Quel mea culpa pour Macron, cible numéro un des « gilets jaunes »?
Au-delà des mesures concrètes, Emmanuel Macron est attendu lundi sur sa capacité à reconnaître des erreurs sur son style, honni...

Quel mea culpa pour Macron, cible numéro un des « gilets jaunes »?

Au-delà des mesures concrètes, Emmanuel Macron est attendu lundi sur sa capacité à reconnaître des erreurs sur son style, honni...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU

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Au-delà des mesures concrètes, Emmanuel Macron est attendu lundi sur sa capacité à reconnaître des erreurs sur son style, honni par les "gilets jaunes", après quelques mea culpa du bout des lèvres qui n'ont pas convaincu.

Après un début de mandat de conviction inébranlable et de sorties provocantes assumées - les "fainéants", le "pognon de dingue" des aides sociales, le "bordel" de manifestants - le chef de l’État a amorcé depuis l'été une autocritique, contrebalancée par des nouvelles petites phrases controversées.

Conscient des critiques sur son "arrogance", pour la première fois, devant le Congrès le 9 juillet, il déclare: "Je sais que je ne peux pas tout et je sais que je ne réussirai pas tout". Il parle "d'humilité" et ajoute que "tout président connaît le doute".

Mais il répète sa détermination à tenir "le cap" et argue que les colères des Français remontent à bien avant son mandat.

A la rentrée, une série de sentences à l'emporte-pièce apportent de l'eau au moulin de ses détracteurs. Il assure à un jeune chômeur qu'il lui suffirait de "traverser la rue" pour trouver du travail, conseille à des retraités modestes protestant contre la hausse de la CSG de cesser de "se plaindre" et, depuis le Danemark, ironise sur des Français "Gaulois réfractaires au changement".

Il reconnaît vite une "erreur" sur cette expression de "Gaulois réfractaires" -- devenue depuis un slogan pour les "gilets jaunes". Mais il l'"assume" et lance des reproches à tous ceux qui "réduisent" ses propos.

- "Je ne suis pas parfait" -

Alors que la chute de sa cote de popularité s'accentue, le chef de l’État tente de se justifier sur ce qu'il appelle son "parler vrai" aux Français, sans jamais se renier.

"C'est un parler vrai avec eux et pas contre eux. Ce n'est pas du mépris, c'est au contraire de la vraie considération", déclare-t-il au Monde. Avant de reconnaître: "Je ne suis pas parfait, il y a des choses qu'il faut corriger".

Sa passion des bains de foule, sa soif de convaincre ses opposants, en passant de longs moments à discuter, illustre son respect envers ses concitoyens, fait-il valoir. Car "si j'étais méprisant, je n'irais pas parler aux gens. C'est très facile quand on est président de ne pas parler aux gens, de se contenter de serrer les mains (...) J'ai le respect d'être à hauteur d'homme".

Peine perdue, 71% des Français le jugent "arrogant" dans un sondage réalisé début octobre.

Le 14 novembre, depuis le porte-avions Charles de Gaulle, il concède ne "pas avoir réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants", autocritique collective qui englobe ses prédécesseurs. Et qui ne suffit pas à changer son image.

Il devra aller plus loin s'il veut éviter de cristalliser sur son nom l'animosité des "gilets jaunes" qui, au delà du mot d'ordre "Macron démission", clament parfois leur "haine" d'un président qui "manque d'empathie".

"Les mots qui reviennent à son sujet c'est 'hautain' et 'autiste'. Entre nous, on les appelle les 'têtologues', des gens qui sont déconnectés de la réalité, de la base, des Français", relatait la semaine dernière Yves Garrec, l'un des porte-parole des "gilets jaunes" toulousains.

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