Procès Sarkozy : les sénateurs LR dénoncent « un règlement de comptes »
Les quatre ans de prison dont deux ferme requis hier contre l’ancien chef de l’Etat par le Parquet National Financier ont choqué ses nombreux soutiens au Sénat. De l’ancien ministre sarkozyste Gérard Longuet à la sénatrice des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, tous soupçonnent « un procès politique et invraisemblable ».

Procès Sarkozy : les sénateurs LR dénoncent « un règlement de comptes »

Les quatre ans de prison dont deux ferme requis hier contre l’ancien chef de l’Etat par le Parquet National Financier ont choqué ses nombreux soutiens au Sénat. De l’ancien ministre sarkozyste Gérard Longuet à la sénatrice des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, tous soupçonnent « un procès politique et invraisemblable ».
Public Sénat

Par Antoine Comte

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Après la sortie du député LR Aurélien Pradié, qualifiant ce matin sur le plateau de Public Sénat « d’insupportable » la manière dont est actuellement « ciblé » Nicolas Sarkozy, c’est à peu près le même son de cloche que nous avons pu entendre ce mercredi du côté de la majorité sénatoriale.

Juste avant la traditionnelle séance des questions au gouvernement, nous avons pu échanger avec plusieurs sénateurs LR très remontés contre le sort réservé par le Parquet national financier (PNF) à celui qui tient encore la droite d’un même de fer au Sénat.

« On n’imagine pas un seul instant que le PNF sera suivi parce que le délit n’est pas établi du tout. Une intention, une conversation ou une communication ne constituent pas eux-mêmes un délit. C’est une condamnation personnelle qui n’est fondée sur rien. Le président de la République est un citoyen qui a le droit de converser avec son avocat et leurs échanges doivent être protégés », assure Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse.

Même constat du côté d’Etienne Blanc. « J’ai été avocat et les conversations entre un avocat et son client ne peuvent pas servir à des poursuites pénales. Donc recueillir deux ans de prison ferme dans une affaire qui ne repose que sur des écoutes téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et son client, cela est tout simplement contraire aux principes fondamentaux de notre société », lance le sénateur LR du Rhône, en dénonçant « une sanction sévère et un emportement du PNF qui le donne le sentiment d’un règlement de comptes pas très agréable ».

Valérie Boyer, sénatrice LR du Bouches-du-Rhône va même plus loin en accusant directement le PNF d’avoir mis en place « une dérive malsaine pour le climat politique et judiciaire où le secret de l’instruction et la présomption d’innocence sont totalement piétinés ». L’ancienne députée marseillaise en profite également pour dénoncer le traitement actuellement réservé par la justice aux hommes et femmes politiques. « On a l’impression qu’il y a une volonté de faire en sorte que les élus de premier rang soient traités avec un opprobre beaucoup plus sévère que certains délinquants ou dans certaines affaires de viol bien souvent transformées en agressions sexuelles avec des peines beaucoup moins lourdes ».

Des réquisitions du PNF dénoncées donc en bloc par les élus du groupe LR au Sénat, mais qui, en revanche, ne s’inquiètent pas de l’impact que pourrait avoir ce procès sur l’image d’un parti en crise, et qui n’a toujours pas choisi son candidat pour la prochaine présidentielle.

« Je crois que l’opinion publique fera la distinction une affaire comme celle-ci et un parti politique. Pour que la droite revienne au pouvoir en 2022, il faudra prendre de la hauteur et proposer aux Français un projet politique puissant et répondant à la crise que nous connaissons », assure Etienne Blanc.

Un sentiment partagé par Gérard Longuet qui ne voit pas « un coup d’arrêt pour les Républicains mais plutôt notre République ». « A travers Nicolas Sarkozy, ce n’est pas la personne qui est visée, mais bien la fonction. Et c’est bien cela le plus grave ».

 

Les plaidoiries doivent se poursuivre jeudi 10 décembre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le