Presidential candidate Jean-Luc Melenchon attends the debate on the bill to nationalize ArcelorMittal
Credit : Stephane Lemouton

Sondage présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon reprend le leadership à gauche mais reste rejeté par l’ensemble des Français

Longtemps présenté comme fragilisé par la montée de Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon semble avoir inversé la tendance. Le dernier baromètre Odoxa-Mascaret montre que le leader de La France insoumise est désormais la personnalité politique la plus appréciée des sympathisants de gauche, confirmant une dynamique engagée depuis l’annonce de sa candidature. Une progression qui intervient alors que les perspectives d’une primaire de la gauche s’éloignent de plus en plus.
Emma Bador-Fritche

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Mélenchon redevient-il le premier recours de la gauche ? La démonstration de force organisée par Jean-Luc Mélenchon le 7 juin à Saint-Denis, pour son premier meeting n’était pas seulement destinée à lancer sa campagne présidentielle. Elle visait aussi à envoyer un message clair à l’ensemble de la gauche : « la primaire est finie ». Le chef de file de La France insoumise entend mener la bataille présidentielle en position de favori de son camp. Les résultats du dernier baromètre Odoxa-Mascaret semblent lui donner raison. Jean-Luc Mélenchon s’impose aujourd’hui comme la personnalité politique la plus populaire auprès des sympathisants de gauche. Il recueille 49 % de cote d’adhésion, soit sept points de plus que François Hollande et François Ruffin, et dix points d’avance sur Raphaël Glucksmann (Place publique).

Cette progression est d’autant plus marquante qu’il y a un peu plus d’un an, en mai 2025, le leader insoumis n’occupait que la sixième place de ce classement. Il accusait alors un retard de neuf points sur François Ruffin et de sept points sur Raphaël Glucksmann et François Hollande. En douze mois, Jean-Luc Mélenchon a donc regagné près de dix points auprès des sympathisants de gauche.

Une remontée qui se confirme dans les intentions de vote

La progression du chef de file insoumis ne se limite plus aux indicateurs de popularité. Elle se traduit également dans les intentions de vote pour la présidentielle. Déjà, le mois dernier, le baromètre Odoxa-Mascaret enregistrait un spectaculaire rééquilibrage. Alors qu’Édouard Philippe reculait de quatre points pour tomber à 17 %, Jean-Luc Mélenchon gagnait simultanément quatre points, atteignant 16 % et revenant au coude-à-coude avec l’ancien Premier ministre macroniste Dans le même temps, l’écart avec Raphaël Glucksmann s’est creusé. Alors qu’ils étaient encore séparés de seulement deux points au printemps, le leader de Place publique est désormais crédité de 11 % des intentions de vote, soit cinq points de moins que Jean-Luc Mélenchon.

Pour Gaël Sliman, président d’Odoxa, cette évolution n’a rien d’anecdotique. « Dans la foulée de son annonce de candidature et de ses invitations médias, le leader insoumis parvient à traduire dans nos intentions de vote la poussée observée sur notre cote d’adhésion auprès des sympathisants de gauche. » Une dynamique qui confirme, selon lui, que la campagne est entrée dans une nouvelle phase où les principaux candidats de chaque « camp » commencent à s’installer durablement.

Le candidat préféré de la gauche… malgré un rejet toujours très élevé

Le paradoxe Jean-Luc Mélenchon demeure pourtant entier. Auprès de l’ensemble des Français, le leader de La France insoumise reste la personnalité politique la plus rejetée. Près de sept Français sur dix (69 %) déclarent éprouver du rejet à son égard et il n’occupe que la 18ᵉ place du classement général des personnalités politiques en matière d’adhésion, avec seulement 16 % d’opinions favorables.

Mais cette faiblesse dans l’opinion générale contraste fortement avec son influence au sein de son propre camp. « La présidentielle se rapproche et les champions de chaque camp commencent à s’affirmer. À gauche, Jean-Luc Mélenchon s’impose nettement », observe Gaël Sliman. « Le leader insoumis a beau être toujours la personnalité la plus rejetée par l’ensemble des Français, il s’impose comme le numéro un auprès des sympathisants de tous les partis de gauche avec 49 % de cote d’adhésion. »

À mesure que la présidentielle de 2027 se rapproche, les grands pôles politiques apparaissent de plus en plus structurés autour de leurs figures dominantes. À gauche, les derniers résultats d’Odoxa-Mascaret confirment que Jean-Luc Mélenchon a, pour l’heure, repris le leadership de son camp.

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