Depuis 20 ans, l’éducation des jeunes filles au Cambodge est la priorité, le combat quotidien de Tina Kieffer. « Une petite fille est une mère en puissance », explique-t-elle, « si elle est instruite, elle transmettra à la génération suivante. ». Touchée par l’histoire de ce pays dévasté par la dictature des Khmers rouges, et après avoir fait la rencontre d’une petite fille qui deviendrait sa fille adoptive, elle décide, seule, il y a 20 ans quasiment jour pour jour, de fonder l’ONG « Toutes à l’école » et de créer l’établissement Happy Chandara. Petite structure devenue campus. Elles étaient 92 le jour de la première rentrée en novembre 2006, elles étaient 1700 en septembre dernier.
Scolariser les femmes, un levier puissant pour développer un pays
La mission n’était pas simple au début, il fallait convaincre les familles de l’utilité d’une instruction pour les jeunes filles qui étaient avant tout une main d’œuvre indispensable au quotidien. Il fallait aussi trouver des fonds pour financer la construction de l’école et payer des professeurs. « C’est là que la notoriété a pu m’aider », confie celle qui dirigeait alors le mensuel féministe Marie Claire et qui était passée par la très populaire émission « Frou Frou ».
« Quand j’étais à Marie Claire, on dénonçait beaucoup les injustices, c’était le rôle d’un journal engagé, mais j’avais de la frustration, je voyais passer les horreurs du monde, les crimes de guerre et en même temps, je devais parler de la mode, c’était un peu schizophrène. », dit-elle. L’appel de l’engagement humanitaire, de l’action sur le terrain, a fini par l’emporter et elle n’a plus fait que cela.
Quand les réseaux sociaux nous anesthésient
Diriger une ONG lui donne aujourd’hui un certain recul sur le fonctionnement de la société et des jeunes aujourd’hui, rivés sur leurs écrans, le nez sur leur téléphone, passant d’une image à l’autre sans hiérarchiser l’intérêt de l’information ni sa valeur : « On voit tellement d’horreurs en scrollant sur nos téléphones, on voit des jeunes se faire pendre en Iran et juste après une pub pour un jean. Je trouve que ça tue l’empathie. », conclut-elle. « Tout est mis au même niveau, on ne voit que des horreurs et on est anesthésié ». Elle considère même que l’on sous-estime l’effet que peuvent avoir ces informations « trash » à répétition.
Si vous souhaitez soutenir l’action de l’ONG « Toutes à l’école » qui scolarise des jeunes filles défavorisées au Cambodge de la maternelle à l’université, vous pouvez parrainer une élève.
Rendez-vous sur le site www.toutes-a-l-ecole.org
Retrouvez l’intégralité de l’émission en rediffusion ici