Sécurité sociale : un mécanisme de règle d’or adopté en commission des Affaires sociales du Sénat
Les sénateurs de la commission des Affaires sociales ont introduit un amendement au projet de loi organique relatif au transfert de la dette sociale, afin d’éviter de nouveaux déficits après 2024, hors circonstances exceptionnelles. Ils ont également souhaité que la dette hospitalière reste à la charge de l’État.

Sécurité sociale : un mécanisme de règle d’or adopté en commission des Affaires sociales du Sénat

Les sénateurs de la commission des Affaires sociales ont introduit un amendement au projet de loi organique relatif au transfert de la dette sociale, afin d’éviter de nouveaux déficits après 2024, hors circonstances exceptionnelles. Ils ont également souhaité que la dette hospitalière reste à la charge de l’État.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les deux projets de loi relatifs à la dette sociale et à la prise en charge de la perte d’autonomie ont fait l’objet de peu de modifications en commission des Affaires sociales au Sénat, mais certaines sont substantielles. Ces deux projets de loi (l’un ordinaire, l’autre organique) répondent à la forte augmentation des dettes de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale, conséquence d’une chute des contributions sociales sur les salaires, pendant la crise sanitaire du Covid-19. Ils prolongent la durée de vie de la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades) de neuf années, en y transférant 136 milliards de dettes, pour apurer les déficits passés et ceux qui vont résulter de la pandémie.

Parmi les ajouts introduits par le Sénat en commission sur ces textes qui seront étudiés en séance le 1er juillet, se trouve notamment l’introduction d’une règle d’or pour la Sécurité sociale. Le rapporteur Jean-Marie Vanlerenberghe (sénateur MoDem siégeant au groupe Union centriste), ne veut pas, qu’à l’issue de la crise actuelle, de nouvelles dettes se forment pour la Sécurité sociale. À partir de 2024, les projets de loi de financement de la Sécurité sociale devront présenter dans une annexe les moyens et les modalités d’assurer l’équilibre de l’ensemble des régimes obligatoires de base de la Sécu dans un intervalle de cinq années.

Ce système « souple » permettrait d’autoriser des déficits sur une année par exemple, mais imposerait de rattraper les pertes lors des années suivantes. Une exception reste possible en cas de « circonstances exceptionnelles », ce que le pacte budgétaire européen de 2012 entend par des « faits inhabituels indépendants » de la volonté des États ou des « périodes de grave récession économique ».

Crainte sur le précédent que pourrait constituer l’opération du transfert de la dette hospitalière

Les sénateurs se sont également opposés à la prise en charge par la Cades d’un tiers de la dette des hôpitaux. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs manifesté leur opposition au ministre de la Santé Olivier Véran la veille, au cours d’une audition (relire notre article). Selon le rapporteur Jean-Marie Vanlerenberghe, cette charge devrait « incomber à l’État », car il s’agit principalement d’investissements immobiliers et non d’emprunts contractés pour des dépenses liées à l’Assurance maladie. Ce montage qualifié de « très inopportun sur le plan des principes » porterait « le risque de confier à l'avenir n'importe quel type de charge à la Cades et de pérenniser ainsi une caisse dont la raison d'être est de s'éteindre un jour pour ne pas faire porter la charge de la dette sociale aux prochaines générations », a-t-il mis en garde.

Enfin, des précisions ont été apportées sur la construction d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, que le projet de loi prévoit de mettre en place pour le financement de la dépendance (grand âge et personnes en situation de handicap). Le gouvernement doit remettre au Parlement d’ici au 15 septembre un rapport sur le financement et la gouvernance de cette nouveauté historique dans l’histoire de la protection sociale. L’adoption d’un amendement sénatorial a approfondi la liste des interlocuteurs qui devaient être « consultés ». Ce ne sera plus seulement les financeurs et les associations de retraités et d’usagers, mais également des associations de personnes en situation de handicap, des représentants d’aidants mais aussi les collectivités territoriales.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sécurité sociale : un mécanisme de règle d’or adopté en commission des Affaires sociales du Sénat
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Sécurité sociale : un mécanisme de règle d’or adopté en commission des Affaires sociales du Sénat
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le