Initialement soucieuse de présenter un projet cohérent, la direction de La France insoumise traverse désormais la campagne des élections...
Municipales: la campagne fantomatique de La France insoumise
Initialement soucieuse de présenter un projet cohérent, la direction de La France insoumise traverse désormais la campagne des élections...
Par Baptiste BECQUART
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Initialement soucieuse de présenter un projet cohérent, la direction de La France insoumise traverse désormais la campagne des élections municipales comme un fantôme, les yeux déjà rivés sur la présidentielle. De quoi laisser perplexes certains cadres, alliés et militants.
Fin février à Toulouse, Jean-Luc Mélenchon fera son quatrième meeting depuis décembre consacré... aux retraites. Le chef de file des Insoumis est tout engagé dans le front social contre le gouvernement et délaisse les élections municipales, pour lesquelles il ne donne pas de meetings.
Sur le terrain, aucune liste estampillée LFI, mais des soutiens à des listes citoyennes dont peu de personnalités insoumises occupent la tête.
Les Insoumis l'assument publiquement, à l'image de leur coordinateur Adrien Quatennens, qui privilégie son travail de député. "La terrible réalité, c'est que si vous voulez changer la vie des gens, le cadre municipal est restreint, d'autant plus avec le transfert de compétences aux intercommunalités", explique-t-il.
Selon lui, "le scrutin va renforcer l'idée que la grande élection permettant de régler les problèmes, c'est la présidentielle". Avec à la clé, une candidature probable de Jean-Luc Mélenchon.
Le discours est sensiblement différent d'il y a quelques mois, quand le dirigeant jurait que LFI labourerait consciencieusement le terrain afin de faire émerger des listes ambitieuses.
Adrien Quatennens le 10 décembre 2019 à l'Assemblée
AFP/Archives
"Il y a des endroits où c'est élaboré", assure Adrien Quatennens, citant comme autant d'espoirs de victoire la banlieue lilloise Fâches-Thumesnil, Châteauroux où le responsable de la communication numérique de M. Mélenchon se présente, Saint-Denis contre le maire communiste sortant ou encore Fontaine en Isère. "Mais aussi d'autres endroits où cela ressemble à une union de la gauche" classique, comme à Amiens, Marseille, Grenoble et dans de nombreuses petites villes, convient-il.
- "Un bordel innommable" -
Les Insoumis ne cachent pas une forme de soulagement à adopter cette économie de moyens, après une campagne européenne longue et éreintante, dont l'échec (6,3% en mai 2019) a laissé des traces et contraint la formation à l'humilité. "Là, ça ne peut pas être un échec si aucune ambition n'est affichée", sourit l'ancien candidat LFI aux européennes Sergio Coronado, tête de liste à Bondy.
Ce n'est pas sans accrocs ni coûts politiques, soulignent certains militants, cadres et alliés de LFI. En favorisant l'investiture de listes citoyennes dans certains cas, et l'union de gauche dans d'autres, le comité électoral a provoqué l'ire de fidèles militants, partis en dissidence.
C'est le cas à Amiens, où certains n'ont pas apprécié que le député François Ruffin ménage une place au Parti socialiste. A Montpellier au contraire, le comité a désavoué les militants et même la députée Muriel Ressiguier qui avait privilégié l'union avec l'écologiste Clothilde Ollier.
"Un bordel innommable", admet une figure insoumise. Qu'une formation comme la Gauche républicaine et socialiste d'Emmanuel Maurel, pourtant ralliée récemment, privilégie l'union des gauches aux listes citoyennes soutenues par LFI en dit long sur le scepticisme ambiant.
Merlin, militant à Paris, craint que le manque d'ambition démotive les bonnes volontés sur le terrain: "Comme on s'est pris une taule aux européennes, on essaie de se cacher derrière des listes d'union ou des personnalités. Mais les municipales, ce sont les élections les plus concrètes, pour nous les militants".
Un militant nordiste raconte à l'AFP: "J'ai refusé d'être sur une liste, je leur ai dit qu'ils se foutaient du monde à ne plus oser se présenter avec notre logo". Selon lui, la direction de LFI se montre peu ambitieuse parce qu'elle sait le mouvement faible sur le terrain. "Il y a eu trop de départs, et les gens qui restent le font par espoir de glaner une place de conseiller municipal".
Sergio Coronado résume: "La seule élection qui intéresse LFI c'est la présidentielle. Certes avec 2017 j'ai rompu avec l'idée qu'elle était l'aboutissement d'une longue ascension, étape après étape, élection après élection. Mais négliger les territoires quand on se dit force d'émancipation" est risqué.
Dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d'appel de Paris a pris en compte « la liberté des candidatures » et « la liberté de choix de l'électeur » en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité. Les juges ont aussi condamné la députée RN à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Une peine qui pourrait être suspendue si Marine Le Pen décidait de se lancer dans la course à la présidentielle.
Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.
Coup de théâtre dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la Cour d’appel n’a pas suivi les réquisitions du parquet et a réduit la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen de 5 ans à 45 mois dont 30 mois avec sursis et à une peine de trois ans de prison dont un an sous bracelet électronique. Elle pourrait donc être candidate à l’élection présidentielle.
A l’issue du délibéré, dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d’appel de Paris a revu à la baisse la condamnation de la députée RN. Condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, elle peut en théorie être candidate à la présidentielle de 2027, mais la cour d'appel de Paris l'a aussi condamnée à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Or, Marine Le Pen a d’ores et déjà estimé qu’il ne lui serait « pas possible » de faire campagne dans ces conditions. La décision d’être candidate lui revient.