Réunion « exceptionnelle » des syndicats et du patronat mercredi, une semaine avant l’Elysée
Les leaders des huit organisations syndicales et patronales vont se réunir mercredi, une semaine avant d'être reçus à l'Élysée, afin de montrer...

Réunion « exceptionnelle » des syndicats et du patronat mercredi, une semaine avant l’Elysée

Les leaders des huit organisations syndicales et patronales vont se réunir mercredi, une semaine avant d'être reçus à l'Élysée, afin de montrer...
Public Sénat

Par Bertille OSSEY-WOISARD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les leaders des huit organisations syndicales et patronales vont se réunir mercredi, une semaine avant d'être reçus à l'Élysée, afin de montrer à l'exécutif que les partenaires sociaux sont "incontournables" mais aussi pour tenter de fixer un agenda social.

Les numéros un du Medef, de la CPME et de l'U2P, côté patronat, et ceux de la CGT, de la CFDT, de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC, côté syndicats, prévoient de se voir le 11 juillet à partir de 08H00 au Conseil économique et Social (Cese), situé au Palais d'Iéna à Paris, selon des sources patronales et syndicales qui ont confirmé vendredi des informations de presse.

Quelques heures après cette annonce, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a déclaré que le président de la République recevrait les dirigeants syndicaux et patronaux le 17 juillet.

L'objectif de ce rendez-vous à l'Élysée, réclamé par Laurent Berger, numéro un de la CFDT, et Pascal Pavageau, de Force ouvrière, est de discuter des mesures de "transformation sociale" envisagées à la rentrée, dont le plan pauvreté ou la réforme des retraites.

"Nous y allons pour écouter ce qu'il a à nous dire et quelles sont ses objectifs. Si c'est juste pour nous informer sur un calendrier ou des décisions qu'il va prendre, ou (si c'est) pour nous écouter", a réagi Alain Griset, président de l'U2P.

D'ici là, mercredi, les leaders syndicaux et patronaux vont tenter de se mettre d'accord sur d'éventuelles priorités communes, voire un agenda social de négociations et de concertations entre eux, dès septembre, sur des sujets bien précis.

L'initiative, exceptionnelle, vient notamment de FO et de la CPME.

Une source proche du patronat a expliqué à l'AFP que les participants étaient partis "du constat que les corps intermédiaires sont considérés comme une sorte de faire-valoir" par le gouvernement et non "comme des partenaires incontournables".

- "Sur quoi ça débouche" -

Geoffroy Roux de Bézieux, le nouveau président du Medef à Paris, le 3 juillet 2018
Geoffroy Roux de Bézieux, le nouveau président du Medef à Paris, le 3 juillet 2018
AFP/Archives

La rencontre intervient après plusieurs réformes qui ont donné l'impression aux partenaires sociaux, en particulier aux syndicats, de ne pas avoir été entendus par l'exécutif, malgré les concertations, critiques, grèves ou manifestations.

Parmi elles, entre autres, les ordonnances réformant le Code du travail ou la réforme de la SNCF. Cette dernière a donné lieu depuis avril à une série de grèves qui se poursuivent vendredi et pourraient continuer jusqu'à la rentrée, selon la CGT.

Les craintes portent aussi sur le statut des fonctionnaires, le prélèvement à la source ou le système des retraites, qu'Emmanuel Macron a promis de réformer.

Pour Pascal Pavageau, secrétaire général de Force ouvrière, le fait que les principales organisations syndicales et patronales se réunissent est "un acte majeur". "En soi, c'est déjà un succès", s'est-il félicité, insistant sur le caractère "exceptionnel" de cette réunion à huit.

"C'est une très bonne idée, en tout cas ce que la CGT revendique depuis des mois", a de son côté réagi Philippe Martinez sur Radio Classique. Mais le secrétaire général de la CGT est mesuré quant à l'issue de la rencontre: "On verra sur quoi ça débouche".

Car les yeux sont braqués sur le Medef et son nouveau président, élu mardi: Geoffroy Roux de Bézieux. Il n'est "pas présenté comme quelqu'un qui adore les syndicats et le dialogue social", a commenté M. Martinez. "Je ne suis pas sûr que le Medef soit pour qu'il y ait plus de négociation".

Mardi, le "patron des patrons" s'était montré prudemment ouvert à un agenda économique et social avec les syndicats, qui permettrait de "partager" les points de vue sur "les mutations qui sont en cours". Il s'agira alors de "déduire peut-être pas des diagnostics communs mais quelques points en commun", a-t-il proposé.

Laurent Berger avait listé lors du congrès de la CFDT en juin une série de thèmes qui pouvaient faire l'objet de négociations entre le patronat et les syndicats, dans le cadre d'un agenda social indépendant de celui de l'exécutif, parmi lesquels le travail (conditions, rémunérations...) ou les discriminations.

Parallèlement, les cinq confédérations syndicales, traditionnellement divisées, se sont vues mercredi dernier pour envisager d'éventuelles actions communes. Rien n'a filtré de cette rencontre "afin de ne pas polluer les choses", a expliqué M. Pavageau.

Partager cet article

Dans la même thématique

Réunion « exceptionnelle » des syndicats et du patronat mercredi, une semaine avant l’Elysée
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le