Présidence française de l’UE : « Il est indispensable qu’Emmanuel Macron soit réélu en France », selon les députés européens du groupe Renew
Le 1er janvier prochain, la France prendra la présidence du Conseil de l’Union européenne et ce pour 6 mois, jusqu’au 30 juin 2022. Le gouvernement s’y prépare et ce lundi, Emmanuel Macron recevait à l’Elysée les eurodéputés du groupe Renew (Renaissance), auquel son parti En Marche, est affilié. Cette réunion était l’occasion pour le Président de présenter sa vision de l’Europe et les dossiers qu’il compte défendre durant ce mandat européen.

Présidence française de l’UE : « Il est indispensable qu’Emmanuel Macron soit réélu en France », selon les députés européens du groupe Renew

Le 1er janvier prochain, la France prendra la présidence du Conseil de l’Union européenne et ce pour 6 mois, jusqu’au 30 juin 2022. Le gouvernement s’y prépare et ce lundi, Emmanuel Macron recevait à l’Elysée les eurodéputés du groupe Renew (Renaissance), auquel son parti En Marche, est affilié. Cette réunion était l’occasion pour le Président de présenter sa vision de l’Europe et les dossiers qu’il compte défendre durant ce mandat européen.
Public Sénat

Par Marion Vigreux

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Cette année, Renew Europe, 3ème groupe politique au Parlement européen, successeur de l’Alliance des démocrates et des libéraux, a choisi Paris pour organiser son séminaire annuel.
Objectif : préparer la présidence française de l’Union européenne prévue dans 4 mois. Ce lundi, les 90 eurodéputés du groupe avaient rendez-vous dans les jardins de l’Elysée pour rencontrer le président français. Un « Emmanuel Macron impressionnant » selon l’ancienne sénatrice et eurodéputée, Fabienne Keller. « Le président de la république a une conviction européenne très forte et il en a de nouveau fait la preuve hier en évoquant chacun des enjeux européens sans note. Plusieurs collègues européens ont d’ailleurs été étonnés par sa connaissance des dossiers ».

Une Europe plus unie et plus solide depuis la crise sanitaire

Lors de sa prise de parole, le président de la République a tout d’abord tenu à faire le point sur les avancées de ces derniers mois. Avec une Europe, à ses yeux, plus unie et plus solide en matière de santé, grâce à la stratégie vaccinale mise en place. Mais aussi sur le volet économique, via le plan de relance avec une réponse européenne à la crise beaucoup plus rapide qu’en 2008.

Quant à la feuille de route française, elle devrait s’articuler autour des dossiers suivants : la mise en œuvre du green deal (le pacte vert), le renforcement de l’Etat de droit en Europe, l’indépendance de la justice, la liberté de la presse, la séparation des pouvoirs. (Une vigilance qui fait suite aux dérives populistes et autoritaristes constatées en Hongrie ou en Pologne). Autre priorité, la régulation du numérique avec la mise en place d’un modèle européen et la lutte contre la désinformation et la manipulation des réseaux sociaux.
Pour Fabienne Keller, « en matière de numérique, il y a une voie européenne à construire entre le contrôle d’Etat à la chinoise et la liberté totale à l’américaine ».

 

« Il est indispensable que l’Europe construise son autonomie stratégique »

La question de la souveraineté européenne a également été au cœur des échanges. La députée européenne La République En Marche, Nathalie Loiseau, rappelle que le monde devient de plus en plus instable. « Il est indispensable que l’Europe construise son autonomie stratégique. Le départ des troupes américaines d’Afghanistan montre bien que l’Union Européenne ne peut plus se reposer sur l’alliance avec les Etats-Unis ».
Fabienne Keller d’ajouter. « En prenant l’exemple de l’Ukraine, si l’Europe veut protéger ses valeurs et ses Etats voisins, elle doit réfléchir à ses moyens d’intervention en cas de menace ».
Toujours sur le volet international, le président français a également affirmé vouloir renforcer le dialogue avec l’Afrique. Un sommet Union Européenne-Union Africaine devrait se tenir durant la présidence française et ce, pour établir de nouvelles coopérations alors que la Chine et la Turquie renforcent leur présence sur le continent.

« Emmanuel Macron a l’intérêt de la France et de l’Europe chevillé au corps »

 

En France, l’élection présidentielle se déroulera pendant la présidence française de l’Union européenne. Emmanuel Macron pourrait ne pas être reconduit à la tête de l’Etat. Mais pour l’eurodéputée Nathalie Loiseau, cela ne change rien. « Il y a toujours des élections en Europe et c’est aussi ça la force de nos démocraties. Il ne faut pas le prendre comme un handicap. Néanmoins, si vous interrogez nos collègues européens, il est effectivement indispensable qu’Emmanuel Macron soit réélu en France ».

Pour Fabienne Keller, Emmanuel Macron est pleinement engagé. « C’est un homme d’Etat qui voit au-delà des échéances électorales. Il a l’intérêt de la France et de l’Europe chevillé au corps. Et c’est cela qui le mobilise. »

A l’issue de son discours, le président de la République a ensuite échangé individuellement avec certains des députés européens du groupe Renew.
Des députés qui vont poursuivre leurs travaux en vue de la présidence française. Des réunions sont notamment prévues cette semaine avec les ministres Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire.

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le