« Soit je quittais l’Afghanistan, soit j’étais morte » : le récit bouleversant de la fuite de cette para-athlète de son pays

Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.
Pierre Bonte-Joseph

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est l’histoire d’une fuite, celle d’une sportive de haut niveau menacée dans son propre pays par le pouvoir en place. Cette histoire, c’est celle de Zakia Khudadadi. Nous sommes au mois d’août 2021 et l’Afghanistan bascule sous la férule des talibans après le départ des soldats américains de Kaboul.

« Avec l’arrivée des talibans, tout a changé pour les filles et pour les femmes, raconte-t-elle. Je n’avais pas le choix : je ne pouvais pas rester en Afghanistan si je voulais continuer mon sport. Il m’aurait été impossible de continuer à m’entraîner avec les talibans toujours à côté de nous. Je voulais poursuivre parce que j’étais la première para-athlète de mon pays et que, si j’arrêtais, il n’y en aurait peut-être pas eu après moi. »

Quitter le pays au péril de sa vie

S’engage alors une course contre la montre. La championne publie un appel à l’aide sur les réseaux sociaux afin de quitter le pays. Dans cette vidéo, elle donne ses coordonnées précises pour être localisée et secourue, au péril de sa vie.
« Dans cette vidéo, je disais que j’avais une “wild card” pour les Jeux olympiques de Tokyo 2018 et que j’avais besoin d’aide pour sortir du pays. J’ai pris un risque en donnant ma localisation, mon adresse électronique et mon numéro de téléphone… Soit je quittais l’Afghanistan pour Tokyo, soit j’étais morte. Quelques minutes après, le ministère français des Sports prenait contact avec moi  », raconte-t-elle d’une voix posée.

De la bannière des réfugiés à l’équipe de France

Après les Jeux de Tokyo, elle rejoint l’INSEP et décroche, lors des Jeux paralympiques de Paris 2024, une médaille de bronze en para-taekwondo. À cette époque, faute d’avoir été naturalisée, elle ne concourt pas encore sous les couleurs de la France mais sous la bannière de l’équipe olympique des réfugiés. Cette délégation créée en 2018, rassemble des sportifs ayant quitté leur pays pour des raisons de sécurité ou en raison de persécutions politiques.

Désormais intégrée à l’équipe de France de para-taekwondo, elle porte le kimono tricolore. En octobre dernier, elle a même décroché la médaille d’or aux championnats d’Europe.

« Cela m’a donné l’opportunité de monter sur le podium et de chanter La Marseillaise ! J’étais très fière. Je me suis donnée à fond pour la France, qui m’a accueillie et m’a offert des conditions d’entraînement sûres. Je vais continuer à me battre pour tous les Français ! »

Retrouvez l’intégralité de l’émission Sport etc… sur notre espace replay.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Soit je quittais l’Afghanistan, soit j’étais morte » : le récit bouleversant de la fuite de cette para-athlète de son pays
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le