Paris, même s’il est interdit.

Avec des syndicats et associations de droit au logement de six autres pays européens (Italie, Portugal, Espagne, Belgique, Grèce, Royaume-Uni), elle appelle également à des « manifestations coordonnées » contre la vie chère fin novembre.

 

(Avec AFP)

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