La ministre du Travail Muriel Pénicaud devra s'expliquer le 22 mai chez un juge d'instruction sur le déplacement controversé de 2016 qu'elle a...
Soirée Macron à Las Vegas: Pénicaud doit s’expliquer le 22 mai chez le juge
La ministre du Travail Muriel Pénicaud devra s'expliquer le 22 mai chez un juge d'instruction sur le déplacement controversé de 2016 qu'elle a...
Par Dominique BRULÉ et Benjamin LEGENDRE
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La ministre du Travail Muriel Pénicaud devra s'expliquer le 22 mai chez un juge d'instruction sur le déplacement controversé de 2016 qu'elle a organisé pour Emmanuel Macron à Las Vegas, échappant à ce stade à une éventuelle mise en examen.
Ce coûteux voyage est depuis plus d'un an au cœur d'une enquête pour des soupçons de favoritisme chez Business France, agence de promotion de l'économie française à l'étranger dont Muriel Pénicaud était directrice générale.
Le 6 janvier 2016, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie qui cachait de moins en moins ses ambitions présidentielles, avait rencontré des entrepreneurs français au Consumer Electronics Show (CES), grand-messe de l'innovation technologique.
L'opération avait été montée en urgence par Business France. Seulement, la quasi-totalité des prestations aurait été confiée à Havas sans passer par un appel d'offres, en infraction avec le code des marchés publics. L'agence de communication avait perçu 289.019 euros, après renégociation.
Les enquêteurs cherchent à déterminer si Muriel Pénicaud a pu être informée en amont de ces éventuels dysfonctionnements, ce qu'elle a toujours nié.
Selon son cabinet, qui confirmait une information mardi du Canard Enchaîné, la ministre est convoquée pour être placée sous le statut de témoin assisté. Ce choix, intermédiaire entre simple témoin et la mise en examen, signifie que les juges disposent de preuves mais n'ont pas à cet instant d'"indices graves et concordants" contre elle.
En mars 2017, après un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) transmis par Bercy, le parquet de Paris a ouvert dans la foulée une enquête pour "favoritisme et recel de favoritisme", confiée depuis le 7 juillet à trois juges d'instruction, dont Renaud Van Ruymbeke.
Malgré cette épée de Damoclès, Muriel Pénicaud a été nommée deux mois plus tard ministre du Travail et chargée de mettre en œuvre le premier défi du quinquennat: les ordonnances réformant le droit du travail.
Cette ancienne DRH de Danone, déjà cibles de critiques pour une plus-value réalisée deux mois après un plan de départ volontaires, s'est retrouvée alors un peu plus fragilisée par les révélations de l'enquête, qui ne l'ont pourtant pas empêchée de mener cette réforme.
Son audition interviendra une semaine avant l'arrivée en commission à l'Assemblée de son vaste projet de loi formation/assurance chômage/apprentissage, déjà présenté fin avril en conseil des ministres.
- "Secret" -
Muriel Pénicaud assure depuis le début de l'affaire avoir été mise au courant d'éventuels dysfonctionnements un mois après l'organisation de l'événement et avoir immédiatement diligenté un audit externe indépendant auprès du cabinet EY.
Emmanuel Macron et Muriel Pénicaud au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, le 7 janvier 2016
AFP/Archives
Mais son ancienne directrice de la communication, Fabienne Bothy-Chesneau, a livré une autre version aux enquêteurs.
Elle a expliqué que, si elle avait été chargée de mettre en œuvre la soirée, elle ne disposait d'aucun pouvoir décisionnaire, ajoutant qu'à partir de fin novembre 2015, soit plus d'un mois avant l'événement, ce dernier avait été évoqué de manière continue avec Muriel Pénicaud.
Entendue par les juges le 21 septembre, Mme Bothy-Chesneau en est ressortie sous le statut de témoin assisté.
Muriel Pénicaud est aussi soupçonnée de n'avoir averti son conseil d'administration que plusieurs mois après les rapports d'EY et de lui avoir communiqué une présentation tronquée de ces documents qui ne laissaient guère de doutes sur "le risque pénal" encouru.
Dans sa note juridique, EY n'exclue pas que la "responsabilité" pénale de la ministre "soit envisagée", même si sa "participation personnelle dans le cadre du marché (...) n'a pas été identifiée".
Le Canard enchaîné affirme que les enquêteurs disposent aussi de nombreux courriels témoignant des contacts étroits entre Muriel Pénicaud et Stéphane Fouks, le vice-président d'Havas. Selon l'hebdomadaire, Muriel Pénicaud écrivait à son assistante le 4 juin 2015, peu avant l'obtention par Havas d'un important marché lancé par BF : "J'ai un rendez-vous secret avec Fouks, cela ne doit pas figurer à mon agenda et cela ne doit pas se savoir".
Du côté d'Havas, on soutient que les prestations de l'opération de Las Vegas entraient dans le champ de ce marché, en l'espèce un contrat-cadre couvrant la période du 15 juin 2015 au 31 décembre 2016 pour un montant d'environ 6,6 millions d'euros. Selon le groupe, aucun de ses responsables n'a été entendu à ce jour par les enquêteurs.
Mardi soir, le député LR Daniel Fasquelle a indiqué à France Info qu'il déposerait mercredi "une demande de commission d'enquête à l'Assemblée nationale pour faire toute la lumière sur les moyens employés par Emmanuel Macron pour gagner l'élection présidentielle".
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.