Stéphane Séjourné dénonce « des dépendances » aux produits chinois qui ne sont « pas acceptables »

Invité d’Ici l’Europe, le commissaire européen chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle détaille les modalités de son projet de loi sur l’accélération industrielle. Face aux injonctions et manœuvres contraires des États-Unis, de la Russie et de la Chine, le Vice-président exécutif de la Commission européenne fait le point avec Caroline de Camaret sur le texte présenté à la Commission européenne.
Sébastien Lambert

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Que ce soit sur les matières premières, sur l’automobile ou sur l’acier, le commissaire européen propose de rajouter une clause de préférence européenne pour faire vivre les industries françaises. « On est inondé de produits chinois sur le marché européen, souvent dans des secteurs clés et stratégiques, avec des dépendances qui ne sont pas acceptables au vu de la géopolitique et des incertitudes que nous vivons. Des industries risquent de disparaitre dans ces dix années qui arrivent si nous ne faisons rien »

« Il doit y avoir préférence européenne pour les marchés publics »

Stéphane Séjourné rappelle qu’il est important de remettre les règles à niveau face au marché chinois, si les règles sont très strictes d’un côté, il est important de rééquilibrer.  « Pour les investissements étrangers et les conditions d’accès au marché européen, nous proposons d’imposer un transfert de technologie, de la recherche et du développement et un partenariat avec notre industrie » l’idée pour le commissaire européen est de remettre aux standards internationaux un marché de 450 millions de consommateurs qu’est l’Union Européenne.

« Nous ne faisons pas ce travail contre la Chine ou contre les États-Unis, nous le faisons pour nous-mêmes »

Un texte que la France, l’Italie et la Pologne ne jugent pas assez protecteurs alors que l’Allemagne et la Suède veulent au contraire que cette préférence européenne soit moins contraignante. Pour Stéphane Séjourné, l’intention du texte est de réduire les dépendances stratégiques, « nous le faisons pour garantir aux états membres l’ensemble des industries nécessaires pour leur souveraineté. La Chine reste un partenaire commercial, mais il faut rétablir une forme d’équilibre ».

Il précise qu’en plus des dépendances à l’importation, il existe aussi une dépendance à l’exportation. « Dans le luxe, les vins et spiritueux, par exemple sur le marché américain, ce sont des secteurs vulnérables. Si les États-Unis décident d’augmenter les droits de douane, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui risquent de disparaître ». Il rappelle qu’il faut des accords commerciaux pour diversifier ces secteurs d’exportation, il faut aller chercher d’autres marchés et élargir les zones commerciales pour réduire la part d’influence des États-Unis et de la Chine. En ce sens, le Mercosur et l’accord avec l’Australie aident à adapter le modèle économique européen au contexte géopolitique.

« Ce n’est pas parce que nous avons pris du retard qu’il ne faut pas agir aujourd’hui »

Stéphane Séjourné conclut en précisant qu’il faut aussi renforcer le marché intérieur et ses 450 millions de consommateurs notamment en retirant les barrières règlementaires entre les 27 et ne pas oublier de renforcer la politique industrielle avec le « Made in Europe. »

L’émission est à retrouver en intégralité ici

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