Pistes cyclables et zones piétonnes: Hidalgo continue la chasse à la voiture à Paris
Un peu plus de place pour les vélos et les piétons, beaucoup moins pour les véhicules polluants: la maire de Paris Anne Hidalgo va multiplier en...

Pistes cyclables et zones piétonnes: Hidalgo continue la chasse à la voiture à Paris

Un peu plus de place pour les vélos et les piétons, beaucoup moins pour les véhicules polluants: la maire de Paris Anne Hidalgo va multiplier en...
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Par Fabienne FAUR

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Un peu plus de place pour les vélos et les piétons, beaucoup moins pour les véhicules polluants: la maire de Paris Anne Hidalgo va multiplier en 2017 les mesures contre les voitures, au risque de continuer à faire grincer des dents.

"On va continuer. Oui, Paris est une ville dans laquelle je souhaite diviser par deux le nombre des voitures polluantes et on va actionner tous les leviers", a lancé la maire socialiste qui présentait mercredi ses vœux à la presse.

Mme Hidalgo, qui fait face depuis des mois à une levée de boucliers en Ile-de-France après avoir piétonnisé les voies sur berges rive droite, au centre de la capitale, a répété que "le premier défi à relever était l'urgence écologique. Nous sommes juste avant le déluge, juste avant, à un moment où l'on peut encore agir".

"Ça tombe bien, nous avons été élus pour agir et agir vite", a-t-elle ajouté en rappelant tous les "leviers" passés, en cours ou à venir, que la Ville met en œuvre pour lutter contre la pollution de l'air "qui fait 40.000 morts par an à cause des dégâts des particules fines dans les poumons, le cœur et le cerveau", a-t-elle précisé.

Lundi prochain, la capitale deviendra une "Zone à circulation restreinte" pour tous les véhicules, qui devront obligatoirement porter la vignette Crit'air qui les identifie, par numéros et couleurs, selon leurs émissions.

Les berges de Seine rive droite au coeur de Paris, ici le 1er septembre 2016, héritières de l'époque du tout-voiture des années Pompidou, seront définitivement réservées aux piétons ou vélos.
Les berges de Seine rive droite au coeur de Paris, ici le 1er septembre 2016, héritières de l'époque du tout-voiture des années Pompidou, seront définitivement réservées aux piétons ou vélos.
AFP/Archives

Objectif: en finir avec la circulation alternée lors des pics de pollution, pour mettre en place une circulation différenciée. Ne pourront rouler que les véhicules les moins polluants, en modulant les couleurs de vignettes en fonction des taux de pollution.

La Fédération Française des Automobilistes Citoyens (FFAC), qui s'affirme être la "première association parisienne de citoyens automobilistes", a d'ailleurs appelé à une manifestation dimanche à Paris pour dénoncer le "trop peu d'effets" contre la pollution d'une mesure qui "pénalise les plus modestes".

"Reconquérir de la place sur les voitures" : un "grand parc" qui sera ainsi ouvert au printemps le long de la Seine, sur la rive droite comme sur la rive gauche déjà piétonne.

La maire a rappelé les annonces "très symboliques" faites la semaine dernière que sont les ouvertures d'ici à la fin de l'année de pistes cyclables sur les Champs-Élysées et la rue de Rivoli.

- Des "Sea Bubbles" sur la Seine -

La place du Carrousel qui jouxte la Pyramide du musée de Louvre deviendra également piétonne, sauf pour les bus et les taxis, comme certains secteurs des IIIe et IVe arrondissements.

Sur la place de la Nation et la place des Fêtes, les automobilistes devront apprendre à rouler dans moins d'espace. Une préfiguration des projets amplifiant l'espace piétons et vélos démarrera cette année.

Quant aux transports propres, il y aura des expérimentations : des navettes automatiques sans chauffeur et électriques entre la gare d'Austerlitz et la gare de Lyon, ou encore avant le parc Floral, ainsi que des "Sea Bubbles" sur la Seine. Une dizaine de ces taxis fluviaux électriques devraient être testés en juin prochain.

La maire de Paris a également rappelé, dans une interview dimanche au JDD, son projet de tram-bus électrique qui roulera dans les deux sens sur les quais hauts, rive droite, là où roulent les voitures qui ne peuvent plus emprunter la voie express des berges.

L'annonce a d'ailleurs suscité l'interrogation au Stif (le syndicat des transports d'Ile-de-France), dirigé par Valérie Pécresse, présidente LR de la Région d'Ile-de-France, elle-même en pointe pour dénoncer la piétonnisation des berges de Seine.

Le projet ne colle pas avec un plan bus déjà élaboré, y compris avec la Ville de Paris, et le matériel risque de coûter plus cher, indique en substance à l'AFP Laurent Probst, directeur général du Stif.

"On part d'un tracé existant", a répliqué Mme Hidalgo, "mais quelque chose imaginé avec des outils d'il y a quelques années peut être revu", dit-elle.

Quant aux automobilistes qui voudront encore venir à Paris, ils devront penser à payer leurs parcmètres, comme ils sont actuellement à peine 10% à le faire, selon la Ville. Les amendes doubleront ou tripleront selon les zones d'ici 2018, alimentant les soupçons de l'UDI-MoDem parisien d'une "seule recherche de ressources financières".

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