Valls fait un pas de plus vers un soutien à Macron
L'ancien Premier ministre Manuel Valls, en rupture complète avec la candidature de Benoît Hamon, a fait un nouveau pas mardi vers...

Valls fait un pas de plus vers un soutien à Macron

L'ancien Premier ministre Manuel Valls, en rupture complète avec la candidature de Benoît Hamon, a fait un nouveau pas mardi vers...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

L'ancien Premier ministre Manuel Valls, en rupture complète avec la candidature de Benoît Hamon, a fait un nouveau pas mardi vers un soutien à Emmanuel Macron, sans toutefois appeler explicitement à voter pour le candidat d'En Marche!, de nouveau resté tiède à ses signaux.

L'ex-locataire de Matignon, qui réunissait pour la troisième fois en un mois ses soutiens parlementaires, a estimé que la faiblesse du candidat PS, qui est tombé à près de 10% dans les intentions de vote, "nécessite de prendre ses responsabilités", ont rapporté des participants à l'AFP.

Un sous-entendu jusque-là inédit dans la bouche du finaliste battu de la primaire, qui avait déjà fait savoir mi-avril qu'il ne parrainerait pas Benoît Hamon, en critiquant ensuite vivement sa campagne.

Soulignant "le très haut niveau du FN" et de sa candidate Marine Le Pen, autour de 25% d'intentions de vote, Manuel Valls a de nouveau critiqué l'"erreur de campagne" de Benoît Hamon, dont la stratégie "consiste à courir après Mélenchon et taper Macron".

Le Premier ministre, qui a justifié devant près de 80 parlementaires sa position par une "campagne très indécise", avec "rien de calé dans l'électorat", doit s'exprimer publiquement mercredi matin sur BFMTV/RMC.

En guerre quasi ouverte avec un candidat socialiste qui l'accuse de lui planter "des couteaux dans le dos", le député de l'Essonne cherche la meilleure voie pour assurer l'avenir politique de son nouveau courant au PS, pour l'heure boudé par Emmanuel Macron.

Le candidat d'En Marche! restera "maître des horloges", malgré les éventuels nouveaux soutiens à sa campagne, comme celui de M. Valls, a prévenu mardi le candidat d'En Marche!, lors d'une conférence de presse opportunément organisée avant la réunion vallsiste.

"Ce ne sont pas les décisions des uns et des autres qui détermineront la majorité présidentielle ni mon gouvernement", a répété le candidat trentenaire, qui avait déjà dit ne "pas avoir ouvert une chambre d'hôtes".

- "Nous, on n'a pas trahi" -

M. Valls, pour ses soutiens comme pour ses détracteurs, veut constituer un pôle de députés le plus large possible dans la future Assemblée nationale pour jouer les "faiseurs de rois" dans la majorité recomposée visée par le candidat d'En Marche!.

"On pense qu'il peut y avoir trois pôles: les macronistes +pur sucre+, un truc autour du MoDem de Bayrou et les sociaux-démocrates autour de Valls", résume un vallsiste du premier cercle.

Vendredi à l’Élysée, Manuel Valls a vu François Hollande pour la première fois depuis décembre, selon des sources concordantes. Mais les proches du président de la République n'ont guère envie de lui laisser reprendre un rôle de leader.

"L'idée de Valls, c'est qu'il va rester une centaine de députés sociaux-démocrates, et il pense que ce sera lui le président de groupe. Moi, je pense que ça ne sera pas lui. Nous, on n'a pas trahi", cingle un ténor hollandais.

M. Hamon lui-même, dimanche soir sur France 2, avait dénoncé à l'avance sa "mise à mort avec le ralliement de Manuel Valls à la candidature d'Emmanuel Macron", prévue selon lui pour cette semaine. "Un outing préalable pour tuer dans l’œuf le feuilleton", a justifié un proche du candidat socialiste.

Certains vallsistes, comme le député Malek Boutih, le maire d’Évry Francis Chouat et le chef de file des sénateurs PS Didier Guillaume, penchent en effet en coulisses pour un soutien avant le premier tour.

Ce soutien "vaudrait plus cher" que celui, quasi automatique, qu'il pourrait faire en cas de second tour Macron-Le Pen ou Macron-Fillon, estime un vallsiste.

Esquisse d'un rapprochement, Manuel Valls a déjeuné le 15 mars avec François Bayrou, nouvel allié de premier rang du candidat d'En Marche!.

Et pour les législatives, le renvoi de nombreuses investitures du mouvement En Marche! à l'après-présidentielle laisse la porte ouverte à d'autres accords d'appareils, en plus du MoDem, même si Emmanuel Macron s'en défend.

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le