Ils se savaient depuis des mois la cible de hackers redoutables, pensaient avoir pris un maximum de précautions. Pourtant les experts numériques...
Piratage d’En Marche ! : les hackers ont trouvé la faille
Ils se savaient depuis des mois la cible de hackers redoutables, pensaient avoir pris un maximum de précautions. Pourtant les experts numériques...
Par Michel MOUTOT
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Ils se savaient depuis des mois la cible de hackers redoutables, pensaient avoir pris un maximum de précautions. Pourtant les experts numériques de la campagne électorale d'Emmanuel Macron n'ont pu éviter le piratage massif d'une partie de leurs comptes.
Vendredi soir, une heure avant la fin officielle de la campagne électorale de la présidentielle, des milliers de documents internes du mouvement En Marche ! (courriels, documents comptables, devis, factures) sont apparus sur les réseaux sociaux et se sont propagés à la vitesse de la lumière.
"C'est juste incroyable", a commenté dans la foulée le chercheur belge Nicolas Vanderbiest, spécialiste des rumeurs sur internet, qui diffuse sur son compte twitter des cartographies détaillées du "Macron Leaks".
Cette "opération de déstabilisation, de piratage massive et coordonnée" - selon les termes d'un communiqué du mouvement - est ce contre quoi Mounir Mahjoubi, chargé du volet numérique de la campagne d'Emmanuel Macron, et son équipe ont tenté de se prémunir depuis l'annonce de la candidature de l'ancien ministre de l’Économie à la présidentielle.
Emmanuel Macron le 24 avril 2017 à Paris
AFP
"Personne ne prend ça à la légère", disait en février à l'AFP M. Mahjoubi, 32 ans, ancien président du Conseil national du numérique: pour sa troisième campagne, après celles de Ségolène Royal en 2007 et François Hollande en 2012. "C'est la première fois qu'à tous les niveaux, y compris à celui du candidat, tout le monde a conscience qu'il faut toujours se protéger, appliquer les meilleures règles", avait-il affirmé.
L'équipe de campagne d'En marche !, qui dispose de moyens équivalents à ceux d'une PME et non d'un grand groupe, a mis en place des serveurs protégés par des logiciels de filtrage sophistiqués, préconisé l'emploi de plusieurs messageries et réseaux cellulaires cryptés, de doubles ou triples authentifications pour l'accès aux services de courriels, de cloisonnements multiples, de bases de données isolées comme des forteresses, l'utilisation de mots de passe complexes régulièrement changés.
Mais les hackers expérimentés, dont les offensives peuvent s'étaler sur des semaines ou des mois, finissent souvent par trouver un point d'entrée.
- "en-nnarche.com" -
"Dans ce genre d'organisation, la vraie faille potentielle, c'est l'humain", assurait récemment à l'AFP le patron des services informatiques d'En Marche!, sous couvert d'anonymat. Parce que les procédures de sécurité peuvent se révéler longues et fastidieuses, certains peuvent être tentés de les contourner en utilisant des services de courriels personnels peu ou mal protégés.
Le 25 avril, un rapport de l'entreprise japonaise de cybersécurité Trend Micro attribuait au groupe russe Pawn Storm, également connu sous les noms de Fancy Bears, Tsar Team ou APT28, une tentative de hameçonnage ("phishing") à grande échelle contre la campagne Macron. Ce rapport a confirmé "l'intuition" de l'équipe de Mounir Mahjoubi.
Le groupe russe, soupçonné de liens étroits avec les services de sécurité russes, est également accusé d'avoir visé notamment pendant la récente campagne présidentielle américaine le parti démocrate.
Dans ce genre d'offensive, qui ne demande pas des moyens sophistiqués, les pirates peuvent soit exploiter des failles de sécurité dans des logiciels utilisés, qui peuvent être ouvertes par exemple lors d'un oubli de mise à jour, soit créer des sites miroirs du type "en-nnarche.com", espérant que quelqu'un lors d'une lecture rapide confonde "nn" et "m" et tombe dans le piège, révélant des codes d'accès.
Le principe du hameçonnage, un processus classique dans l'arsenal des pirates informatiques, est d'envoyer un grand nombre de faux courriels, contenant souvent des pièces jointes infectées, en espérant qu'à l'autre bout un internaute distrait cliquera dessus, créant une brèche dans le système.
S'il a rapidement réagi au piratage et assuré qu'il allait "prendre toutes les initiatives nécessaires auprès des acteurs publics et privés pour faire la clarté sur cette opération inédite dans une campagne électorale française", le mouvement d'Emmanuel Macron ne semblait pas particulièrement inquiet sur la teneur des documents publiés et les dégâts que leur révélation pourrait causer.
"Nous avons été informés hier soir" confiait samedi matin à l'AFP Bazira Khiari, sénatrice PS de Paris, déléguée nationale "En Marche !". "On nous a juste demandé de modifier nos codes d'accès".
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone pour Public Sénat et la presse régionale, les courbes se croisent : le leader de La France insoumise gagne deux points et passe devant l'ancien Premier ministre. Au centre, Édouard Philippe, pourtant fragilisé, reste de loin le mieux placé face à Gabriel Attal.
« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.