Plan de relance européen : « Une dette, ça se rembourse », prévient Clément Beaune
Le plan de relance européen de 750 milliards d’euros, qui tarde à arriver soulève de nombreuses questions. Est-il si bien dimensionné ? Marque-t-il une rupture durable dans l’orthodoxie budgétaire qui prévalait en Europe jusqu’à présent ? Annonce-t-il une période plus frugale ? À l’occasion de notre émission spéciale journée de l’Europe, l’eurodéputé européen Raphaël Glucksmann, le secrétaire d’État aux affaires européennes Clément Beaune, et la commissaire européenne bulgare Mariya Gabriel débattent de la sortie de crise sanitaire et économique.

Plan de relance européen : « Une dette, ça se rembourse », prévient Clément Beaune

Le plan de relance européen de 750 milliards d’euros, qui tarde à arriver soulève de nombreuses questions. Est-il si bien dimensionné ? Marque-t-il une rupture durable dans l’orthodoxie budgétaire qui prévalait en Europe jusqu’à présent ? Annonce-t-il une période plus frugale ? À l’occasion de notre émission spéciale journée de l’Europe, l’eurodéputé européen Raphaël Glucksmann, le secrétaire d’État aux affaires européennes Clément Beaune, et la commissaire européenne bulgare Mariya Gabriel débattent de la sortie de crise sanitaire et économique.
Public Sénat

Par Marie Brémeau et Pierre Bonte-Joseph

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

De plus en plus de voix au sein de l’Union s’agacent de la lenteur de la « mise en actes » du plan de relance européen. Dans les Etats membres, on attend toujours l’argent du plan de relance de 750 milliards d’euros, promis initialement pour le début de l’année, on évoque maintenant la date de septembre 2021. Pour Raphaël Glucksmann le plan de relance est sous dimensionné quand on le aux 1 900 milliards promis par les Etats-Unis. Mais pour le secrétaire d’Etat aux affaires européennes Clément Beaune : « L’argent, ce n’est pas totalement magique. Donc on ne peut pas imaginer qu’il y a aucune limite au fait de créer de la monnaie. Mais néanmoins l’importance du rôle de la Banque Centrale européenne dans cette crise est absolument essentielle. Elle a fait marcher beaucoup la planche à billets ».

Les Etats-Unis plus forts que l’Union ?

Face aux critiques qui montent contre les institutions jugées trop timorées, Clément Beaune défend l’action de l’Union, et plus particulièrement le rôle de la Banque Centrale européenne (BCE), dirigée par la française Christine Lagarde. « On nous compare souvent aux Etats-Unis, et souvent on a l’impression que les Américains font beaucoup plus fort, beaucoup plus vite que nous ».

« L’argent, ce n’est pas totalement magique. Donc on ne peut pas imaginer qu’il y a aucune limite au fait de créer de la monnaie » Clément Beaune.

« Sur le plan monétaire, ce n’est pas exact. La BCE dès le mois de mars 2020 a racheté beaucoup de titres sur les marchés et a injecté concrètement beaucoup d’argent. Et ça a soutenu l’économie très concrètement, car cela paraît toujours un peu abstrait, mais ça a soutenu les entreprises, ça a permis des prêts à très bas coûts ou à coût nul. »

Pas d’effacement de la dette

Mais le secrétaire d’Etat met en garde et rappelle les bases des règles monétaires. « Il faut être clair. Une dette se rembourse progressivement. Donc il faut pas croire que les dettes s’effacent, que la planche à billets fonctionne sans aucune limite, donc fait aussi être sérieux dans la gestion de cet argent. » Clément Beaune esquisse des pistes pour l’avenir évoquant, après la crise, une adaptation des règles budgétaires et monétaires européennes.

« En réalité on est en train de clore un cycle là, et il faut qu’on arrive à le comprendre. On clôt le cycle de l’orthodoxie budgétaire et on clôt aussi le cycle du libre-échange généralisé et de la concurrence libre érigée en dogme. » Raphaël Glucksmann.

Le risque d’un tour de vis budgétaire après la crise ?

Pour l’eurodéputé (Place Publique) Raphaël Glucksmann, l’Europe doit profiter de la crise pour amorcer un profond changement sans tarder. S’il reconnaît que la solidarité entre les Etats membres a fonctionné, il prévient « j’espère qu’après cela n’annonce pas un tour de vis. Car en réalité on est en train de clore un cycle là, et il faut qu’on arrive à le comprendre. On clôt le cycle de l’orthodoxie budgétaire et on clôt aussi le cycle du libre-échange généralisé et de la concurrence libre érigée en dogme. »

---

Voir l’intégralité de l’émission sur notre espace replay

 

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le