Sécurité sociale : « On se dirige progressivement vers un modèle à l’anglo-saxonne sans le dire aux Français » selon Bruno Retailleau
Alors que le Sénat termine l’examen du budget de la Sécu, les sénateurs LR estiment qu’« on se dirige progressivement vers un modèle à l’anglo-saxonne, qui n’est pas le modèle français », en raison du financement par l’impôt de la protection sociale, au lieu des cotisations.

Sécurité sociale : « On se dirige progressivement vers un modèle à l’anglo-saxonne sans le dire aux Français » selon Bruno Retailleau

Alors que le Sénat termine l’examen du budget de la Sécu, les sénateurs LR estiment qu’« on se dirige progressivement vers un modèle à l’anglo-saxonne, qui n’est pas le modèle français », en raison du financement par l’impôt de la protection sociale, au lieu des cotisations.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’alerte ne vient pas de la gauche, mais de la droite. « Il y a un profond changement, qui est déjà perceptible ». Bruno Retailleau, président du groupe LR du Sénat, met en garde sur le risque d’un changement de modèle dans la protection sociale, alors que la Haute assemblée va terminer d’ici demain l’examen du budget de la Sécu.

« Les Français sont attachés à la Sécurité sociale. Les gaullistes, les communistes avaient fondé ce pacte social et national au sortir de la guerre. On est en train de sortir de ce modèle, sans dire aux Français qu’on en sort » selon Bruno Retailleau. Mais pourquoi le gouvernement changerait-il de modèle, sans le dire ? Comme le président LR de la commission des affaires sociales, Alain Milon, le disait déjà il y a un an à publicsenat.fr, « car on voit bien que la part des impôts devient de plus en plus importante, par rapport aux cotisations. Donc on passe dans un système où Bercy (le ministère des Finances, ndlr) aura de plus en plus de poids. Le risque majeur, c’est que Bercy, demain, dise quelles sont les dépenses sociales, médicales, qui doivent être acceptées ou pas » a pointé Bruno Retailleau, lors d'une conférence de presse mercredi 14 novembre sur le budget 2019 et le budget de la Sécu.

« On a un filet de sécurité pour les plus pauvres, c'est-à-dire qu’on augmente les minima sociaux. Et les autres se débrouillent »

Cette « bercysation », selon les mots d’Alain Milon, vient d’un engagement d’Emmanuel Macron : la suppression des cotisations salariales sur l’assurance maladie, financée par une hausse de la CSG, autrement dit l’impôt.

« Il y a un modèle qui se rapproche du modèle anglo-saxon : on a un filet de sécurité pour les plus pauvres, c'est-à-dire qu’on augmente les minima sociaux. Et les autres se débrouillent. On désindexe les retraites, les prestations familiales. C’est une atteinte au principe d’universalité qui veut que  chacun cotise en fonction de ses moyens, de ce qu’il gagne, mais tous reçoivent une prestation équivalente. Ce principe est écorné. On se dirige progressivement vers un modèle à l’anglo-saxonne, qui n’est pas le modèle français » insiste le président de groupe.

Bruno Retailleau sait bien que donner l’impression de toucher à la Sécurité sociale est un sujet sensible. Lors de la campagne présidentielle, celui qui était l’un des plus proches lieutenants du candidat Fillon se souvient sûrement que l’ancien premier ministre LR avait été accusé de vouloir mettre en place une privatisation rampante de la Sécu.

Le débat a continué ce jeudi en séance. Cette fois face au ministre Gérald Darmanin (voir notre article).

Partager cet article

Dans la même thématique

Sécurité sociale : « On se dirige progressivement vers un modèle à l’anglo-saxonne sans le dire aux Français » selon Bruno Retailleau
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

Sécurité sociale : « On se dirige progressivement vers un modèle à l’anglo-saxonne sans le dire aux Français » selon Bruno Retailleau
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

Sécurité sociale : « On se dirige progressivement vers un modèle à l’anglo-saxonne sans le dire aux Français » selon Bruno Retailleau
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le

Sécurité sociale : « On se dirige progressivement vers un modèle à l’anglo-saxonne sans le dire aux Français » selon Bruno Retailleau
2min

Politique

« Ils ont servi la France jusqu’au sacrifice suprême » : le Sénat rend hommage aux deux soldats français tués au Liban

A l’initiative de Gérard Larcher, le Sénat a observé ce mercredi une minute de silence en hommage à Florian Montorio et Anicet Girardin, les deux soldats français victimes d’une embuscade en tant que membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L’occasion pour le président du Sénat de renouveler son soutien au gouvernement libanais.

Le