Stations de ski : brouillard autour d’une réouverture le 7 janvier
Rouvriront, rouvriront pas ? Initialement envisagée à partir du 7 janvier, la réouverture des remontées mécaniques devrait être reportée. En cause : la situation sanitaire incontrôlée. Les sénateurs s’inquiètent des conséquences sociales et économiques de ce report, et demandent des perspectives.

Stations de ski : brouillard autour d’une réouverture le 7 janvier

Rouvriront, rouvriront pas ? Initialement envisagée à partir du 7 janvier, la réouverture des remontées mécaniques devrait être reportée. En cause : la situation sanitaire incontrôlée. Les sénateurs s’inquiètent des conséquences sociales et économiques de ce report, et demandent des perspectives.
Public Sénat

Par Steve Jourdin

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Ils avaient stabiloté la date dans leur agenda : 7 janvier, date d’une possible réouverture des remontées mécaniques. C’est l’échéance qui avait été fixée par le gouvernement, après la désillusion des vacances de Noël. Mais les acteurs de la montagne vont sans doute encore devoir patienter. La faute à une situation sanitaire toujours incontrôlée. Invité de LCI ce dimanche 3 janvier, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a douché les espoirs du secteur : « Il est encore trop tôt pour donner une perspective […]. L’objectif est de pouvoir rouvrir pour les vacances de février. A ce stade, je ne peux pas vous dire si cela sera possible ou pas. »

Dans le doute, les élus gardent espoir. « Je suis dubitatif sur une ouverture le 7 janvier. Mais pour le moment, nous n’avons reçu aucune information officielle en ce sens » note le sénateur Cyril Pellevat (LR). Dans les stations de ski, les professionnels sont dans les starting-blocks, et se préparent à une réouverture des remontées mécaniques. « Tout est en ordre de marche. Les stations ont mis en place des protocoles sanitaires. L’absence de communication du côté du gouvernement est interprétée comme un signe positif. Cela signifie que l’exécutif maintient sa promesse d’une réouverture le 7 » veut croire l’élu de Haute-Savoie.

L’exemple européen

Tous ne partagent pas cet optimisme. Samedi, l’Italie a officiellement repoussé la date de réouverture des stations de ski au 18 janvier. Rome a estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour une ouverture le 7, comme prévu initialement. De quoi donner des idées au gouvernement français ? « Nous n’avons aucune information de la part des autorités, mais le contexte européen laisse augurer de choses qui ne sont pas rassurantes » confie Loïc Hervé (Union centriste). En clair : le maintien du statut quo. Avec la perspective d’une réouverture pour les vacances de février ?

Le sénateur écologiste de l’Isère, Guillaume Gontard, dit « comprendre parfaitement la fermeture des stations à Noël », compte tenu de la situation sanitaire. Mais il met en garde contre une absence de perspectives. « Combien de temps les professionnels vont encore pouvoir tenir comme ça ? Sur le terrain, on ressent de la lassitude, du découragement et de la colère. L’ambiance est particulièrement inquiétante. Les gens qui ont été empêchés de travailler ne voient pas le bout du tunnel », regrette l’élu de l’Isère. D’autant que les vacances de février débutent dans un mois, et qu’il s’agit d’une période traditionnellement faste pour les professionnels. « Dans les stations, les acteurs préfèrent sacrifier janvier pour sauver le mois de février. Si les remontées mécaniques ne rouvrent pas le 7, il faut profiter des semaines qui viennent afin de diminuer la circulation du virus » plaide la sénatrice Martine Berthet (LR), qui se dit même favorable à un couvre-feu avancé à 18 h dans son département, la Savoie.

Certains élus proposent de s’appuyer sur l’expérience suisse. « Le maire de Chamonix demande une analyse objective de ce qu’il se passe en Suisse, où les stations de ski sont restées ouvertes. Est-ce que cela a vraiment déclenché une hausse des contaminations ? Il faut se pencher sur ces données afin de prendre une décision éclairée » soutient Loïc Hervé (UC). Des données qui ne sont pour l’heure pas disponibles.

Les stations françaises fonctionnent au ralenti

Sans remontées mécaniques ni ski alpin, les stations s’organisent. Pendant les vacances de Noël, elles ont proposé des activités « alternatives » (randonnées à raquettes, ski de fond). Pas suffisant pour faire le plein de touristes. Mais certaines stations ont quand même pu sauver les meubles, avec une fréquentation en baisse de « seulement » 50 %. « Les petites stations tirent leur épingle du jeu » selon Martine Berthet (LR). « Elles ont l’habitude des saisons avec peu de neige, et proposent traditionnellement des activités qui ne sont pas liées au ski alpin. Les grandes stations, qui travaillent avec une clientèle internationale, sont les plus impactées ».

Reste que la situation actuelle ne saurait s’éterniser, sous peine d’assister à une vague de faillites. Les élus s’accordent sur ce point : le gouvernement doit trancher, et proposer un horizon aux acteurs de la montagne. D’autant que les réservations pour les vacances de février ont déjà débuté.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le

Paris : Session of questions to the government at National Assembly
3min

Politique

Affaire Lyhanna : perpétuité pour les viols en série, enquêtes plus rapides…  les premières réponses de Sébastien Lecornu

Après avoir réuni plusieurs ministres ce mardi matin dans le sillage de l’affaire Lyhanna, Sébastien Lecornu veut renforcer les peines pour les violeurs en série et imposer un délai d’enquête de trois mois lorsque l’auteur d’un crime sur enfant est identifié. Deux mesures, parmi d’autres, qui seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants.

Le

Stations de ski : brouillard autour d’une réouverture le 7 janvier
2min

Politique

Affaire Lyhanna : Muriel Jourda n’écarte pas « un problème structurel qui a pu conduire à ce drame épouvantable »

Après l’audition du ministre de la Justice et du ministre de l’Intérieur sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, la présidente de la commission des lois du Sénat, Muriel Jourda (LR) évoque la possibilité « d’un problème structurel » dans le fonctionnement du service public de la justice. Elle préconise d’attendre le passage en revue des 70 000 plaintes pour crime et délit concernant des enfants d’ici la fin du mois de juillet, pour se prononcer.

Le