Dans quel état le PS sortira-t-il de la primaire ? Pour beaucoup de responsables socialistes, ce qui se joue les 22 et 29 janvier n'est pas...
Primaire: pourquoi le scrutin est vital pour le PS
Dans quel état le PS sortira-t-il de la primaire ? Pour beaucoup de responsables socialistes, ce qui se joue les 22 et 29 janvier n'est pas...
Par Stéphanie LEROUGE
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Dans quel état le PS sortira-t-il de la primaire ? Pour beaucoup de responsables socialistes, ce qui se joue les 22 et 29 janvier n'est pas seulement le choix d'un candidat mais bien le visage du PS, voire de la gauche de demain.
- POURQUOI LA PARTICIPATION EST-ELLE UN FACTEUR-CLÉ ?
Le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a réaffirmé dimanche, dans une interview au Parisien, qu'avec "entre 1,5 et 2 millions" d'électeurs, le PS aurait "atteint (son) objectif".
Le candidat à la présidentielle de 2017 Emmanuel Macron à Paris, le 19 janvier 2017
AFP/Archives
Mais nul doute qu'un score plus élevé comblerait la rue de Solférino : à la fois pour supporter la comparaison avec la droite (4,3 et 4,4 millions d'électeurs pour sa primaire de novembre), et pour permettre au candidat du PS de reprendre de l'oxygène face à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, mieux placés dans la course à l'Élysée.
Pour le parti né en 1971, l'enjeu va au-delà de la seule présidentielle de 2017 : il s'agit de faire la démonstration qu'entre l'option social-libérale d'Emmanuel Macron et la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon, il y a encore de la place pour une gauche plus centrale, susceptible de rassembler gauche "gouvernementale" et gauche "critique".
Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise à la présidentielle, lors d'un meeting de campagne, le 19 janvier 2017 à Florange
AFP/Archives
Sinon, la gauche court le risque d'être durablement écartée du pouvoir, font valoir nombre de responsables, qui en veulent pour preuve la situation allemande, où le SPD social-démocrate, séparé de la gauche radicale de Die Linke, est voué à jouer les "partenaires juniors" de la droite, comme dit M. Cambadélis.
- LE RASSEMBLEMENT SERA-T-IL POSSIBLE ?
La primaire de la Belle Alliance Populaire a été conçue pour permettre le rassemblement d'un PS éclaté entre une ligne gouvernementale et une ligne frondeuse. "Si la primaire n'existait pas, le PS aurait explosé", affirme le chef de file des frondeurs, Christian Paul.
Arnaud Montebourg, candidat à la primaire du PS vote à Montret, en France, le 22 janvier 2017
AFP
Officiellement, chacun des sept candidats s'est engagé à soutenir le vainqueur. Mais qu'en sera-t-il vraiment ? Interrogé à ce sujet, lors du second débat de la primaire dimanche dernier, Manuel Valls a certes répondu que, oui, il soutiendrait le vainqueur, mais il n'a pu s'empêcher d'ajouter : "c'est pour ça que je dois gagner". Quant à Arnaud Montebourg, il a prévenu qu'en cas de défaite, il retournerait "cultiver son jardin" en Saône-et-Loire.
Le candidat à la primaire du PS Benoît Hamon vote à Trappes, près de Paris, le 22 janvier 2017
AFP
Pour M. Cambadélis, "il est évident que le gagnant devra faire des gestes pour rassembler".
Mais l'on peut s'interroger sur la capacité des tenants des deux lignes, qui se sont tant déchirés durant ce quinquennat, à se mettre d'accord sur un projet cohérent. C'est d'ailleurs l'une des raisons avancées par M. Macron pour refuser de participer à la primaire. "La primaire construit des compromis d'appareil, mais ne permet pas d'installer une cohérence programmatique", expliquait-il en décembre au JDD.
- HAMON, MONTEBOURG, VALLS, QUELLES DIFFÉRENCES ?
Si la ligne frondeuse de Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg l'emporte, le risque de voir une bonne part des cadres et parlementaires du PS rejoindre En marche! est avéré.
L'ex-Premier ministre et candidat à la primaire du PS Manuel Valls vote à Evry, près de Paris, le 22 janvier 2017
AFP
A contrario, si Manuel Valls remporte la primaire, nombre d'électeurs du PS seront tentés de voter pour Jean-Luc Mélenchon ou l'écologiste Yannick Jadot.
Pour les tenants de la ligne "social-réformiste" de Manuel Valls, l'enjeu est la présence de la gauche de gouvernement au deuxième tour de la présidentielle et dans le futur. Ils mettent en garde contre le risque d'une "corbynisation" du PS. Autrement dit d'une mise à l'écart durable du pouvoir, par allusion au chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn, dont la ligne de rupture avec Tony Blair est à la peine dans les sondages.
A contrario, les partisans de Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg invitent à rompre avec les dogmes de la "troisième voie". Ils font valoir qu'aux États-Unis, la ligne socialiste et écologiste d'un Bernie Sanders, bien plus à gauche que celle d'Hillary Clinton, aurait eu ses chances face à Donald Trump. "Je partage avec Bernie Sanders qu'il n'y a pas d'alternative molle à la crise du système libéral", avait tweeté M. Hamon après la victoire du milliardaire américain.
Un rapport remis au gouvernement la semaine dernière suggérait plusieurs pistes pour éviter « l'appauvrissement » des universités, comme multiplier par cinq les frais d'inscription pour les étudiants français. Une mesure que le ministre de l'Enseignement supérieur a écartée ce mardi matin devant le Sénat tout en renvoyant le débat à la prochaine présidentielle.
Longtemps présenté comme fragilisé par la montée de Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon semble avoir inversé la tendance. Le dernier baromètre Odoxa-Mascaret montre que le leader de La France insoumise est désormais la personnalité politique la plus appréciée des sympathisants de gauche, confirmant une dynamique engagée depuis l’annonce de sa candidature. Une progression qui intervient alors que les perspectives d’une primaire de la gauche s’éloignent de plus en plus.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, près de six Français sur dix estiment que Marine Le Pen est traitée comme n’importe quel justiciable. Alors que la cour d’appel rendra son verdict le 7 juillet, l’hypothèse d’une inéligibilité de la dirigeante du Rassemblement national ne semble ni délégitimer la justice aux yeux de l’opinion ni fragiliser durablement son parti, où Jordan Bardella apparaît désormais comme une alternative pleinement crédible.
Alors que le bilan de la canicule historique n’est pas connu, les attaques contre le gouvernement, venant de la gauche, du RN, mais même du bloc central, se multiplient. « La chaîne de prévision » et « la chaîne de réaction » ont « tenu », rétorque le premier ministre, Sébastien Lecornu. Mais il reconnaît une fragilité sur « la capacité de rafraîchissement des établissements de santé ». Les premières clim' devraient arriver « en fin de semaine ou début de semaine prochaine ».