Présidentielle 2022 : Éric Zemmour détaille son programme et assume le terme « remigration »
Ministère de la remigration, baisse des impôts pour les entreprises, politique de natalité, augmentation du budget de la défense… Le candidat de Reconquête ! a présenté son programme ce mardi lors d’une conférence de presse à, la maison de la chimie à Paris.

Présidentielle 2022 : Éric Zemmour détaille son programme et assume le terme « remigration »

Ministère de la remigration, baisse des impôts pour les entreprises, politique de natalité, augmentation du budget de la défense… Le candidat de Reconquête ! a présenté son programme ce mardi lors d’une conférence de presse à, la maison de la chimie à Paris.
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Éric Zemmour est, selon lui « un candidat qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas », « un candidat pas comme les autres qui fera tout ce qu’il a promis ».

Son programme se décline en 31 chapitres, « 400 mesures concrètes » au sein de trois piliers : « La reconquête de notre identité, la reconquête de notre prospérité, la reconquête de notre fraternité ».

Sa première mesure consistera « à rendre la parole aux Français ». « Dès les prochaines élections législatives, j’organiserai un référendum pour faire valider par les Français, les mesures prioritaires que je prendrai en matière d’immigration, de sécurité et de justice ». S’ensuivra une réforme institutionnelle visant à rendre le référendum obligatoire pour « toutes ratification de traités européens, toute révision de la Constitution ou tout élargissement de l’Union européenne ».

Inversion de la hiérarchie des normes

L’ancien journaliste préconise également une inversion de la hiérarchie des normes en instaurant la « supériorité des nouvelles lois nationales sur tous les textes internationaux et européens » par la révision de l’article 55 de la Constitution. Une telle réforme engagerait la responsabilité internationale de la France et pourrait conduire à des sanctions pécuniaires, comme on l’a vu récemment en Pologne qui est toujours privée du fonds européen de relance en raison de la remise en cause de la primauté du droit européen.

Mais cette réforme institutionnelle voulue par Éric Zemmour est indispensable s’il veut mettre en place la suite de son programme qui contient plusieurs mesures contraires au droit international. Par exemple, le regroupement familial, dont il veut la suppression, est protégé par le droit de l’UE par la charte des droits fondamentaux.

Et comme pour Éric Zemmour, « l’immigration n’est plus une chance pour personne », il a déroulé toute une série de propositions pour mettre fin. Le droit d’asile sera limité « à une centaine d’individus » chaque année, sélection au mérite des étudiants étrangers, caution obligatoire de 10 000 euros pour l’obtention d’un visa, renforcement des peines à l’encontre des passeurs, suppression de toutes les aides sociales aux étrangers extra-européens, suppression de l’aide médicale d’Etat, suppression du droit du sol, expulsion de tous les étrangers fichés S et étrangers délinquants. « Nous créerons un grand ministère de la remigration doté de tous les moyens humains et matériels pour mettre en œuvre cette nouvelle politique migratoire ».

Remigraiton : « Ce terme est simplement employé pour définir ma grande détermination »

Le choix du terme « remigration » une référence assumée à la droite identitaire avait fait tousser y compris au sien de son propre camp, lundi soir. « Je n’ai pas l’habitude de me cacher derrière des mots interdits et autorisés. Quand j’ai employé le mot grand remplacement, on m’a dit la même chose. C’est un mot complotiste employé dans la mouvance identitaire », a-t-il balayé avant de se lancer dans une prédiction. « Bientôt, il y aura des sondages qui diront que plus de 60 % des Français estiment qu’il est légitime de vouloir renvoyer chez eux des étrangers dont on ne veut plus. Ce terme est simplement employé pour définir ma grande détermination sur ce sujet ».

L’assimilation « pour refaire des Français » passera « par le creuset de l’école » piloté par un « grand ministère de l’instruction publique, du patrimoine et de la culture ». Le candidat d’extrême droite préconise la fin du collège unique, la restauration des filières, littéraire, scientifique et économique au lycée.

« La reconquête de la souveraineté », c’est aussi « la fin de l’islamisation ». Le port du voile dans l’espace public sera interdit tout comme les « mosquées imposantes » et les financements étrangers.

Sur le volet sécurité, Éric Zemmour a rappelé sa proposition d’accorder aux forces de l’ordre « une présomption de légitime défense », et « l’instauration de la défense excusable » pour les citoyens qui font usage de leurs armes.

Éric Zemmour souhaite également amener le budget de la défense à 70 milliards d’euros à l’horizon 2030. Votée en 2018, la loi de programmation militaire porte le budget de la défense à 50 milliards en 2025. Le candidat de  Reconquête ! est visiblement un lecteur de publicsenat.fr puisqu’il a cité les propos de Christian Cambon, le président de la commission de la Défense du Sénat, qui sur notre site indiquait que l’armée française ne pourrait tenir que trois ou quatre jours dans un conflit de haute intensité.

Baisse des impôts des entreprises

« La reconquête de la prospérité » passera par une baisse des impôts de production sur les entreprises, à hauteur de 30 milliards d’euros. Éric Zemmour veut également renouer avec le : « travailler plus pour gagner plus » en exonérant d’impôt et de charges sociales les heures supplémentaires. « J’augmenterai le salaire des travailleurs modestes du public et du privé, des indépendants, leur permettant de toucher l’équivalant d’un treizième mois par la baisse de la CSG ». Une mesure financée par la suppression des aides sociales aux étrangers.

Cadeaux aux automobilistes

Le candidat fait également de nombreux gestes à destination des automobilistes : prise en charge de la moitié du prix du carburant dans la limite de 40 euros par mois, suppression du permis à points, rétablissement de la limitation de vitesse à 90 km/h, plafonnement des amendes de stationnement à 17 euros « pour libérer les Français d’un racket organisé ».

Sa politique énergétique s’appuie fortement sur le nucléaire, « la voie du salut énergétique » : remise en cause de la fermeture prévue des douze réacteurs, création de 14 nouveaux EPR.

Politique familiale

Sur les territoires, le retour des services publics sera encouragé par le recrutement par l’Etat de 1000 médecins salariés pendant cinq ans. Le candidat entend stabiliser le revenu des agriculteurs en interdisant le regroupement des grands groupes de la distribution dans les centrales d’achats. « Dans cette course démographique », la politique familiale est fortement relancée par une mesure forte et coûteuse : une prime de 10 000 euros à la naissance d’un enfant dont la famille est domiciliée depuis deux ans dans un territoire rural, doublement du plafond du quotient familial, création de 60 000 places de crèches durant le quinquennat.

Éric Zemmour Président, la loi SRU sera abrogée et les étrangers interdits d’accès aux logements sociaux. L’âge de la retraite passera à 64 ans. Le grand âge sera l’une des chantiers prioritaires avec la création de 400 000 places supplémentaires en Ehpad. Récemment mis en difficulté sur les élèves en situation de handicap, Éric Zemmour prône le recrutement de 50 000 AESH pour « que cette scolarité se passe normalement et que chaque enfant puisse réussir ».

65 milliards d’économies ?

Pour finir, le candidat de Reconquête ! a chiffré son programme à 60 milliards d’euros en année pleine dont 28 milliards de baisses des impôts sur les entreprises. Un programme qui, selon lui, prévoit dans le même temps une économie de 65 milliards d’euros en année pleine grâce à la suppression des aides sociales aux étrangers (20 milliards), la réduction du budget de l’État (15 milliards), la réduction de celui des collectivités locales (15 milliards) et 5 milliards en provenance de lutte contre la fraude sociale et l’optimisation fiscale.

Le candidat a toutefois peiné à détailler ces économies ne parvenant à ne citer que la suppression de l’aide médical d’Etat, qu’il estime à 1 milliard d’euros par an, et la suppression du service public audiovisuel public (3 milliards). « Après l’élection je veux faire réaliser une étude par la Cour des Comptes et pas le cabinet McKinsey pour voir là où il y a des mesures excessives, bureaucratiques qu’on peut supprimer », a-t-il expliqué.

 

 

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