Grand vainqueur de la primaire organisée par le PS, Benoît Hamon s'est attelé dès lundi au rassemblement d'une gauche éclatée, en commençant par...
Primaire PS: Hamon désigné, la présidentielle est bien lancée
Grand vainqueur de la primaire organisée par le PS, Benoît Hamon s'est attelé dès lundi au rassemblement d'une gauche éclatée, en commençant par...
Par Baptiste PACE et Jérémy MAROT
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Grand vainqueur de la primaire organisée par le PS, Benoît Hamon s'est attelé dès lundi au rassemblement d'une gauche éclatée, en commençant par rencontrer Bernard Cazeneuve, avant François Hollande jeudi, à 80 jours d'une élection présidentielle désormais bien lancée.
Avec l'épilogue de la primaire de la "Belle alliance populaire", le PS a son candidat. Sur la ligne de départ, Benoît Hamon rejoint François Fillon, comme lui largement désigné mais empêtré aujourd'hui dans l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse Penelope.
Nombre de votants aux primaires
AFP
Prochaine date butoir: le 17 mars, date limite pour le dépôt par les candidats des 500 parrainages nécessaires auprès du Conseil constitutionnel. D'ici là, au centre, François Bayrou (MoDem) devrait rapidement dévoiler ses intentions.
Mais c'est à gauche et chez les "progressistes", de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron en passant désormais par Benoît Hamon, que l'incertitude reste la plus grande quant à une volonté de rassemblement.
Pour M. Hamon, cela débute par l'unification de son propre parti, traversé par d'importantes fractures.
Benoît Hamon et Manuel Valls après l'annonce des résultats de la primaire à Paris le 29 janvier 2016
AFP
Sèchement battu, Manuel Valls a promis sa loyauté mais devrait s'effacer. Il sera d'ailleurs absent lors de l'investiture du vainqueur dimanche à la Mutualité à Paris.
En revanche, symbole fort: François Hollande, qui s'est abstenu jusqu'à présent de tout commentaire sur la primaire, recevra M. Hamon jeudi à l'Elysée.
Dès lundi après-midi, ce dernier a rencontré le Premier ministre à Matignon, pour 1h30 d'entrevue sur le thème de l'ouverture entre deux fractions de la gauche socialiste.
M. Cazeneuve n'avait pas explicitement appelé à voter pour Manuel Valls mais avait écarté de voter pour un candidat ayant dénigré l'action du président Hollande.
Primaire : résultats par département
AFP
La gauche "ne réussira pas sans assumer le bilan du quinquennat de François Hollande", a de nouveau prévenu le Premier ministre, qui a fait passer ce message "en toute franchise, clairement, nettement à Benoît Hamon".
"Je maintiens le cap de ce que je propose, l'horizon que j'ai dessiné", a répondu M. Hamon, même si "évidemment que je m'enrichirai des uns et des autres".
Dans la soirée, M. Hamon, ancien ministre de l’Économie solidaire (2012-2014) puis éphémère ministre de l’Éducation (avril-septembre 2014), a "remercié" sur France 2 le chef du gouvernement "pour son soutien même s'il est exigeant".
Du côté du Parti socialiste, la direction a appelé à soutenir Benoît Hamon en prévenant qu'il n'y a "aucune victoire au bout de la division".
- Rencontre Hamon-Jadot -
Malgré cette tentative affichée d'unité, une partie des soutiens de Manuel Valls pourrait être tentée de rejoindre Emmanuel Macron. L'ancien ministre de l'Economie a engrangé lundi le ralliement de Pierre Bergé, 86 ans, proche du président François Mitterrand en 1981 puis soutien financier et médiatique du PS.
Soutien de François Hollande, Pierre Bergé, ici à Médan le 2 octobre 2016, a décidé de soutenir Emmanuel Macron
POOL/AFP/Archives
Le député François Loncle a jugé dimanche soir "inacceptable et invendable" le programme de M. Hamon, suivi lundi par René Dosière qui "ne votera pas" pour lui à la présidentielle.
Un autre député PS, Alain Calmette, a franchi le pas en apportant officiellement dès dimanche son soutien à M. Macron.
Selon le député Philippe Doucet, membre du "pôle des Réformateurs" et proche de Manuel Valls, il devrait y avoir "moins d'une dizaine" de députés, sur la cinquantaine que compte le pôle, à rejoindre Emmanuel Macron. "Très peu" quitteront les rangs, a pronostiqué lundi sur itélé le patron des députés PS Olivier Faure, notant cependant "beaucoup d'attentisme" par rapport au leader d'En Marche!
Benoît Hamon candidat du PS à la présidentielle
AFP
Vendredi, des députés de l'aile droite du PS envisageaient ouvertement un "droit de retrait" en cas de défaite de leur champion, scénario qui sera probablement au menu de la réunion du groupe PS mardi matin à l'Assemblée.
Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En Marche!, a jugé lundi que "tous les soutiens sont les bienvenus", mais averti qu'Emmanuel Macron "entend bien garder (son) cap".
Manuel Valls et Benoît Hamon au siège du PS au soir du second tour de la primaires le 29 janvier 2017 à Paris
AFP
Selon son entourage, M. Hamon ne devrait s'entretenir ni avec M. Macron ni avec M. Mélenchon cette semaine. En revanche, une rencontre avec Yannick Jadot est prévue, probablement "mardi matin", en pointant qu'il y avait "d'importantes convergences" avec le candidat écologiste.
Lundi matin, M. Jadot a souhaité construire avec Benoît Hamon "une dynamique" dépassant leurs partis respectifs, et invité le vainqueur de la primaire à "s'émanciper" de sa famille d'origine pour se lancer "dans la grande aventure écologiste et sociale".
M. Mélenchon, en campagne depuis près d'un an, a surtout vu dans ce résultat de dimanche un premier "fruit" de son "hégémonie culturelle".
Les recettes consacrées à l’audiovisuel public diminuent, tandis que les attaques politiques contre son existence et ses missions se multiplient. À moins de deux ans de l’élection présidentielle, la fragilisation financière de Radio France et de France Télévisions se double d’offensives idéologiques d’ampleur inédite, portée par l’extrême droite et relayée, de plus en plus ouvertement, par une partie de la droite traditionnelle.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez était auditionné par la commission des lois du Sénat pour présenter les contours du projet de loi sur les polices municipales et gardes champêtres, largement inspiré des recommandations d’une mission d’information sur le sujet. Le texte, examiné en séance publique début février, donne des compétences élargies aux policiers municipaux qui pourront dresser des amendes forfaitaires délictuelles, pour certaines infractions comme l’usage de stupéfiants.
Alors que Sébastien Lecornu a finalement recours au 49.3 sur le budget, il devrait sauver sa tête grâce à la non-censure des socialistes, qui revendiquent une série de « victoires pour les Français », comme dit Patrick Kanner, patron des sénateurs PS, même si les socialistes n’ont « pas tout obtenu, loin de là ». Reste à voir si le numéro 1 du PS, Olivier Faure, peut sortir également renforcé de la séquence.
Une délégation de sénateurs LR accompagnait ce mardi le cortège d’agriculteurs venus protester devant le Parlement européen à Strasbourg contre l’accord avec les pays du Mercosur, la veille d’un vote des eurodéputés d’une résolution ayant pour but de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne.