Pascal Pavageau, un ingénieur issu de la fonction publique pour diriger FO
Issu de la fonction publique, militant depuis près de trente ans, Pascal Pavageau élu vendredi à la tête de Force ouvrière affiche son ...

Pascal Pavageau, un ingénieur issu de la fonction publique pour diriger FO

Issu de la fonction publique, militant depuis près de trente ans, Pascal Pavageau élu vendredi à la tête de Force ouvrière affiche son ...
Public Sénat

Par Bertille OSSEY-WOISARD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Issu de la fonction publique, militant depuis près de trente ans, Pascal Pavageau élu vendredi à la tête de Force ouvrière affiche son "indépendance", politique notamment, et aura la lourde tâche de rassembler les troupes, déstabilisées par les prises de positions de son prédécesseur sur les ordonnances travail.

"Il n'est pas tombé de la dernière pluie", dit de lui Jean-Claude Mailly qui, à 65 ans, lui a passé le relais au Congrès de Lille.

Cet Orléanais, 49 ans depuis le 22 mars, assure que prendre la tête du troisième syndicat français, il n'y pense pas "tous les matins". Mais il s'y est tout de même préparé de longue date.

Dès 2011, il annonce à Jean-Claude Mailly son intention de se porter candidat. A l'époque, le numéro un de Force ouvrière caressait l'espoir de passer le relais à un proche, Stéphane Lardy, qui y a renoncé depuis.

Pascal Pavageau n'est pas un proche de son prédécesseur. Et même si Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail, pense que la ligne "ne va pas changer de façon considérable", lui s'évertue à exprimer sa différence avec l'actuel dirigeant.

Il critique vertement la politique de Macron "du chacun pour soi" et n'écarte pas une éventuelle convergence des luttes, idée chère à la CGT qu'il préfère appeler "unité d'action". Le refus de l'actuel secrétaire général de manifester contre les ordonnances réformant le code du travail reste "un mystère" pour Pascal Pavageau.

Et si Jean-Claude Mailly a évité ces derniers mois de défiler avec la CGT, on a vu son successeur manifester avec les fonctionnaires, les cheminots ou contre les ordonnances, parfois au côté de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

- "Un pragmatique" -

Pascal Pavageau insiste aussi sur son "indépendance". "Je ne suis pas franc-maçon, je n'appartiens à aucun parti", répète à l'envi le syndicaliste.

Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly (g) et Pascal Pavageau, le 27 janvier 2017 à l'Hôtel Matignon, à Paris
Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly (g) et Pascal Pavageau, le 27 janvier 2017 à l'Hôtel Matignon, à Paris
AFP/Archives

Son histoire avec FO commence en 1990. Il est alors étudiant à l'École nationale des travaux publics de l'État (ENTE), où FO occupe une confortable première place. L'étudiant y crée une section pour les élèves et ne quittera plus le syndicat, qu'il loue pour son "indépendance".

Fonctionnaire d'État depuis 1994, l'ingénieur se spécialise dans les questions d'environnement et de développement durable, des sujets qu'il portera au sein de son syndicat.

Débutant sa carrière professionnelle comme chef de la police de l'eau au sein des préfectures du Nord et du Pas-de-Calais, il a ensuite dirigé une unité territoriale de la navigation, avant de rejoindre la direction régionale de l'Environnement de la région Centre. A partir de 2004, il est détaché du ministère de l'Écologie pour assurer ses fonctions syndicales.

En 2007, il mène la fronde contre la Révision générale des politiques publiques, initiée sous le quinquennat Sarkozy.

Actuellement membre du bureau confédéral (direction), ce fan de musique métal se décrit comme un "réformiste militant", en charge du "secteur économique" (économie, fiscalité, services publics, environnement).

"C'est un pragmatique, un FO pur jus, c'est-à-dire qu'on négocie tout ce qu'on peut, puis on établit un rapport de force", dit de lui Philippe Pihet, membre de la direction de la centrale. Il table sur une "continuité" des positions du troisième syndicat français.

Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, écrivait récemment dans l'Obs voir dans Pascal Pavageau un numéro un "très légitime, sans réelle contestation en interne, et très structuré".

Partager cet article

Dans la même thématique

Pascal Pavageau, un ingénieur issu de la fonction publique pour diriger FO
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le