Les leaders des huit organisations syndicales et patronales vont se réunir mercredi, une semaine avant d'être reçus à l'Élysée, afin de montrer à l'exécutif que les partenaires sociaux sont "incontournables" mais aussi pour tenter de fixer un agenda social.
Les numéros un du Medef, de la CPME et de l'U2P, côté patronat, et ceux de la CGT, de la CFDT, de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC, côté syndicats, prévoient de se voir le 11 juillet à partir de 08H00 au Conseil économique et Social (Cese), situé au Palais d'Iéna à Paris, selon des sources patronales et syndicales qui ont confirmé vendredi des informations de presse.
Quelques heures après cette annonce, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a déclaré que le président de la République recevrait les dirigeants syndicaux et patronaux le 17 juillet.
L'objectif de ce rendez-vous à l'Élysée, réclamé par Laurent Berger, numéro un de la CFDT, et Pascal Pavageau, de Force ouvrière, est de discuter des mesures de "transformation sociale" envisagées à la rentrée, dont le plan pauvreté ou la réforme des retraites.
"Nous y allons pour écouter ce qu'il a à nous dire et quelles sont ses objectifs. Si c'est juste pour nous informer sur un calendrier ou des décisions qu'il va prendre, ou (si c'est) pour nous écouter", a réagi Alain Griset, président de l'U2P.
D'ici là, mercredi, les leaders syndicaux et patronaux vont tenter de se mettre d'accord sur d'éventuelles priorités communes, voire un agenda social de négociations et de concertations entre eux, dès septembre, sur des sujets bien précis.
L'initiative, exceptionnelle, vient notamment de FO et de la CPME.
Une source proche du patronat a expliqué à l'AFP que les participants étaient partis "du constat que les corps intermédiaires sont considérés comme une sorte de faire-valoir" par le gouvernement et non "comme des partenaires incontournables".
- "Sur quoi ça débouche" -
Geoffroy Roux de Bézieux, le nouveau président du Medef à Paris, le 3 juillet 2018
AFP/Archives
La rencontre intervient après plusieurs réformes qui ont donné l'impression aux partenaires sociaux, en particulier aux syndicats, de ne pas avoir été entendus par l'exécutif, malgré les concertations, critiques, grèves ou manifestations.
Parmi elles, entre autres, les ordonnances réformant le Code du travail ou la réforme de la SNCF. Cette dernière a donné lieu depuis avril à une série de grèves qui se poursuivent vendredi et pourraient continuer jusqu'à la rentrée, selon la CGT.
Les craintes portent aussi sur le statut des fonctionnaires, le prélèvement à la source ou le système des retraites, qu'Emmanuel Macron a promis de réformer.
Pour Pascal Pavageau, secrétaire général de Force ouvrière, le fait que les principales organisations syndicales et patronales se réunissent est "un acte majeur". "En soi, c'est déjà un succès", s'est-il félicité, insistant sur le caractère "exceptionnel" de cette réunion à huit.
"C'est une très bonne idée, en tout cas ce que la CGT revendique depuis des mois", a de son côté réagi Philippe Martinez sur Radio Classique. Mais le secrétaire général de la CGT est mesuré quant à l'issue de la rencontre: "On verra sur quoi ça débouche".
Car les yeux sont braqués sur le Medef et son nouveau président, élu mardi: Geoffroy Roux de Bézieux. Il n'est "pas présenté comme quelqu'un qui adore les syndicats et le dialogue social", a commenté M. Martinez. "Je ne suis pas sûr que le Medef soit pour qu'il y ait plus de négociation".
Mardi, le "patron des patrons" s'était montré prudemment ouvert à un agenda économique et social avec les syndicats, qui permettrait de "partager" les points de vue sur "les mutations qui sont en cours". Il s'agira alors de "déduire peut-être pas des diagnostics communs mais quelques points en commun", a-t-il proposé.
Laurent Berger avait listé lors du congrès de la CFDT en juin une série de thèmes qui pouvaient faire l'objet de négociations entre le patronat et les syndicats, dans le cadre d'un agenda social indépendant de celui de l'exécutif, parmi lesquels le travail (conditions, rémunérations...) ou les discriminations.
Parallèlement, les cinq confédérations syndicales, traditionnellement divisées, se sont vues mercredi dernier pour envisager d'éventuelles actions communes. Rien n'a filtré de cette rencontre "afin de ne pas polluer les choses", a expliqué M. Pavageau.
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