Vincent Peillon, qui devrait sortir d'une retraite médiatique de plus de deux ans pour se lancer dans la primaire de la gauche, force le respect...
Peillon: retour d’un intellectuel sur le devant de la scène
Vincent Peillon, qui devrait sortir d'une retraite médiatique de plus de deux ans pour se lancer dans la primaire de la gauche, force le respect...
Par Marie DHUMIERES
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Vincent Peillon, qui devrait sortir d'une retraite médiatique de plus de deux ans pour se lancer dans la primaire de la gauche, force le respect par ses qualités intellectuelles, mais inspire également l'agacement jusque dans son propre camp.
Totalement absent du débat politique hexagonal -il est quand même redevenu député européen il y a deux ans- depuis qu'il a quitté le ministère de l'Education au printemps 2014, Vincent Peillon, 56 ans, étonne d'autant plus avec sa probable candidature qu'il assurait à Libération en avril qu'il "ne briguerai(t) pas de nouveau mandat électif".
Son entourage laisse entendre que c'est la décision de François Hollande de ne pas se représenter qui l'a fait changer d'avis.
Un François Hollande qui tenait sur lui des propos particulièrement durs en 2009, à en croire la presse de l'époque: "Peillon est un serpent. Avec lui, c'est tout pour sa gueule. Il trahit toujours".
L'ex-ministre français de l'Education Vincent Peillon, le 23 septembre 2013 à Saint-Denis-de-Pile en Gironde
AFP/Archives
Ce professeur de philosophie est entré en politique sur le tard - il a 32 ans quand il devient collaborateur de Henri Emmanuelli à l'Assemblée nationale. Il sera élu député de la Somme cinq ans plus tard, en 1997, puis propulsé porte-parole du PS en 2000, sous l'autorité de Hollande.
Elu député européen pour la première fois en 2004, il a été ministre de l'Education entre 2012 et 2014.
- 'Docteur Vincent et Monsieur Peillon' -
Dans la campagne de la primaire, Peillon retrouvera d'anciens proches: après le choc d'avril 2002, c'est avec Arnaud Montebourg et Benoît Hamon - tous deux candidats déclarés - qu'il avait crée le courant rénovateur "Nouveau parti socialiste" (NPS).
Avant de soutenir successivement Ségolène Royal (dont il a été porte-parole en 2007 avant de se brouiller), Dominique Strauss-Kahn, puis François Hollande.
Vincent Peillon lors des questions au gouvernement le 11 février 2014 à l'Assemblée nationale à Paris
AFP/Archives
Un peu girouette Vincent Peillon ? Ironisant sur ses passages d'un courant du PS à l'autre, Pierre Moscovici l'avait un jour surnommé "Docteur Vincent et Monsieur Peillon".
Son passage de deux ans rue de Grenelle a marqué les esprits. D'abord par sa réforme des rythmes scolaires, qui entraîne une levée de boucliers très médiatisée, puis avec son "ABCD de l'égalité" contre les stéréotypes filles-garçons à l'école, qui déclenchera les foudres de la Manif pour tous et de l'extrême droite.
Souvent loué pour ses talents d'orateur, inspiré dans ses discours, Vincent Peillon est aussi maladroit, voire gaffeur, comme lorsqu'il s'étonne à la télévision du côté "un peu retardataire" de la France sur le cannabis - une prise de position qui fera enrager Hollande et lui vaudra une remontrance publique.
Ce ne sera pas la seule fois: cafouillage sur le calendrier de la réforme des rythmes scolaires, propos sur les classes préparatoires, annonce prématurée de création de postes d'enseignants... Vincent Peillon s'attire de nombreux recadrages.
Agrégé et docteur en philosophie, issu d'une famille de professeurs et de chercheurs, Vincent Peillon est sans conteste un intellectuel. Auteur d'une thèse sur Maurice Merleau-Ponty, détaché au CNRS pendant deux ans, il a continué à écrire après son entrée en politique: des ouvrages consacrés aux penseurs socialistes et républicains comme Pierre Leroux et Jean Jaurès, ou au grand combattant de l'école laïque et prix Nobel de la paix Ferdinand Buisson.
Ses proches louent sa "grande rigueur morale et intellectuelle": "Un homme de très grande connaissance, de très grande hauteur de vue", résume son ancien bras droit à l'Education, Jean-Paul Delahaye. Certains, même dans son camp, raillent plutôt son "arrogance".
Très poli mais très susceptible, M. Peillon est également un solitaire, de son propre aveu. Sportif, sa préférence va à la course à pied et au cyclisme.
"Il fonctionne de manière solitaire, ce qui n'est pas idéal pour un candidat", dit un socialiste.
Après son départ du ministère en 2014, Vincent Peillon a enseigné à l'Université de Neuchâtel.
Il a aussi repris l'écriture, romanesque cette fois. "Un Chinois à Paris", son second roman, doit paraître chez Stock en février. L'intrigue débute à Belleville un 24 décembre à la tombée de la nuit: "une prostituée transsexuelle a été retrouvée, maquillée et vêtue d'un somptueux costume de l'opéra de Pékin, les parties génitales enfoncées dans la bouche", présente la maison d'édition. "Que signifie cette mise en scène? A qui est-elle adressée?"
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