Perquisitions houleuses en direct chez Mélenchon et au siège de LFI
Une perquisition au domicile de Jean-Luc Mélenchon filmée en direct par l'intéressé. Une autre, houleuse, au siège de la France...

Perquisitions houleuses en direct chez Mélenchon et au siège de LFI

Une perquisition au domicile de Jean-Luc Mélenchon filmée en direct par l'intéressé. Une autre, houleuse, au siège de la France...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Une perquisition au domicile de Jean-Luc Mélenchon filmée en direct par l'intéressé. Une autre, houleuse, au siège de la France insoumise. Et à la sortie un raout médiatique improvisé: les Insoumis ont tenté de retourner à leur avantage mardi l'opération de police judiciaire les visant.

Les internautes qui suivent Jean-Luc Mélenchon sur Facebook ont été les premiers informés de la venue de policiers chez lui, dans le cadre de deux enquêtes, l'une sur de présumés emplois fictifs au Parlement européen, l'autre sur ses comptes de campagne de la présidentielle.

"Nous sommes perquisitionnés chez tout le monde. La secrétaire générale du groupe à l'Assemblée, mes anciens assistants qui ont vu débouler aussi les flics à 07H00 du matin, on leur prend leurs téléphones, on leur prend leurs ordinateurs. Au siège du Parti de gauche dont je suis membre, au siège du mouvement la France insoumise", proteste un M. Mélenchon indigné dans cette vidéo filmée avec son téléphone et diffusée en direct sur le réseau social, tandis que des policiers s'affairent en arrière-plan.

"Demain ils trouveront une excuse pour me foutre en cabane comme Lula (l'ancien président brésilien, incarcéré, NDLR) (...) Ce n'est pas normal ! (...) Ce gouvernement naît dans la honte", s'insurge l'ancien candidat à la présidentielle, bien décidé à utiliser les réseaux sociaux pour dénoncer un "coup de force" en plein remaniement gouvernemental.

- "On pousse !" -

Un peu plus tard dans la matinée, changement de décor. Au siège de la France insoumise, près de la Gare du Nord à Paris, la scène est cette fois filmée par un journaliste de Libération. "Enfoncez la porte, camarades !", crie M. Mélenchon à ses proches, pour tenter d'entrer dans les locaux de LFI, où les policiers mènent leur perquisition. Pendant plusieurs minutes le groupe fait le forcing devant des policiers impassibles.

Une porte s'ouvre finalement de l'autre côté du palier. On entend un cri: "On pousse !" et les députés Insoumis envahissent les locaux. Trois journalistes parviennent à s'introduire dans la pièce au milieu des cris, Jean-Luc Mélenchon interpelle le représentant du parquet et les policiers.

"Vous me perquisitionnez depuis quatre heures chez moi. Vous avez été prendre neuf personnes à domicile, vous envahissez deux sièges politiques. Je suis le président d'un groupe d'opposition. Vous n'avez pas à me traiter de cette manière. Je n'ai pas volé de cigarettes !"

"Nous menons des opérations de police judiciaire dans un cadre légal", répond le parquetier.

Sur des images diffusées dans la soirée dans l'émission "Quotidien", M. Mélenchon pousse le parquetier ainsi qu'un policier qui s'interpose.

Dans une autre séquence filmée au moment où les Insoumis forcent l'entrée des locaux, un policier semble plaquer au sol un membre de LFI avant de se relever. Le député Alexis Corbière hurle alors : "Vous vous calmez ! Vous l'avez étranglé". "Je suis député moi monsieur", en levant le doigt vers le policier.

- "rien à cacher" -

Une fois les policiers partis, les Insoumis, pour certains sous le choc improvisent une conférence de presse dans la rue, tandis que des sympathisants appelés à la rescousse crient "Résistance".

"On m'a empêché d'assister à la procédure administrative alors que je suis le responsable légal de la France insoumise, je n'ai pas pu assister aux opérations (...) Aucun PV ne m'a été proposé à être signé", dénonce Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de LFI.

"Un policier m'a attrapé par le cou, attrapé par le bras, m'a tiré. Ce policier, sa hiérarchie est venue en lui disant +calme-toi+. J'ai été violenté, agressé (...) Ce qui s'est passé est inacceptable", accuse le candidat aux européennes, affirmant qu'il va "porter plainte au commissariat pour les coups qui (lui) ont été portés".

S'exprimant à son tour, Jean-Luc Mélenchon prend à témoin la foule et les journalistes. Derrière lui, le député Alexis Corbière, dénonçant une "agression politique intolérable", a l'air au bord des larmes.

"Nous sommes des honnêtes gens, nous ne participons à aucun trafic, nous n'avons rien à cacher !", clame M. Mélenchon en promettant de publier toutes les factures de sa campagne.

Et regardant la caméra, il traite le président Emmanuel Macron de "petit personnage" avant de s'en prendre à la ministre de la Justice Nicole Belloubet, rectrice à l'époque où M. Mélenchon était ministre délégué à l'Enseignement professionnel: "Mme Belloubet (...) vous devriez avoir honte de ce que vous êtes en train de me faire. Parce que vous m'avez connu comme votre ministre, vous m'avez connu autrefois il y a longtemps comme votre ami. Ce que vous êtes en train de faire est une honte!".

Partager cet article

Dans la même thématique

Perquisitions houleuses en direct chez Mélenchon et au siège de LFI
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Perquisitions houleuses en direct chez Mélenchon et au siège de LFI
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le